Reconstruction sociale – De la justice sociale, de l’égalité, de l’accès aux savoirs et à la culture

Le Mouvement des Progressistes s’est lancé en septembre 2017 dans la refonte de sa base doctrinale, le Progrès : un projet pour la France. Un texte écrit à plusieurs mains et qui vous est soumis. Un texte à amender, faire évoluer pour que l’idée de progrès soit véritablement mise en oeuvre à travers les politiques publiques.

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Reconstruction sociale : Autour de la justice sociale, de l’égalité, de l’accès aux savoirs et à la culture

1- Lutter contre les inégalités économiques pour une plus grande justice sociale ;

Dans notre pays et maintenant depuis plusieurs années les débats politiques laissent moins en moins de place aux confrontations et aux débats sur ce pourrait être la société de demain.

A l’inverse, de plus en plus fréquemment l’on vote, l’on choisit nos représentants pour faire barrage à l’autre, pour contenir les déficits et en prétendant que l’on gérera mieux que l’autre mais rarement pour imaginer et tracer les lignes et la finalité de la société future à laquelle on aspire.

Comment dans de telles conditions parler de justice sociale et agir pour plus d’égalité, d’accès aux savoirs, aux soins et à la culture ?

Il ne s’agit surtout pas de regretter un passé politique où l’on prétendait au travers un modèle de société faire le bonheur des hommes sans eux. C’était l’échec assuré et cela le reste puisque l’idée de modèle empêche les citoyens de partager et de participer.

Pourtant à la dictature des modèles qui a fait long feu, nous devons faire face à une autre qui ne dit pas son nom et perdure en excluant massivement et en empêchant tout aussi massivement les citoyens du monde d’accéder aux progrès , celle du système économique dominant qu’est le capitalisme.

Même si l’expérience récente fait l’on peut être élu en prônant la fin des clivages il reste que les souffrances, les manques et les inégalités existent et font de notre monde un monde injuste. D’autant plus injuste quand on le mesure aux capacités que pourraient offrir les progrès scientifiques, médicaux, informationnels, agricoles.

Sauf à penser que les inégalités seraient inéluctables et que le monde serait fait de « ceux qui savent et de tous les autres », il demeure nécessaire de rêver et de réfléchir à des progrès qui pourraient bénéficier au plus grand nombre. Les progressistes veulent aider à cela.

Pour y parvenir, les progressistes considèrent nécessaire de s’émanciper de la seule vision que de l’économie dépendraient les conditions et les possibilités des progrès sociaux et humains. S’il est vrai que tout au long du siècle précédent, il s’est agit de conquérir des avancées sociales en s’appuyant sur les capacités productives toujours plus grandes et les réponses aux besoins que celles-ci nécessitaient, cette réalité n’est plus viable aujourd’hui.

Il est temps de rompre avec l’idée dominante voulant que tout progrès ou réponse à apporter dépendrait de l’état économique d’une société pour que celle-ci se développe. Trois décennies après « les profits d’aujourd’hui sont les emplois de demain » et les mesures successives pour libérer le travail, chômage de masse et précarisation entérinent une situation de déconstruction sociale et font que trop souvent le travail n’est plus source d’émancipation.

Quand le Pape François dit « il faut résorber les travers du monde actuel, comme par exemple l’économie qui tue en produisant de l’exclusion et de la disparité sociale » et que Laurent Berger, dirigeant de la CFDT, déclare quand on l’interroge sur la loi travail « je ne suis pas pour que ce soient les entreprises qui gouvernent le monde » cela veut dire qu’il y a besoin de politique, de réponses politiques.

Ces réponses nécessitent d’inverser la logique actuelle et de placer l’homme et la protection de la planète au centre de notre projet de reconstruction sociale.

Parce que l’on refuse de procéder à cette rupture, les réformes visant prétendument à libérer le travail produisent en fait une libéralisation malsaine de l’économie, une économie de plus en plus financiarisée et concurrentielle. Le délitement social est tel que tous les discours sur la défense du modèle social français sont devenus des leurres.

