Mon pouce, je vais le payer à combien cette semaine ?

Cette question va se poser, cette semaine, pour les familles vivant sous un seuil de précarité. A combien vais-je acheter mon pot de yaourt, mes légumes et mes fruits ? Voté en octobre 2018, ce texte de loi entre en vigueur au moment où le peuple réclame notamment la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. Ainsi, les yaourts Danone de près de 6%, selon les estimations du journal Le Parisien. Le texte de loi oblige les distributeurs à vendre les produits alimentaires avec une marge d’au moins 10% de bénéfice. Cette marge minimale devrait théoriquement permettre aux distributeurs de mieux rémunérer les producteurs mais ne prévoit aucun contrôle ou contrainte (et ce n’est pas hélas une blague).

L’ONG « UFC que choisir » explique que « Cela reste très théorique, car si la loi prévoit d’augmenter les marges de la grande distribution, elle ne dit pas du tout, en revanche, sur comment faire pour augmenter les marges des agriculteurs. Cela reste un vœu pieux : la loi n’organise pas le fait que les distributeurs doivent acheter plus cher leurs produits aux agriculteurs. Aucune obligation, aucun contrôle ne sont prévus. »

Sarah, qui est mobilisée à Nice auprès des gilets jaunes estime que « cette loi est un crachat au visage des plus précaires ». Elle dénonce le fait que « le gouvernement prétend vouloir que les agriculteurs soient mieux rémunérés mais ne va pas contraindre les distributeurs à répercuter cette hausse des prix sur leur rémunération ».

Et moi, avec mon caddie à Avignon City, je me dis de même, avec 200 à 350€ de « reste à vivre » par mois, nous allons faire comment ? Les assistantes sociales ont de beaux jours devant elles…

Anne LAROUTIS, déléguée MDP 84

Auteur : Anne LAROUTIS

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