République Démocratique du Congo : un conflit oublié

Engluée dans une crise humanitaire et politique dont personne ne voit le bout, la République Démocratique du Congo (RDC) doit faire face à de multiples conflits internes qui mettent aux prises plus de 200 groupes armés.

Une conférence humanitaire était organisée à Genève il y a deux semaines en vue d’obtenir des promesses de financement à hauteur de 1,7 milliard de dollars. Cette somme permettrait de répondre aux besoins des populations, en priorité dans les provinces du Kasaï, du Nord et du Sud-Kivu.

Les chiffres font froid dans le dos. Sur une population de 94 millions d’habitants, 7,3 millions de Congolais nécessitent une aide humanitaire. Selon le responsable Onusien Mark Lowcock, « les besoins ont doublé en un an ». Avec 4,5 millions de personnes déplacées, 2,5 millions d’enfants souffrant de malnutrition, 700 000 réfugiés dans les pays voisins, la situation du pays devient catastrophique. Et pourtant, le conflit reste ce que l’on peut appeler « un conflit oublié ».

Depuis bientôt 20 ans, le pays est déchiré par la guerre. Selon l’ONG Human Rights Watch, la RDC reste actuellement le pays ayant connu le conflit le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre Mondiale.

Les conférences où les donateurs s’engagent sur des millions de dollars d’aide humanitaire ne peuvent à elles seules stabiliser une situation complexe et pour le moment inextricable. La stratégie de la tension du Président actuel, Joseph Désiré Kabila, n’arrange pas la situation du pays. Accroché à son pouvoir comme une moule sur son rocher, le fils de Laurent Désiré Kabila entraîne son pays au bord de l’abîme.

Cependant, la vérité exige de dire que le remplacement du Président actuel (bien que souhaitable) ne réglera pas à lui tout seul les immenses défis du pays.

La multiplication des groupes rebelles, la fragmentation du pays en différentes communautés antagonistes les unes par rapport aux autres, le pillage des ressources naturelles du pays par les voisins de la RDC et certaines grandes entreprises transnationales sont autant de cailloux dans la chaussure de la future administration.

Sans la reconstruction d’un État et d’une administration légitime en capacité de partager équitablement les ressources du pays en faveur de tous les Congolais et Congolaises, la RDC risque de rester pour longtemps encore un pays sous tutelle des Nations Unies ainsi qu’un lieu de souffrance pour sa population.

Auteur : Martial Le Boulh

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