Avignon – La République de l’autruche sous forme de banane

Voilà la lettre que les directeurs d’école primaire d’Avignon ont reçu en début d’année de l’inspectrice de circonscription : « Je souhaite vous confirmer qu’une modification des rythmes scolaires n’est pas prévue pour l’année prochaine sur Avignon. En effet, le conseil municipal a renouvelé l’organisation actuelle. Par conséquent, je vous remercie de veiller à ne pas faire voter les Conseils d’école sur ce sujet. » Car c’est le maire, suivant la  » retouche  de la réforme  » en mai 2017 qui a les pleins pouvoirs sur cette question.

Les habitants d’une agglomération n’ont donc par leur mot à dire. Quoique. Le mardi 23 janvier à l’école Marcel-Perrin, un conseil d’école devait être consacré aux rythmes scolaires. Les parents ont voté dans la cour pour ou contre en vue de ce conseil, qui a été subitement annulé.  En recevant ce mail, colère de certains enseignants qui n’ont pas compris ce courriel car « c’est une manœuvre d’intimidation ». Nos directeurs d’école n’ont pas compris pourquoi en conseil, on ne pouvait pas au moins en discuter et voter, vu que le conseil d’école doit prendre en compte l’avis de l’intercommunalité. Dans un conseil, on établit le projet d’organisation de la semaine scolaire qui est soumis à l’inspecteur d’académie. Courant janvier, les directeurs par le biais des conseils d’école ont « remonté le non au 4,5 jours » au niveau d’Avignon.

La FCPE, Fédération des Conseils de Parents d’Elèves, continue à faire circuler un questionnaire à retourner pour le 22 janvier 2017. Dans d’autres écoles des consultations ont été lancé fin janvier début février 2018. Mais beaucoup de parents ne sont pas informés. Une maman d’élève l’exprime : « L’école nous dit que l’on va passer à la semaine de quatre jours. La directrice du périscolaire nous affirme qu’on va rester à quatre jours et demi ! Et nous, on n’est pas consulté ».

Le 1er février, La ville d’Avignon a invité la communauté scolaire, notamment les directeurs d’école et les parents, à une conférence sur les enjeux des rythmes scolaires. L’association ORTEJ, investigatrice du programme des 4,5 jours, a bien précisé ceci : « l’élève est plus important que l’enfant ou le parent ». Autrement dit, un élève travaille plus qu’une journée de salarié : certains commencent leur journée à 7h30 pour la finir à 18h. A Avignon, pour nous convaincre que nous sommes favorables au rythme des 4,5 jours alors que nous pensons strictement le contraire des  cafés parents vont être organisés sur les rythmes scolaires ».

Nous ne sommes pas contre le fait de réaménager le temps scolaire de nos enfants mais la Ville d’Avignon en s’entêtant à rester dans ce rythme et tout en en étant la 7ème ville la plus pauvre de France risque de se retrouver face à des difficultés de financement après 2019 et cela pour 2 raisons :

– Celles conserveront les quatre jours et demi sans les activités périscolaires vont mécontenter les parents si elles ne proposent que de la garderie après la classe.
– Celles qui reviendront à la semaine à quatre jours vont être taxées de ne pas  prendre en compte le bien être des élèves.

Pour l’instant, sur Avignon on fait la politique de l’autruche. A un de ces conseils d’école, une adjointe de la mairie a rétorqué « vous être 15 contre moi. Ce n’est pas du jeu. » Pour nous non plus. L’avenir des petits avignonnais est en jeu.

Anne LAROUTIS, Déléguée départementale Vaucluse du MdP

Auteur : Anne LAROUTIS

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