Apprentissage, une réforme nécessaire.

Longtemps dévalorisé, l’apprentissage redevient – enfin ! – un moyen d’accéder à l’emploi mis en avant pour l’insertion des jeunes dans le monde du travail.

Le Mouvement des Progressistes, fidèle à sa conception du progrès social, ne peut que saluer l’ensemble des mesures annoncées pour aider les jeunes : augmentation de la rémunération des apprentis, aide au financement du permis, préparation à l’entrée en apprentissage, extension de l’âge maximal (30 ans). L’aide à l’embauche pour les entreprises semble une bonne mesure si, comme le MDP le demande depuis 2012, ces aides font l’objet d’un contrôle pour vérifier le bon usage des financements publics. En outre, la valorisation des maîtres d’apprentissage, par une certification professionnelle, ne pourra qu’encourager les entreprises à embaucher des apprentis.

Le nœud du problème demeure l’adéquation entre les diplômes actuels, leurs contenus et le marché de l’emploi. Reste aussi la question de l’équilibre du budget des conseils régionaux, pour ne pas creuser les inégalités d’accès à l’apprentissage selon les régions, voire à l’intérieur même des régions.

Il s’agit surtout, selon moi, de décloisonner les dispositifs de formation gérés par les conseils régionaux, les parcours scolaires de l’Education Nationale et de rendre plus cohérente l’articulation avec les différents acteurs de l’orientation et de l’insertion : Centres d’information et d’orientation, Pôle Emploi, Chambres des Métiers et de l’Artisanat, Missions Locales, etc.

Pour être pragmatique, un jeune qui souhaite entrer en apprentissage et qui, donc, cherche un employeur, doit savoir précisément où s’adresser, à qui, avec quelles procédures, ce qui est actuellement confus compte tenu de la multiplicité de ses interlocuteurs. La création de « guichets uniques » pour l’insertion, la formation et l’apprentissage, comme cela existe dans certaines régions, serait bien plus pertinente et efficace.

L’apprentissage ne doit pas oublier l’insertion et l’accompagnement des jeunes en situation de handicap, qui font encore l’objet de représentations négatives dans le monde du travail.

Alors que le chômage des jeunes demeure important, que les freins à l’accès à l’emploi sont encore trop nombreux, il y a de nobles et beaux métiers que la société française ne doit plus avoir peur de valoriser à travers l’apprentissage, tous secteurs confondus : industrie, mécanique, BTP, services, santé, etc. sans oublier les énergies « vertes ». Le savoir-faire français en matière de restauration, de coiffure, d’esthétique ou de construction reste notre atout dans des échanges mondialisés !

L’apprentissage est l’une des clés pour que les jeunes accèdent à des emplois durables, passionnants et épanouissants, condition nécessaire au progrès social.

Nicolas Céléguègne
Délégué national du MDP à l’égalité des chances

Auteur : NICOLAS CELEGUEGNE

1 commentaire

  1. L’apprentissage donne des resultats interessants ailleurs. Il se heurte en France a la devaluation de l image des metiers qui sont concernes.
    La multiplicte des points d entree rend sans aucun doute la situation peu lisible pour beaucoup, c’est la consequence de la decentralisation. La simplifaction pourrait passer par une reduction du nombre de dispositif, car guichet unique, c est a dire traitant l ensemble des dispositifs n est qu’un ajout d inneficacite administrative.

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