Cher Robert,

Cher Robert,
Les élections sénatoriales ont eu lieu hier et vous n’êtes plus sénateur. Au-delà de la page qui se tourne sur une carrière exceptionnelle, cela met en lumière le fait que « laissez la place ! » n’était pas simplement un slogan électoraliste dans l’air du temps mais une réelle conviction et ligne de conduite personnelle. Bravo pour cela, et merci au nom du respect de la parole et des principes en politique. Un certain nombre de vos collègues du même âge n’ont pas eu cette clairvoyance en replongeant en 2017 pour un bail de plus, pour certains en prétendant qu’un changement d’étiquete suffirait pour sembler nouveau.
Votre mise en retrait a un autre élément remarquable, c’est le pied à l’étrier mis à deux nouveaux parlementaires. Ce n’était pas simple, mais vous l’avez fait, donnant ainsi au MdP une pérennité à l’horizon de la législature à venir. Ces parlementaires n’ont pas encore la visibilité médiatique (que vous avez), essentielle à l’existence d’un mouvement, mais avoir une législature devant soi pour l’établir est l’essentiel. Il faudra y ajouter la volonté, pour assurer la pérennité à plus long terme et permettre des succès électoraux à venir de ce mouvement portant les idées progressistes.
En quittant le sénat maintenant, vous n’aurez pas à voter la ratification des ordonnances Travail. Votre abstention sur la loi d’habilitation avait probablement anticipé le fait que la concertation promise serait tout sauf une négociation visant à assurer l’équilibre du texte.
Vous éviterez d’avoir à vous prononcer sur l’entrée dans le droit commun de mesures réduisant le rôle du judiciaire au profit de la police dans la lutte contre le terrorisme.
Vous ne serez pas amené à vous prononcer sur le budget 2018 qui a toutes les chances d’enchanter la deuxième partie du spectre « de Hue à Madelin » popularisé en 2017.
Vous n’allez pas être un figurant de la réduction de la contribution du parlement à l’élaboration de la loi. L’économie législative n’aura que peu à voir avec cette tendance, contrairement à l’ampleur de la majorité, de la méthode adoptée par le gouvernement, et de son peu d’attente des idées novatrices de ces parlementaires fraichement venu de la société civile.
La dernière-née des organisations politiques à succès confirme la prophétie que « Les partis politiques vont mourir mais ne le savent pas », tout en surprenant dans la forme prise : En Marche sera à la politique ce que Uber est au « partage ».
Ainsi comme ni le parlement, ni En Marche ne seront pas les lieus où la participation citoyennes, politique et militante seront mises en œuvre, on peut souhaiter que le MdP parvienne, à son niveau, à faire vivre cette façon différente de faire de la politique combinant co-construction et débat.
Même si vous n’êtes plus de façon effective au parlement, je pense que beaucoup dans le mouvement et bien au-delà seront heureux d’entendre ou de lire votre opinion sur la marche de la politique française dans les mois et années à venir.
En vous adressant tous mes vœux pour cette nouvelle étape de votre vie.

Auteur : Pierre

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