Il y en a marre.

Après la loi travail, la déchéance de la nationalité, les propos sur les Roms, les Musulmans, les jeunes, les pauvres et j’en oublie, nous apprenons aujourd’hui que le SMIC ne sera pas revalorisé, seulement augmenté de 11 euros nets par mois. Dans énormément de secteurs d’activité (commerce, artisanat, santé, services…), c’est un signal très fort de renoncement et d’abandon du peuple.
Ce n’est pas un gouvernement de droite qui porte ce nouveau coup fatal au progrès social.
C’est un gouvernement de gauche.
Qui l’était. Ou peut-être même pas.
Attention. Je ne mélange pas certains responsables nationaux du PS et, par exemple, les élus et les militants sur le terrain, souvent désabusés, eux aussi. La démonstration de faiblesse sur les pitoyables modalités d’organisation des primaires, qui auraient pu être un vrai moment de débat pour toute la gauche, même celle qui n’a pas adhéré à la Belle Alliance Populaire (par contre les appels du pied à Macron et Mélenchon ne dérangent personne), exaspère encore plus les électeurs, pour beaucoup d’entre eux. Pas ceux qui adhèrent aux différents partis, non. Mais ceux qui hésitent, qui constatent, qui subissent chaque jour, qui encaissent, qui apprennent par la presse que telle ancienne députée condamnée continue d’exercer une influence sur une candidature, ce dont plus personne n’a envie.
De tout cela, ils n’en peuvent plus. Avec leur SMIC ou un peu plus pour ceux qui ont cette chance, ils se dépatouillent comme ils le peuvent pour fêter Noël avec ce qui leur reste de dignité. Ils renoncent parfois au futile et souvent à l’essentiel : loisirs, culture, soins, éducation. Il ne leur reste que les yeux pour pleurer tout en expliquant à leur enfant qu’il faut travailler comme des damnés pour réussir dans la vie. Même les heures supplémentaires ne leur rapportent plus rien.
La colère du peuple, une nouvelle fois consterné et pris à la gorge, me semble sourde et plus que jamais dangereuse qu’une colère publiquement exprimée.
Autour de moi, dans mon réseau de connaissances, de proches, d’amis, la désillusion est immense et la tentation de se retourner vers les extrêmes ou vers l’abstention l’est encore plus. Le dégoût est profond.
Nous qui faisons partie du « peuple de gauche », nous sommes furieux, déçus par tant de mépris, tant d’arrogance, tant de certitude de n’avoir plus rien à perdre ou à gagner.
Ma propre colère, mon dégoût, s’exprimeront par le vote et non dans la rue, comme je l’ai toujours fait.
Mais qu’on arrête de nous prendre pour des imbéciles, des incapables, des irresponsables, des incendiaires.
C’est justement parce que le gouvernement s’éloigne des valeurs de la gauche et sème le trouble que nous ne pouvons plus le cautionner.
Et qu’on arrête de nous menacer avec le vote utile et d’agiter l’épouvantail FN / Fillon.
En 2002, on a voté par défaut : Chirac contre Le Pen.
En 2008, aux municipales, on a voté pour la droite, dans de nombreuses communes.
Aux législatives de 2012, idem, dans ma circonscription, pour éviter le FN.
En 2015, pareil, aux régionales en PACA.
Chaque fois, un PS qui s’enlise, qui enterre toute velléité de remise en question, qui éloigne les gêneurs, qui ne se renouvelle pas.
Le front républicain, pour moi, c’est terminé. Je ne veux plus avoir à voter « contre » ou « par défaut », mais pour un projet de société viable, qui s’intéresse vraiment au quotidien des citoyens, et pour des candidats qui ne sont pas la reproduction des élites et du système dont nous ne voulons plus. Il ne s’agit pas de révolution (je la laisse à Macron, l’anti-système qui en est pleinement issu, mais il n’est pas le seul), il s’agit de progrès humain, social, écologique, démocratique, dans une société à plusieurs vitesses, très inégalitaire.
Je fais le choix de Sébastien Nadot, le seul candidat qui, selon moi, porte les valeurs de tout un mouvement, le nôtre.
Si nous ne parvenons pas, pour une raison ou une autre, à aller au bout de notre démarche pour les Présidentielles, nous serons bien présents aux Législatives. Et, ceci n’engage que moi et absolument pas l’ensemble de mes amis du mdP, je choisirai un autre candidat dès le 1er tour (ni Macron ni Mélenchon), mais je ne donnerai plus ma voix au PS.
La trahison des idées et des électeurs est immense.
Il y en a assez.

Nicolas Céléguègne, citoyen de gauche.

Auteur : NICOLAS CELEGUEGNE

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