Les défis de la Turquie

Cinq ans de plus ! Un nouveau mandat s’ouvre pour le Président (à vie ?) Recep Tayyip ERDOGAN après sa victoire dès le premier tour lors des dernières élections présidentielles et législatives. L’AKP (Parti de la Justice et du Développement) maintient sa majorité parlementaire grâce à l’accord passé avec le MHP (Parti d’Action Nationaliste). Avec cette nouvelle victoire de l’AKP, la Turquie bascule d’un système parlementaire à un système présidentiel.

Malgré l’isolement du pays, la dégradation de la situation économique et la dénonciation de fraudes électorales par l’opposition, le Pacha d’Istanbul s’accroche au pouvoir suprême. Pourtant, une dynamique positive semblait prendre au sein de l’opposition. Malgré le bon score obtenu par Muharrem INCE et sa coalition (31 % des voix), malgré la résistance du Parti HDP (Parti Démocratique du Peuple) et de son leader emprisonné Selahattin Demirtas (11, 62%), la base électorale de M. ERDOGAN semble encore solide (surtout dans les campagnes et les milieux bourgeois-conservateurs de la société Turque).

La Turquie continue son chemin vers le club, de plus en plus large, des démocraties dites illibérales. Cette situation ne peut qu’inquiéter les partenaires et amis de la Sublime Porte. Trois défis attendent l’hyper-Président Recep Tayyip ERDOGAN :

1) Le premier défi est la question kurde. Depuis 1984, date du début du combat armé du PKK, l’État Turque défend l’idée d’une éradication militaire complète du Parti Kurde. Cette stratégie, malgré de rudes coups portés au PKK et l’emprisonnement de son leader Abdullah OCALAN, est un échec. La question d’un règlement politique de la question Kurde doit donc être posée.

2) Le second défi est économique. Malgré une forte croissance de l’économie turque ces dernières années, le retour de l’inflation depuis quelques mois semble indiquer de possibles difficultés dans les semaines à venir. De plus, la dépréciation de la monnaie turque (La Livre) face au dollar accentue les doutes des investisseurs sur la bonne santé de l’économie du pays.

3) Le troisième défi concerne le terrorisme qui se décline de manière diverse en Turquie.

Zone géopolitiquement très instable, le terrorisme y est multiforme. Puissance incontournable au cœur d’un environnement instable, la Turquie se doit de développer des partenariats avec ses voisins proches comme plus éloignés afin de contribuer à la stabilité de la région.

Loin d’être une bonne nouvelle pour la démocratie dans le pays, la nouvelle victoire du Président ERDOGAN marque l’entrée de la Turquie dans un système autoritaire et liberticide. Dans ce contexte difficile pour nos amis progressistes de Turquie, le Mouvement des Progressistes (MDP) affirme son soutien et son aide à l’ensemble des forces démocratiques turques.

Martial LE BOULH, délégué national du MdP aux relations internationales

Auteur : Martial Le Boulh

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