Fake to face

Ce 3 janvier, Emmanuel Macron a déclaré qu’un texte de loi sera présenté avant la fin de l’année pour lutter contre la diffusion de fausses informations en “période électorale”. Mais est-ce techniquement faisable ?
Emmanuel Macron part en guerre contre les fake news. Lors de ses vœux ce 3 janvier, il a émit qu’un texte de loi serait bientôt déposé “pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles”. Rappelez-vous. A l’élection présidentielle de 2017, le mot-clé “MacronLeaks” faisait la “une” sur internet. Mais comment lutter efficacement contre ces hoax qui pullulent sur internet ? L’article 27 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, et l’article L97 du code électoral ne suffisent-ils pas ?
Lutter contre les fake news implique de définir ce qui appartient à la désinformation, à la propagande politique et à la simple liberté d’expression. Le chef de l’État propose aux médias d’entamer une «réflexion» déontologique sur le sujet. L’expression « Fake News » est à double sens. C’est d’abord un phénomène nouveau. Ce phénomèe a pour seul but d’appâter des visiteurs depuis les réseaux sociaux grâce à des nouvelles spectaculaires, fabriquées de toutes pièces. Reprenant l’apparence de médias traditionnels, ils ont inventé des histoires abracadanbratesques pour pousser le peuple à douter. Selon plusieurs enquêtes, les créateurs de ces sites de «fake news» étaient le plus souvent mus par une logique mercantile. Souvent jeunes, maîtrisant les codes de la communication sur Internet, ils détournent à leur profit le modèle de l’information gratuite Est-il opportun de responsabiliser les plateformes ? S’engager dans cette voie mord sur la liberté d’expression, une valeur démocratique essentielle protégée par l’article 10 de la CEDH. On ne tient pas compte de l’écart entre le penser et le dire, entre le dire et l’agir. L’influence des paroles sur les comportements dépend de nombreux facteurs. Peut-on affirmer que les fake news influencent le comportement politique de chacun d’entre nous ? Assurément, non. En outre, certaines fake news sont plus dangereuses que d’autres. La première question à se poser avant de légiférer est de savoir si, oui ou non, il y a une corrélation entre les contenus et les actes. Le modèle économique des réseaux sociaux, c’est la publicité. La menace réputationnelle semble le plus efficace. Ainsi, nous serons le premier pays au monde à régler le problème des fake news sans toucher à la liberté d’expression.

Auteur : Anne LAROUTIS

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