Les radios, un média à part dans le paysage audiovisuel PACA

Depuis quelques semaines, les 40 radios associatives des quatre coins de la région Provence Alpes Côte d’Azur subissent la suppression des subventions du Conseil régional qui leur a été notifiée par simple courrier du 8 janvier dernier. La lutte s’organise. Elles ont saisi les médias, entamé un recours gracieux auprès de Renaud MUSELIER. Sans résultat. Certaines se réservent le droit de saisir conjointement le tribunal administratif afin que la convention triennale signée en 2015 entre le Président le la région PACA de l’époque, Michel VAUZELLE, et Gilbert ANDRUCCIOLI, Président de la FRASE, soit respectée et conduite (au moins) jusqu’à son terme.

La décision a été brutale. L’aide aux radios associatives, mise en place depuis 2005, était exemplaire. Lionel GIUSTI, directeur de la station de radio de La Ciotat constate : « Il arrive ce qui devait arriver, il faut être objectif sans pour autant faire de politique, ce n’est pas notre rôle, mais il faut reconnaitre qu’une partie « sectaire » de la droite, a traditionnellement des difficultés avec le pluralisme et la liberté d’expression… L’histoire montre aussi que c’est la gauche qui a permis aux radios libres de voir le jour en France avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, en 1981. J’étais tout jeune mais j’ai eu le privilège de connaître cette époque, ce vent de liberté, l’expression (enfin) de la vie locale sur la bande FM, la découverte et la promotion de nouveaux talents musicaux, la valorisation du monde associatif, les acteurs locaux au micro, les infos de proximité… Même si les temps ont changé, aujourd’hui, les nouvelles technologies ne remplacent pas la radio, la nouvelle majorité du conseil régional fait une erreur ! Nous jouons un rôle social local, interactif qui est incomparable avec d’autres médias ».

Pour la Région PACA, la suppression de ces aides équivaut à une économie de 290 000 euros sur une enveloppe globale de 2,5 milliards d’euros de subventions. Une goutte d’eau pour des radios associatives qui craignent aujourd’hui de devoir renoncer à bon nombre de leurs projets :

– 13% de budget en moins pour Clin d’Oeil FM en 2018 : à Sophia-Antipolis, on fait grise mine. La radio associative accueille chaque année plus de 150 collégiens et lycéens dans ses murs. Sans les subventions régionales, le budget 2018 se trouve amputé de 13%, soit 5400 euros. Pour les responsables de l’association, c’est autant d’initiatives et d’heures de formation pour les salariés qui tombent à l’eau.

– Pour Agora Côte d’Azur ce n’est pas juste qu’un problème financier. C’est la privation de l’expression libre qui est atteinte : « En privant les radios et le mouvement associatif des contrats aidés et des aides à l’emploi correspondantes, ce sont les traditions démocratiques et la culture populaire qui sont visées ».

– A RCF Méditerranée à Toulon, l’inquiétude monte. Par la suppression définitive de certaines antennes de la région. La radio doit elle-même renoncer à une subvention de 12 000 euros.

Les radios sont la voix de celles et ceux qui font vivre les milieux si divers de notre région ! Elles assurent un maillage exceptionnel du territoire ! Alors pourquoi supprimer ces subventions ? La Région évoque « une mutation du paysage audiovisuel régional ». Pour l’instant, on ne comprend pas laquelle ?

Si vous souhaitez nous aider à trouver une réponse, vous pouvez contacter Gilbert ANDRUCCIOLI, le président de la FRASE (Fédération des Radios Associatives du Sud Est)

Tél : 04 93 36 90 89 – 06 09 97 63 97
Courriel : federation-frase@orange.fr

Ou Yann ARTIGUELONGUE
tél : 06 79 65 76 92
Courriel : radio.verdon@orange.fr

Auteur : Anne LAROUTIS

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