Règles d’ouverture des écoles hors contrat : Cécile Rilhac intervient pour la protection des enfants

Cécile RILHAC, députée du Val d’Oise et membre du Comité national du MdP, est intervenue à plusieurs reprises mercredi 28 et jeudi 29 mars dans le débat sur la proposition de loi visant à simplifier et mieux encadrer le régime d’ouverture et de contrôle des établissements privés hors contrat.

Un texte de juste équilibre qui vise à modifier le système actuel, trop complexe et obsolète, et à éviter que ces écoles hors contrat ne deviennent des foyers de radicalisation.

Sur les conditions d’ouverture et de direction des établissements privés hors contrat

Mme Cécile Rilhac. Madame la présidente, monsieur le ministre de l’éducation nationale, nous sommes tous attachés à la liberté de l’enseignement, à la liberté pédagogique et au fait que des pédagogies alternatives soient proposées pour permettre à chaque enfant de s’épanouir. Je pense en particulier aux enfants qui ont des difficultés et qui, pour diverses raisons, ont du mal à s’intégrer à notre système scolaire.

Cet article, comme cela a déjà été rappelé à maintes reprises, définit clairement les conditions d’ouverture et de direction des établissements privés hors contrat. Certains s’inquiètent des conditions d’autorisation d’ouverture de ces écoles, qui risqueraient selon eux de mettre en péril nos valeurs républicaines. Je tiens à les rassurer : nous sommes attachés aux valeurs républicaines et nous sommes attachés à ce que ces valeurs soient respectées dans ces établissements scolaires. Je rappelle que nous sommes dans un État de droit. Il est donc de notre devoir, en tant que parlementaires, de veiller au respect du droit de chacun et au respect du droit constitutionnel, dont la liberté d’enseignement fait partie.

Cet après-midi, au cours de la séance de questions au Gouvernement, notre collègue du Val-d’Oise, François Pupponi, vous a interpellé, monsieur le ministre, sur la protection des enfants dans certains établissements. Or l’article 1er de cette proposition de loi précise justement que la protection de l’enfance est l’un des critères préalables à l’ouverture de ces écoles privées hors contrat. Je vous rassure, Monsieur Pupponi : nous veillons à ce que l’ordre républicain soit une réalité pour tous nos élèves, dans le public comme dans le privé. Nous veillons à ce qu’ils soient protégés des tentations des extrémistes, quelles qu’elles soient et d’où qu’elles proviennent.

Cet article vise tout simplement à uniformiser les conditions d’ouverture de ces établissements. L’un de nos objectifs essentiels, pour cette législature, est de simplifier et de rendre intelligible et cohérent ce qui ne l’était pas, ou ne l’était plus. C’est pour cette raison que nous voterons cet article. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)

Sur la nécessaire précision à apporter au terme de « surveillance »

Mme Cécile Rilhac. Cet amendement revient sur cette terminologie, non pour supprimer le mot de « surveillance », mais pour le préciser avec les termes d’« encadrement de vie scolaire ». Aujourd’hui, en effet, dans un établissement scolaire, le mot de « surveillance » peut être associé à deux choses : dans le secondaire, il s’applique aux assistants d’éducation, recrutés par le chef d’établissement au niveau baccalauréat, tandis qu’au niveau primaire, il renvoie aux surveillants mis en place sur le temps périscolaire par les municipalités, souvent embauchés au niveau du brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur– BAFA.Il s’agit en effet d’éviter les dérives en matière d’encadrement d’enfants. Nos conseillers principaux d’éducation sont très légitimement qualifiés et compétents. Il convenait néanmoins d’éclaircir le sens de ce mot de « surveillance ».

Sur la pédagogie pour les enfants en difficulté

Mme Cécile Rilhac. Une fois n’est pas coutume, j’abonderai dans le sens de Mme Ménard. Parmi les articles du code de l’éducation que vous citez, figure un article relatif à la pédagogie pour les enfants en difficulté – la dyslexie par exemple – ou en situation de handicap. Certains établissements hors contrat mettent précisément en œuvre une pédagogie particulière pour ces enfants pour lesquels leurs parents considèrent que le système scolaire public actuel n’offre pas une prise en charge satisfaisante.

En outre, des contrôles pédagogiques ont lieu. Il faut distinguer le projet d’établissement qui fait l’objet d’un contrôle à l’ouverture de l’établissement et le projet pédagogique sur lequel le rectorat et l’inspection d’académie exercent un contrôle régulier. Votre amendement est donc largement satisfait, Monsieur Corbière.

Sur le contrôle des personnes susceptibles d’encadrer les élèves et d’enseigner dans les établissements hors contrat

Mme Cécile Rilhac. Madame Ménard, votre demande de suppression totale de l’alinéa 6 me dérange un petit peu, dans la mesure où la disposition que vous dénoncez permet de contrôler les personnes susceptibles d’encadrer les élèves et d’enseigner dans les établissements hors contrat, ce qui me paraît justement fondamental. En supprimant totalement l’alinéa, nous perdrions complètement ce contrôle.

Quant à votre remarque sur Maria Montessori, je vous rappelle que, par dérogation, les fonctions de direction peuvent également être exercées par des personnes issues d’autres domaines. C’est du reste le cas aujourd’hui dans l’enseignement public, où les chefs d’établissement peuvent être recrutés après avoir exercé d’autres fonctions de direction et ne doivent pas impérativement avoir dirigé un établissement scolaire. Comme l’a dit tout à l’heure M. le ministre, cela peut très bien se faire actuellement par dérogation.

Auteur : Cécile Rilhac

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