Pour ne pas être les orphelins d’une gauche aussi grotesque que divisée

Jerome EMERIAU 2014 - www.jemeriau.comCe que nous vivons à l’approche de la présidentielle de 2017 est révélateur de la fin d’une histoire. Celle d’une gauche des partis n’ayant pas été en capacité de vivre les mutations de notre société. Qu’elle soit de contestation, d’adaptation, radicale, écologiste, républicaine, de gouvernement voire libérale, la gauche se meurt de n’avoir pas su et voulu s’émanciper de ses dogmes respectifs. Les certitudes n’étaient que faiblesses. La difficulté à savoir se remettre en cause sans renier son passé, la volonté d’affaiblir l’autre, la propenssion à faire des échecs des uns le symbole de la supériorité de l’autre, la quête du pouvoir ou la hantise des pertes électorales ont supplanté le besoin qu’a la gauche à imaginer l’avenir.

Le mal demeure, la gauche du court terme, des stratégies personnelles, des égos fait tout pour durer. Plus intéressée à sauver ce qui lui reste de meubles qu’à réfléchir au futur d’un peuple délaissé. Après celles de la droite, la conception auto centrée des primaires socialistes confirme s’il en était besoin un détournement démocratique. Dans un régime présidentiel, les primaires ne visent pas à parler à tout le monde mais à trouver celui qui parlerait le mieux à son clan. Quitte, comme François Fillon, à se dédire dès le lendemain ou à s’inventer comme Manuel Valls une proposition contre nature pour prétendre rassembler. Contribuer ainsi à dévoyer l’aspiration citoyenne autour d’un homme providentiel est antinomique et n’est pas le rôle d’une gauche française moderne et démocratique.

A 1 ou 4 millions de voix, l’exercice « démocratique » est un leurre quand, massivement, des dizaines de millions d’électeurs abandonnent les isoloirs à chaque élection et, plus encore, à l’occasion de primaires partisanes. Décident de ne plus voter tellement ils en ont soupé d’y aller pour rejeter l’autre, pour choisir le moins pire, de voter par défaut plutôt que de soutenir et se prononcer en faveur d’un projet. C’est à s’interroger sur les raisons pour lesquelles ces millions de personnes, notamment dans l’électorat populaire, ne nous font plus confiance que les forces progressistes devraient plutôt s’atteler.

Réfléchir à un développement sain parce que respectant les hommes. Faire de l’impératif écologique un préalable au sauvetage de la planète. Réformer un système fiscal injuste. Aspirer à ce que l’impôt serve mieux la solidarité nationale. Restaurer l’espoir européen en en faisant un espace de solidarité et de coopérations utile à tous. Revisiter des institutions ne permettant plus aux Français de se sentir représentés…Sont autant d’ingrédients et de réponses à apporter permettant à chacun, à partir de ses propres valeurs, de se sentir utile.

L’irresponsabilité qu’il y a à gauche à continuer, malgré les faiblesses respectives, à la jouer égoïste, à penser que les jeux seraient déjà faits ou à exister pour le coup d’après montre qu’il y a besoin de transcender la gauche politique française. Les valeurs sont plus fortes que la fidélité à ce qu’a pu être utile.

Il y a urgence et nécessité à ce que les forces progressistes dépassent les intérêts partisans et personnels qui persistent et se retrouvent pour imaginer, réfléchir et construire ensemble la société française plus juste, plus solidaire, plus accueillante et attractive dont nous rêvons. Là encore, la diversité sera une richesse.

Laurent Dumond, Membre de l’exécutif national du MdP

Auteur : Laurent Dumond

1 commentaire

  1. Excellent papier très justensiles dans son analyse.

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