Le PS a-t-il viré sa cuti ?

Au regard de la décomposition intellectuelle, morale et probablement idéologique du Parti Socialiste, existe-t-il toujours une filiation entre les Socialistes du 19ème siècle et ceux d’aujourd’hui ?

A cette question que j’ai posé à de nombreux élus et militants du PS, j’ai souvent obtenu des réponses évasives lorsqu’elles n’étaient pas repentantes.

Le Parti Socialiste qui endure depuis quelques années l’une des plus terribles désertions de militants de son existence, faute de s’y reconnaître, est-il menacé d’extinction ?

A cette question la majorité des socialistes que j’ai interrogé, m’a répondu : « Non! », beaucoup plus spontanément.

Pourtant, les meilleurs indicateurs, à même d’estimer la bonne santé d’un groupe organisé, qu’il soit politique ou associatif, restent le poids des adhésions et le mental des troupes.

Selon Luc Carvounas, qui a été il y a quelques mois candidat au poste de premier secrétaire du PS, son parti « ne pèserait guère plus de 15 000 à 18 000 militants actifs ».

S’agissant du moral des troupes ou de leurs dirigeants, l’ancien Ministre PS Jean-Marie Le Guen (désormais Macron-compatible), estimait une refondation indispensable de la gauche dans le cadre de la majorité Présidentielle. Selon lui : « Le PS ne porte plus rien », « La marque n’est plus bonne ».

« La marque n’est plus bonne » !: Il fallait oser et Jean-Marie Le Guen l’a fait.

Se souvenait-il seulement que dix ans plus tôt, en 2007, Nicolas Sarkozy, lors d’un discours qui précédait son élection, se revendiquait le front haut, « l’héritier de Jean Jaurès » ?

Imaginez Jaurès, là-haut sur son nuage, maugréant : « Jaurès’pérais ne jamais voir ça ! »

Autant dire que ce double passif, idéologique et militant, du Parti Socialiste, notamment depuis l’humiliation de la Présidentielle 2017, ne favorisera pas la reconstruction de cette famille politique. N’oublions pas par ailleurs, que le déficit militant entraîne mécaniquement le déficit financier.

Alors le PS aurait-t-il mangé son pain blanc ?

Pas un politologue, qu’il soit chercheur, consultant ou sondeur, ne se risquerait à un quelconque pronostic tant la vie politique peut réserver des surprises. Il paraît néanmoins évident que l’avenir semble très mal engagé pour le PS.
Il existe toutefois un espace politique à occuper entre les dynamiques Macron et Mélenchon. Si le PS parvenait à se reconstruire idéologiquement dans un premier temps, puis humainement et financièrement dans un second temps, alors pourrait-il espérer retrouver une place sur le podium des grandes formations politiques.
Malheureusement pour les socialistes, le chemin le moins escarpé pour y parvenir n’a pas encore été trouvé si j’en crois les multiples critiques en interne qui pointent du doigt le nouveau Premier secrétaire, accusé de ne pas être à la hauteur.

En attendant, le Centre gauche sera immanquablement amené à se reconstruire et il y a fort à parier que le socialisme moribond s’effaçant, la renaissance du Progressisme s’affirmera.

Frédéric BOUCHAREB
Élu écologiste du MdP à Poitiers
Ancien membre de l’ONG « Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières »

Auteur : Frédéric Bouchareb

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