L’hibernation culturelle estivale dans le Sud

Tout au long de l’histoire du capitalisme, l’économie et la culture ont été considérées comme deux phénomènes plus ou moins séparés sinon contraires. Cette séparation entre économie et culture paraît tellement convaincante que, jusqu’à une date récente, il y avait une distinction entre deux types de centres, à savoir la ville de l’industrie (comme Manchester) et la ville de l’art (comme Florence). Ces deux formes d’urbanisation et de vie urbaine étaient considérées comme antagonistes.

Aujourd’hui, cette distinction entre économie et culture paraît de moins en moins justifiable, on observe une convergence assez marquée entre l’économie et la culture dans le capitalisme moderne. La production marchande de la culture est encastrée dans un système économique basé sur la recherche de la rentabilité. C’ est le cas de la plupart des festivals d’été (Avignon, Orange, Aix, Nice notamment). Les secteurs d’où émergent ces produits culturels constituent un front très dynamique de l’expansion capitaliste ainsi qu’un pilier de l’économie urbaine.

Mais beaucoup de villes valorisent une tradition, un savoir-faire qui constituent la base d’une production culturelle locale. C’était le cas dans nos villes du sud. Ce n’est plus le cas. Des collectifs professionnels de sont constitués pour dénoncer ce merkantilisme marchand qui, comme une épée de Damoclès placé au-dessus de la création artistique, menace les forces actives du spectacle vivant.

La Fédération Les Sentinelles s’est constituée suite à ce constat fait sur le festival d’Avignon, où on ne place plus l’art au cœur du système de production mais on le remplace par un supermarché de la consommation du spectacle. Avignon est devenu le temps de 3 semaines d’été un multiplexe iconographique comme on retrouve les multiplexes du cinéma, à côté des supermarché. Cette année, la fédération a lancé une pétition sur change.org « Festival OFF en danger » et à déjà rassemblé 3800 signatures autour de ce message https://www.change.org/p/avignon-festival-off-en-danger

Un collectif des commerciaux des spectacles vivants vient de se constituer car « vendre » du spectacle n’est pas un maillon économiquement fort du système monnétaire culturel. Seuls, ceux qui programment, sont les maillons à valoriser. Pourtant, pour la plupart des compagnies ou de groupes musicaux, c’est la clef de voûte de la valorisation de leur travail. Comme l’union fait la force, les commerciaux du spectacle se sont regroupés en collectif le Collectif des Chargés de Diff’ (CDD) et collabore dans la convergence des luttes avec le syndicat des VRP et commerciaux de France et la Fédération Les Sentinelles.

Lien du Collectif : http://www.diffduoff.wixsite.com/collectifcdd
Lien de la Fédération : http://www.lessentinelles-federation.com

Auteur : Anne LAROUTIS

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