Banlieues : Rien n’est perdu, tout est possible !

Je partage les constats du rapport de Jean-Louis BORLOO sur les graves difficultés que rencontrent les 5 millions de personnes vivant dans les quartiers dits « défavorisés ». Il propose une série d’actions à prendre en urgence. Il a raison. Ce rapport ne doit pas prendre la poussière dans les armoires des administrations et des ministères. Il faut aller vite et fort. Il faut débloquer de l’argent rapidement et beaucoup. Espérons que le Président de la République y mette tout son poids.
Au-delà de telle ou telle mesure concrète à prendre, et c’est indispensable, c’est aussi un nouvel état d’esprit qu’il faut déployer. Pas de paternalisme, pas de condescendance, pas d’assistanat, pas d’angélisme, pas de pleurnicherie… Les habitants de ces quartiers ont besoin de respect et de justice.

A travers les statistiques, les élites médiatiques, politiques et technocratiques du pays pensent connaître les réalités de ces quartiers. En vérité elles vivent tellement loin et différemment des habitants de ces quartiers qu’elles n’y connaissent rien ou pas grand-chose. C’est pour cette raison que les différents plans banlieues déployés ces dernières décennies n’ont pas donné tous les résultats escomptés. Ne disons pas que rien n’a été fait. C’est faux. Que l’on ait insuffisamment fait c’est vrai. Que l’on ait maladroitement fait c’est aussi une certitude. Un nouveau plan banlieues piloté comme jadis, à la papa, avec une gouvernance « parisienne » ira irrémédiablement à l’échec. De même les décideurs locaux, et parmi eux les maires et les responsables associatifs, doivent aussi poursuivre leurs efforts et proposer de nouvelles formes de mobilisation citoyenne à la population. Sans elle rien n’est possible.

En plus des moyens financiers à mettre en œuvre il faut modifier l’image caricaturale de ces quartiers véhiculée par les grands médias audiovisuels. Des problèmes il y en a beaucoup. Nous les connaissons. Mais il y a aussi beaucoup d’autres choses. Beaucoup de solidarité, beaucoup d’ambition. Montrons-les. Carole Gaesler accepterait-elle de consacrer un numéro de sa magnifique émission « des racines et des ailes » à la banlieue parisienne et à ses habitants ? Dans une émission « des carnets de Julie », Julie accepterait-elle de montrer la richesse de la diversité culinaire de ces quartiers ? L’équipe de Stade 2 ne pourrait-elle pas faire des reportages sur les engagements associatifs sportifs formidables qui existent dans ces quartiers ?

Allez rien n’est perdu. Certains par fatalisme, ou pire par cynisme, font une croix sur ces quartiers. Ils les enfouissent dans les sous-sols de la République. Nous sommes bien plus nombreux à vouloir les aider. Je fais partie de ceux-là.

Jean-Noël CARPENTIER, Maire (MdP) de Montigny-lès-Cormeilles, ancien député

Auteur : Jean-Noël Carpentier

1 commentaire

  1. Parole claire, et une approche pragmatique.
    Il est justifies en ces temps ou les nouveaux venus en politique considèrent qu avant eux rien n’avait été fait, de rappeler que des actions avaient été engagées sur les quartiers défavorisés. Il convient également face a cette ambition réformatrice de pointer le fait que la reforme et le changement il ne suffit pas de clamer les faire, il faut effectivement changer radicalement la façon de procéder. Et la dessus la demande de pilotage au plus pres du terrain doit être entendue par le gouvernement.

    Publiez une réponse

Ajoutez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *