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Il faut réformer la formation professionnelle !

Dans un contexte socio-économique qui demeure tendu, avec un chômage qui demeure important et de nombreux freins à l’accès à l’emploi, le ministère du travail vient de transmettre aux partenaires sociaux un document de travail sur la réforme de la formation professionnelle.

Le Mouvement des Progressistes approuve les grandes lignes qui sont annoncées : simplification des outils et des modalités d’accès au Compte Personnel de Formation, fusion avec le Congé Individuel de Formation (à condition que cela ne soit pas un obstacle pas les salariés ou demandeurs d’emploi souhaitant suivre une formation plus longue, par exemple un CAP), mise en place d’une seule contribution financière pour les entreprises (au lieu du mille-feuilles administratif et budgétaire actuel), mise en adéquation les dispositifs de la formation professionnelle avec les besoins réels du marché du travail (en particulier pour les TPE-PME), organisation d’un meilleur contrôle des fonds alloués à l’apprentissage, à la professionnalisation, à la formation.

Le MDP tient cependant à insister sur plusieurs conditions pour que cette réforme soit efficace :

● Comme Robert Hue et le MDP l’avaient proposé pour le crédit d’impôt aux entreprises, nous devons exiger une transparence totale sur l’utilisation des fonds publics (Etat, Conseils Régionaux, Fonds Social Européen) et privés (OPCA) en matière de formation professionnelle. L’opacité n’est plus acceptable quand un système est défaillant. La mise en place de mécanismes d’évaluation de la qualité et de l’efficacité des formations est nécessaire.
● Les formations diplômantes doivent être privilégiées en fonction des secteurs d’activités en tension ou en développement et des bassins géographiques d’emploi.
● En particulier, la formation des jeunes de 15 à 24 ans et des plus de 49 ans doit être favorisée pour leur permettre d’apprendre un métier, de trouver un emploi ou de faciliter les mobilités et les reconversions.
● Pour encourager la formation des femmes dans les secteurs d’activités qui s’ouvrent à elles (transports, notamment), il faut développer des modes de garde facilitateurs.
● Tout en permettant aux salariés en CDI de se former pour évoluer dans leur métier ou se reconvertir, les dispositifs tels que le CIF-CDD (congé individuel de formation pour les CDD), la VAE (Validation des acquis de l’expérience) et CLEA (certification interbranche visant l’acquisition d’un « socle de connaissances et de compétences professionnelles ») doivent faire l’objet de vastes campagnes d’informations auprès des salariés comme des demandeurs d’emploi.
● Les situations d’illettrisme en entreprises doivent être diagnostiquées et faire l’objet de plans de formation pour les salariés concernés.
● Le Compte Personnel de Formation doit être davantage expliqué pour une meilleure appropriation par les salariés (compte d’heures de formation).
● La mise en place de “guichets uniques” ou de “maisons de l’emploi” fonctionne déjà dans certaines villes ou régions : un seul lieu pour que le demandeur d’emploi puisse rencontrer les différents services au lieu d’être contraint de se déplacer de trop nombreuses fois : Pôle Emploi, mission locale, CAF, sécurité sociale, ce qui est décourageant et entraîne des situations de rupture sociale voire d’isolement.
● La revalorisation du travail des formateurs, des chargés de formations auprès des entreprises, des conseillers à l’emploi (Pôle Emploi, missions locales, OPCA…).

Nicolas Céléguègne
Délégué national du MDP à l’éducation et à l’égalité des chances.

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