La Culture en région PACA, une véritable salade niçoise

La région PACA a un positionnement particulier sur ce secteur : elle est en moyenne la 3ème région en termes d’emplois, de nombres d’élèves, d’équipements, de visiteurs.

– Les filières de l’économie culturelle représentent autour de 60.000 emplois, dont près de 10.000 emplois publics, auxquels il faut ajouter environ 6.000 embauches dans le cadre de l’intermittence.

– Le patrimoine sert d’assise à des évènements artistiques de rayonnement international avec les grands festivals comme Avignon , Aix en Provence, Canne.

Avec 44 100 emplois, l’économie culturelle est dynamique en Paca mais reste subjective : «  La région Paca base l’attractivité de son territoire sur l’entrepreneuriat culturel », déclare Florian Laurençon, directeur général adjoint des services, en charge de la culture au Conseil régional. La région représente 11,8% de l’emploi culturel français, hors Ile-de-France. Paca est ainsi la région la mieux lotie, avec 89 emplois pour 10 000 habitants quand la moyenne nationale est de 72.

La région se caractérise également par de nombreux équipements : 196 cinémas, 123 musées, 72 théâtres et 32 conservatoires.

« Le panorama culturel de la région est riche et diversifié » selon Magali Blain de l’Arcade professionnel. Confirmé au projet émergent, de la major company à l’association de quartier, de l’unité commerciale à la structure sociale de proximité, plus de 50 000 structures exercent leur activité principale dans le secteur culturel en 2017. C’est 5,2% de l’ensemble des unités tous secteurs d’activités confondus, et sont concentrées à 40% dans les Bouches-du-Rhône. 62% sont des entrepreneurs, 21% des associations et 15% de sociétés commerciales.

Ce développement culturel est notamment lié au profil touristique et à l’économie tertiaire du territoire. L’ensemble des activités culturelles sur le territoire régional génère 1 844 millions d’euros, soit 2,2% de la richesse régionale. Les nombreux festivals sur le territoire participent également de cette capacité d’attraction. Les 20 plus importants festivals de la région totalisent une fréquentation de 2 millions de festivaliers chaque année : Avignon, Martigues, Festival d’art lyrique d’Aix, Festival de piano de la Roque-d’Anthéron, les Suds à Arles, la Fiesta des Suds, Marsatac, etc.

« Économie et culture étaient jusqu’à présent deux notions que l’on avait du mal à associer » évoque Thomas Paris, chercheur au CNRS. « Ce n’est plus le cas aujourd’hui. ». L’aventure humaine est au cœur de l’économie de la création. Mais celle-ci véhicule de nombreux clichés. L’idée est le point de départ d’un projet culturel.

Contrairement aux autres filières, l’économie de la culture ne répond pas à une demande. Si nous prenons les plus grands festivals de la région, chacun rencontre des difficultés qui leur sont propre. Exemple :

– Festival OFF d’Avignon : la difficulté de ce festival est le coût exhorbitant pour se produire quand on est une compagnie. En moyenne, le coût de production pour les amateurs et de 10000€ pour les professionnels parfois dépasse les 20000€ ceci comprend la location du créneau horaire dans un théâtre, le coût du « VHR » (véhicule hébergement restauration), le coût des frais de logement, le coût des emplois, la communication et les frais divers.

A tel point qu’une pétition a été créée par des professionnels pour dénoncer le « système » empirique du OFF où plus de 4000 personnes ont signé « festival OFF en danger » https://www.change.org/p/avignon-festival-off-en-danger.

– Le festival d’art lyrique d’Orange connaît des difficultés financières dues à l’abaissement des subventions de l’Etat, cette année cela a été sauvé par la région PACA.

– Les spectateurs du festival d’art lyrique à Aix en Provence ne payent que 16,5 % de la charge budgetaire du festival et les territoires veulent imposer une augmentation du prix du billet pour abaisser les subventions territoriales

– Festival de Cannes en 2014, le festival a généré 72 millions d’euros de retombées économiques et 92% sont issus des dépenses des spectateurs. Ce bénéfice permet de faire vivre 31 communes au alentour de Cannes. Le plus grand festival de cinéma est une PME qui tourne à plein régime deux mois par an, tenu par une poignée de grande marque ce qui suscite pour les artisants locaux des difficultés d’adaptabilité.

La culture en région PACA était dans les années 90 plus à échelle humaine, à économie « courte » et partagée. Ce n’est plus le cas.

Anne LAROUTIS, déléguée Vaucluse MDP

Auteur : Anne LAROUTIS

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