De déception en déception

Une suite de déceptions.

Ces dernières semaines nous apportent déceptions après déceptions de la part de Macron et du gouvernement. Certes, en mai 2017, j’avais déjà peu d’espoirs quant à la politique économique du gouvernement, mais si le libéralisme économique devait être compensé par une protection supérieure des individus, le jeu en valait la chandelle. A cela s’ajoutait la promesse de changer la façon de faire de la politique, vraiment inclusive et démocratique avec une véritable logique de bas en haut.

Je ne m’étends pas sur le libéralisme mis en œuvre qui est conforme aux craintes initiales. Mais quid de la protection ? On est loin du modèle danois ou suédois que Macron nous a fait miroiter pendant la campagne. La reforme de la formation professionnelle a été décevante, la reforme de l’assurance chômage s’annonce encore plus loin des espoirs initiaux.

Sur le plan de la démocratie et de la façon de faire de la politique, nous avons bien vu que En Marche sous forme de parti, ou de groupe parlementaire, est encore moins démocratique que les partis traditionnels. Ce nouveau monde a remplacé le bataillon de baronnie par une chape de plomb imposée par le haut de la pyramide auto-légitime sur la base militante et parlementaire. La moralisation de la vie politique semble être de la poudre aux yeux. Et plus les révélations apparaissent plus l’affaire Benalla quitte l’anecdotique pour devenir le symptôme d’un dysfonctionnement profond de la présidence. Quelles déceptions !

Sur le glyphosate, nous voyons aujourd’hui la manœuvre de communication du gouvernement l’été dernier, se prétendant vertueux en l’interdisant plus rapidement que le reste de l’Europe en 2021, mais refusant que cela soit inscrit dans la loi, mettant en gage sa détermination politique comme garanti d’action. Aujourd’hui, Macron confesse au détour d’une discussion publique qu’il n en sera rien, l’écologie sera encore sacrifies a de grands intérêts. Pourquoi les acteurs investiraient ils sérieusement dans ce contexte pour trouver des pratique ou produits alternatifs s’il n y a pas de pression ?

A la lumière des informations de Mediapart sur les coulisses de l’organisation du grand débat, l’impression donnée par les apparition de Macron ces 10 derniers jours se confirme : c’est un grand jeu de communication. En décembre, l’Élysée et Matignon ont voulu obtenir la caution de la CNDP et de sa présidente Chantal Jouanot, mais en s’affranchissant des règles de neutralité dans l’animation et d’honnêteté dans la restitution des points ressortant du débat. Jouanot et la CNDP n’ont pas plié face aux pressions. Conséquences : début janvier le salaire de Jouanot a été jeté en pâture au populisme ambiant et la CNDP sortie du débat. L’opération de COM Grand Débat pouvait commencer !

Je suis de plus en plus inquiet pour la suite car les grossières méthodes de com à la Edward Bernays de Macron et du gouvernement ne marchent plus, les citoyens n’acceptent plus de se faire enfumer. Internet, le stockage des vidéo permet très facilement de retrouver les promesses faites et bafouées et de produire de la viralité. Chaque jour de nouveaux électeurs se promettent de ne pas voter ou re-voter pour LREM malgré le chantage qui semble tenir lieu d’argument unique de campagne de LREM « c’est nous ou les extrêmes ». Si le gouvernement n’infléchit pas réellement sa politique, si le Grand Débat se réduit à une opération de Com sans lendemain, si la seule concession faite est l’introduction d’un RIC à spectre très limité alors que les gilets jaunes demandent un referendum plébiscitaire à la de Gaulle, alors la France rejoindra, en bonne part du fait de Macron, les rangs des démocraties il-libérales.

L’analyse historique nous fera regretter les pratiques en vigueur sous la présidence Hollande ou les débats internes obligeaient à faire des compromis, mais ou des avancées sociales et environnementales significatives ont été faite. La cacophonie parlementaire, les cravates de travers, et les essais erreurs paraîtront bien anecdotiques à ce moment là.

Auteur : Pierre

1 commentaire

  1. Un éclair de lucidité…mais qu’est-ce que le MdP est allé faire dans cette galère !?
    Personnellement, je n’attendais rien du libéral arrogant, parfait représentant de l’inspection des finances et de la technostructure, donc je ne suis pas déçu…
    Amitiés progressistes malgré tout !
    Jean-Louis

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