C’est pourquoi, les progressistes proposent de premières pistes de réflexion et d’actions portant sur :

  • La façon de redonner du sens à la place et au rôle de l’Etat comme amortisseur social de la crise notamment à travers la revalorisation et la redéfinition de l’utilité réelle de nos services publics, leur ré-humanisation et leur présence sur tous les territoires qu’ils soient urbains ou ruraux…
  • Une répartition des richesses qui permette une politique de justice sociale affirmée, susceptible de réduire les phénomènes de précarisation et de pauvreté qui s’étendent en revalorisant les minimas sociaux, le salaire minimum, en garantissant enfin l’égalité salariale hommes/femmes et la réflexion légitime autour d’un droit universel à vivre dignement…
  • Une fiscalité qui soit dans le même temps un outil de solidarité et de développement et qui favorise l’économie réelle et l’emploi;  basée sur le principe d’une progressivité de l’impôt issue des capacités contributives de chacun, cela pour les ménages comme pour les entreprises…
  • La restauration d’une société qui fasse de l’accès de tous aux savoirs, à la culture, au sport, du développement de la vie associative et de la citoyenneté, les fers de lance du vivre ensemble. Souvent les premières délaissées sous couvert de contraintes il y a urgence à ce que la collectivité nationale réaffirme son soutien à des thématiques essentielles…
  • Ce combat moderne de l’accessibilité du plus grand nombre aux activités, aux services publics, aux transports, à l’école, à l’université pose aussi la question des efforts restant à réaliser en direction des personnes en situation de handicap…
  • Une reconstruction sociale qui ne peut s’imaginer sans que notre pays s’interroge sur un système de santé et une protection sociale traversant difficilement les logiques concurrentielles, de baisses de charges liées à la solidarité et le chômage de masse. Prétendre défendre le modèle français en matière de santé et de protection sociale passe par la défense des valeurs d’universalité, de solidarité et de financement contributif paritaire.

On le voit et le constate, ces axes de travail et de réflexion, que nous considérons comme des axes de progrès, se heurtent à des logiques pour l’instant dominantes faisant de l’économie le vecteur du développement social. Ces axes de réflexions visent à proposer une alternative à une vision du progrès que nous considérons obsolète.

Des propositions constructives sur :

  • Niveau de vie, ressources des ménages, répartition des richesses, chômage, précarité et surenrichissement; revalorisation des minima sociaux (ressource vitale) ; réduction de l’éventail des salaires et réductions des salaires indirects ( stock options…);
  • Mesures législatives sur les créations et suppressions d’emploi;
  • La loi du marché : profits et rentabilité, économie sociale et solidaire ; insertion sociale et professionnelle, inclusion de tous dans emploi, logement, accès aux soins à la culture et aux loisir;
  • L’évolution des services publics;
  • Conquête de droits, égalité des salaires femmes/hommes.

2 – Assurer une fiscalité juste en restaurant les équilibres sociaux et dynamisant l’économie réelle ;

La fiscalité, premier outil de la solidarité : ménages et entreprises, capacité contributive des uns et des autres.

Fiscalité progressive totale sur tous les revenus pour les ménages, pour les  entreprises sur critères de capacité contributive et sur l’utilisation des profits, le développement de l’emploi, l’investissement et le maintien d’activités non-délocalisables. En finir avec l’optimisation fiscale des grandes groupes internationaux.

Contrôle des fonds publics.

Mettre en place une défense énergique des droits économiques de la jeunesse et des seniors ;

Préparer un nouveau contrat entre l’école et la Nation et reformer des équipes éducatives efficaces avec et autour des enseignants, formations recrutements;

Insertion professionnelle des jeunes, accès à l’emploi;

Favoriser la réussite des enfants les plus démunis : moyens et outils;

Définir un égal accès à la culture, toutes les cultures;

3 – Faire valoir les droits de chacun (situation du handicap, situation de l’éducation, etc.) ;

Attention, dans bien des domaines : logement santé accès à la culture etc… Ne pas oublier l’inclusion des personnes en situation de handicap;

Réflexion sur l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap;

Compensation et inclusion dans la citoyenneté, contribution de toutes les richesses;

Promotion de la bienveillance et de la coopération aux sein des programmes éducatifs.

Comprendre les mutations sociales et les enjeux transversaux qui s’y posent : environnement, évolution technique et technologique, discrimination, etc…

Numérique, développement durable, nouvelles technologies de pointe ; abandons, développement, transversalité, conséquences sur le fonctionnement de la société, nouvelles habitudes.

Renforcement des pratiques de production respectueuses de l’environnement, des emplois et de la solidarité (permaculture, agriculture bio et locale, abattage éthique…)

Réflexion sur l’étalement des communes en zones péri-urbaines et désertification des centres villes.

Réelle promotion des moyens de transports écologique, avec une politique de gestion urbaine volontaire et active.

Réflexion sur les mutations numériques en matière d’accès et de diffusion des informations et du savoir (GAFA, communauté open-source…).

Un texte qui attend d’être commenté, amendé, discuté dans le respect des avis et positions de chacun.

Auteur : Mouvement des Progressistes

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