Revenu de base – droit et devoir

img_5507Dans la vie, il y a des droits, mais il y a aussi des devoirs.
On entend souvent cette expression.
Elle signifie que les droits des individus doivent leur conférer des devoirs, et même qu’à tout droit il faut en contrepartie un devoir. Je peux comprendre cette logique.
Les personnes estiment que pour recevoir sa part de la société, on doit d’abord y contribuer.
Cette vision me semble fausse : il existe des droits sans contrepartie. Ainsi, le droit à la vie n’exige aucune contrepartie.
L’abolition de l’esclavage (le droit de ne pas avoir de maître) ou le droit à l’avortement ne sont pas soumis à contrepartie.
Il est donc tout à fait inexact de considérer que tout droit appelle une contrepartie.
Au-delà de ces exemples, l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme nous précise que :

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux  »

À aucun moment la DUDH ne soumet ces droits à contrepartie. Et c’est sans doute l’argument le plus pertinent à l’instauration du revenu de base inconditionnel.
En effet, le revenue de base inconditionnel est souvent présenté, à juste titre, comme un droit qui n’appellerait pas de contrepartie.
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Et quand bien même on estime qu’il y a des droits et des devoirs pour les individus, il me semble qu’il ne faut pas conditionner les droits fondamentaux (tels que reconnus par la DUDH) à une contrepartie.

Je ne me permettrai pas de déterminer si le financement d’un tel projet est possible.
Je ne me permettrai pas non plus de remettre en cause les arguments des économistes sceptiques à ce revenu et sur l’impact sur la société à moyen et long terme.

Je m’aperçois seulement que l’un des dysfonctionnement majeur de notre société aujourd’hui c’est de considérer que la situation de précarité est admissible et que l’exclusion est une banalité.
Pour « faire société » il faut commencer par ne jamais accepter que certains en soient exclus.
Au-delà de ça on peut discuter. Mais les conditions de vie digne ne sont pas négociables.
Il y a donc des droits que le revenu de base permettrait d’assurer qui ne doivent pas entrer dans le champ des droits discutables, assortis à des obligations, des devoirs.

Pour finir, je n’aime pas la notion de devoirs. Il me semble que dans un modèle avec un revenu de base inconditionnel, on parlerait davantage de « responsabilités » que de « devoirs », et on reconnaîtrait des activités très utiles à la société qui aujourd’hui ne sont pas considérées.
Je crois qu’à partir du moment où tous les individus se verront respecter dans leur intégrité humaine, alors nous pourrons vraiment « faire société ».

Vincent Mannone, MdP Marseille

Auteur : Vincent Mannone

5 commentaires

  1. Encore une fois, Vincent tu as été brillant, je suis fière de toi.

    Prendre en référence la DUDH et parler de la condition de l’humain avant tout, le droit de vivre en bonne santé, subvenir à ses besoins essentiels est un droit de naissance !

    Il ne peut absolument pas être conditionné à quelconque charte ou convention d’engagement réciproque… assortie à des devoirs imposés….

    Tu parles Avec justesse de la Notion de responsabilisation et je te rejoins complètement encore une fois.
    Car c’est cela qu’il manque aujourd’hui à notre société, les pouvoirs politiques préfèrent garder sous terreur et précarité une partie de la société afin de leur donner L’illusion d’une pseudo solution qui elle-même est conditionnée à un nébuleux projet -devoirs quasi inutile…

    Bref !!
    Vincent Président

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  2. Les gens ont tendance à réclamer leurs droits à chaque fois qu’ils en ont besoin et oublient les devoirs qu’ils ont envers leurs semblables et leur nation.
    Mon cher ami Vincent, je loue ta réflexion qui permettra sans aucun doute de remettre tout un chacun au devant de ses obligations à coté de ses acquis juridiques ou civiques.

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  3. Trés bonne reflexion. Malheureusement ce problème devient encore plus complexe quand on y ajoute le coût général de la vie actuelle. Logement, nourriture…etc. les économistes devraient se pencher dessus !

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  4. Article très pertinent. Je suis en accord avec ce que vous dites du début à la fin et j’espère que votre voix sera porté par les médias classiques, histoire de rassembler le peuple plutôt que le diviser comme ils le font depuis une dizaine d’années.

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  5. Je suis tout à fait d’accord avec ça, nombreux sont ceux qui devraient en prendre exemple, on vit et on meurt tous, on est sur Terre avec un CDD, on doit donc profiter d’aider les plus démunis pour qu’ils puissent vivre une aussi belle vie que les gens avec plus d’aisance.
    Des gens ont la CHANCE de mourir dans leurs lit paisiblement ou dans un hôpital ou même de vieillesse, combien sont ceux qui meurent car l’hôpital le plus proche est à 100 km de leur cabane ? Combien sont ceux qui ne passeront pas la barre des 10 ans parce qu ils avaient faim et soif ?! Alors arrêtons de nous plaindre parce que nous sommes fatigués de notre journée de travail, parce qu’on TRAVAILLE et que d’autres n’ont pas cette chance.
    Donc la RESPONSABILITE comme tu le dis si bien doit commencer par là, je crois.
    Merci encore Vincent pour ce texte et les autres, ça nous fait réfléchir sur beaucoup de choses et comprendre tellement la chance d’être ici.

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