Banlieues : Le compte n’y est pas !

Querelle d’égos, conflits politiques, mépris pour toute proposition venant d’un autre responsable, ignorance feinte ? Quelles sont les véritables raisons pour lesquelles les propositions de Jean-Louis Borloo ont été balayées pour redonner aux quartiers dits sensibles l’espoir d’un meilleur avenir ?

Le compte n’y est pas. Même si certaines mesures annoncées par Emmanuel Macron sont intéressantes, il reste un énorme fossé avec un plan qui avait pourtant le mérite de prendre en compte la globalité des problématiques et non un énième saupoudrage de moyens et de subventions.

Il faudrait en réalité une sorte de Grenelle des politiques de la ville, réunissant les acteurs concernés :

– Éducation nationale
– Préfecture
– Élus locaux
– Acteurs de l’emploi (entreprises, chambres des métiers…)
– Acteurs de l’insertion (Pôle emploi, missions locales, PLIE…)
– Travailleurs sociaux
– Logeurs et bailleurs, régies d’espaces verts
– Services de police
– Administration judiciaire
– Services de santé…

Il existe en effet des dizaines de dispositifs et de financements qui se croisent, sans grande cohérence entre eux et administrativement trop lourds. Il faut pourtant apporter des réponses transversales et surtout concertées. Le grand absent de ces mesures, c’est le rôle que les habitants eux-mêmes peuvent jouer, alors qu’ils sont chaque jour confrontés aux problèmes quotidiens. Il existe des associations, des centres sociaux, des collectifs citoyens qui agissent, proposent. Une initiative qui fonctionne ici pourrait fort bien être proposée ailleurs !

Prétendre prévenir la radicalisation et la délinquance dans ces quartiers suppose des sanctions pour les auteurs (donc des services policiers et judiciaires dignes de ce nom) et une exigence de sécurité. Mais surtout, en amont, il faut des actions pour le logement, la santé, l’emploi, les transports, la présence des services publics et des entreprises, l’éducation, l’accès aux loisirs et aux sports, tous ces leviers qui permettraient sans aucun doute de stopper l’hémorragie.

Enfin, il est temps de changer de regard sur ces quartiers. Selon le vieil adage, on parle toujours des trains qui arrivent en retard mais jamais de ceux qui arrivent à l’heure. Une fusillade à la Busserine, à Marseille, retentit dans les médias nationaux. C’est très grave et préoccupant, bien sûr. Mais les mêmes médias parlent si peu des mères qui se mobilisent en créant des associations de soutien scolaire, des enseignants qui se démènent, des jeunes créateurs de projets et d’entreprises. Même au plus haut niveau de l’État, c’est ce regard qu’il faut changer tout en mettant en œuvre des mesures durables, cohérentes, concertées. C’est l’avenir de milliers de familles qui est en jeu.

Nicolas Céléguègne
Délégué national à l’égalité des chances
Mouvement des Progressistes

Auteur : Nicolas Céléguègne

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