Les chômeurs tous des entrepreneurs ?

A l’heure actuelle, la mode à Pole Emploi est de mettre les chômeurs dans des formations d’entrepreneurs. Pourtant, en France, peu de gens travaillent. Suivant les recherches de Jean TIROLE directeur de la Toulouse School of economics (TSE), la France a un faible taux de travailleurs dans la tranche 24-64 ans, inférieur à 10 points à ceux de la Norvège, Scandinavie, Finlande. En résumé, quand on n’est jeune on n’a pas d’expériences. Quand on est vieux on en a trop ou… Pas assez ! (précarisation du travail). C’est pourquoi on a un chomâge structurellement élevé par rapport à nos voisins européens. Et ce, depuis 50 ans. Les statistiques ne prennent pas en compte le «chômage déguisé» des travailleurs découragés, qui ne s’inscrivent plus à Pôle Emploi. Ils sont, par exemple, sur un « RSA SOCLE » (un système qui serait à redéfinir pour inciter les entreprises à « prendre » des chômeurs en contrats non précaires) et des emplois financés par des aides publiques. En conclusion, les emplois sont en France de mauvaise qualité. Suivant les recherches de Jean TIROLE : depuis 2012 ; 82 % de création d’emploi sont en CDD, non transformé en CDI. Si on prend l’exemple du « Socle RSA » qui permet de protéger dans un sens les individus, les entreprises utilisent ce genre de système non seulement pour faire des économies mais pour mettre en place une mécanique difficile à briser quand on est un travailleur ayant besoin de gagner sa vie pour le besoin de sa famille.
Le résultat ? Un conflit entre employeurs et employés. Suivant les chiffres, la France est 129ième pays sur 139 pour ses relations au travail et les salariés sont beaucoup plus anxieux, ceux qui sont en CDI, sur l’avenir de leur travail en France qui contribue à se méfier de ceux qui sont engagés en CDD dans la même entreprise.
La frilosité des entreprises pour embaucher dignement sont diverses et nous les connaissons : les charges trop élevées sur le travail, l’inadéquation de la scolarité et des études par rapport à la vie des entreprises, la mauvaise qualité de la formation professionnelle, le choix du Smic. Pour Jean TIROLE, il y a aussi un autre facteur: les mécanismes du marché du travail. La France se trouve au fond de la classe avec ses partenaires méditerranéens: l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce.
Confrontés au chômage, les gouvernements méditéranéens successifs ont mis en valeur les CDD et les emplois aidés. Ces emplois coûtent «moins chers» à l’entreprise. Et les décourage d’employer des salariés de meilleure qualité, plus stables, mais plus chers. Ces emplois précaires coûtent en revanche trop cherà l’Etat, il serait préférable de dépenser cet argent en abaissant les charges. Le CDD a créé une guerre entre CDI et les CDD mettent de plus en plus de temps à trouver un boulot stable.
Le CDI repousse les entreprises et les poussent soit à délocaliser, soit à créer des CDD.
Voilà pourquoi le chômage reste élevé. Au bout du tunnel, reste une solution: faire payer le licencieur. Une taxe devrait s’imposer sur chaque licenciement en échange de la réduction des cotisations chômage et d’un allègement des procédures de licenciement. Le bénéfice serait multiple. Elle ferait payer cher aux entreprises qui licencient plutôt qu’à celles qui ne licencient pas. Elle obligerait les entreprises à former leurs salariés. Et on pourrait engendrer des entrepreneurs heureux.

Auteur : Anne LAROUTIS

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