Notre mouvement face à lui même

L’existence des formations politiques a toujours été conditionnée à leurs capacités à apparaitre utiles. Parce qu’ils donnaient le sentiment d’agir pour eux-mêmes, de servir des écuries personnelles et de ne plus vraiment nous représenter, les partis dits traditionnels ont été lourdement désavoués.
Cependant la question de l’utilité se pose à tous, à nous aussi.

Le « dégagisme » électoral l’a emporté mais il reste à redonner confiance.
Combler les ruptures qui persistent entre les Français, leurs institutions et leurs représentants politiques demeure un enjeu essentiel. L’effondrement des appareils politiques ne jouant plus leur rôle démocratique peut faire plaisir mais il laisse entier le sens des mesures économiques, environnementales, sociales et démocratiques à apporter à des Français toujours dans l’attente de réponses durables. A la volonté de se débarrasser des hommes ou à l’habitude de déserter les urnes doit succéder le renouveau politique.

Seule la réalité et le sens des réponses apportées détermineront la véracité du renouveau politique et le début de quinquennat montre que nous n’en sommes pas là. C’est dans de tels moments que nous avons à démontrer notre utilité.

C’est vrai quand l’attrape tout « ni gauche, ni droite » permet jusqu’alors de donner des gages sociaux et fiscaux à une seule partie de l’échiquier politique et n’est qu’un slogan. Encore vrai quand « l’amateurisme » attribué aux nouveaux élus aura surtout permit de renforcer l’exécutif au détriment du travail parlementaire. Toujours vrai quand on légifère par ordonnance sur un sujet majeur comme les relations sociales au travail et que seul l’exécutif tient les clés du calendrier et du débat.

Encore et toujours vrai quand on reporte les mauvaises décisions sur les prédécesseurs… Au-delà l’apparence et le style, certaines réponses et attitudes demeurent vieillottes et l’on profite à plein des ressorts d’une 5ème République qui était à bout de souffle avant la présidentielle et qui le reste encore après.

Face à certaines décisions, interrogations et parfois colères surgissent. La ligne de défense gouvernementale n’est guère respectueuse des diversités qui s’expriment. Notamment quand elle vise à prétendre que la vie politique française se jouerait entre les réformistes et ceux qui resteraient figer au 20ème siècle, se jouerait entre un grand centre « progressiste » et une opposition faite d’extrêmes de droite et de gauche trop aisément assimilés et classés comme populistes.

Alors qu’une nouvelle machine politique ambitionne de prendre la place de partis discrédités, alors que l’idée de progrès se cuisine parfois à des sauces indigestes l’utilité d’un mouvement différent ne peut donc se résumer à se montrer « En Marche compatible » ou « Macron incompatible ». Les progressistes au sein du mouvement ont à contribuer à ce qu’apparaissent des alternatives à une société qui n’est pas faite de « ceux qui savent et les autres » mais une société aux énormes potentialités mais restant injuste, discriminante et élitiste.

Le chamboulement auquel nous avons assisté ainsi que les premiers pas de la nouvelle majorité renforcent l’exigence qu’il y a à redevenir nous-mêmes, débarrassés de contingences politiciennes capables de remettre en cause notre raison d’être. La situation politique montre que nous ne vivons pas la fin de l’histoire et montre que le bien fondé de posséder un mouvement progressiste (même si le mot est aujourd’hui bien galvaudé) citoyen, populaire, ouvert et rassembleur correspond bien à un besoin.

De notre utilité réelle dépend notre avenir et notre existence.

Laurent Dumond, MdP Val d’Oise

Auteur : Laurent Dumond

1 commentaire

  1. Une vraie question pour notre mouvement dont l’ambition doit être plus grande que le simple fait d’exister.

    La République En Marche n’étant pas la panacée universelle et que certains ont voulu (faire) croire, il convient de porter le message que même si la fin de la réserve parlementaire, des emplois familiaux et de nouvelles têtes à l’assemblée sont des progrès, le renouveau de notre démocratie a besoin de plus de concertation (on attend de voir le résultat des ordonnances code du travail), de participation citoyenne. Revaloriser le rôle du parlement serait favorable et pour le moment les voix qui ‘s’élèvent du groupe En Marche semblent bien à l’unisson du gouvernement.

    Si En Marche a bel et bien endommagé PS et LR, il lui reste encore à prouver que les solutions proposées trouveront bien l’équilibre gauche/droite revendique pendant la campagne.
    Le rôle du MdP par tous ses moyens de communication pourrait rappeler les valeurs qui sont les siennes aussi bien au niveau de la méthode (citoyenne, prônant le débat et la concertation) qu’au niveau politique avec des mesures de justice sociale pour les plus fragiles.

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