Tout reste à faire…

C’est sur France Culture que j’ai entendu Robert Hue parler. Je l’avais déjà croisé au pressing. Il s’est retourné et m’a salué avec un large sourire. Robert Hue était un maire très apprécié à Montigny-lès-Cormeilles. J’étais d’accord avec ses propos à la radio et sa présentation de la situation politique. Il avait fait le même constat qu’Emmanuel Macron, mais bien avant lui, et sans ce goût du libéralisme.

Depuis l’arrivée du Front national au second tour de l’élection présidentielle de 2002, j’ai toujours milité à gauche. À gauche, oui, même si le mot est maladroit, fragile, loin de toute adresse, de toute rectitude et d’ordre. J’ai balancé le cœur à gauche, mais toujours en maintenant le cap.

De mes expériences associatives et militantes, j’ai acquis la conviction que c’est collectivement et librement que nous pouvons faire face au changement. Le mouvement doit venir du bas, comme au Mouvement des Progressistes, même s’il est toujours plus facile de le dire que de le faire. Il suffit de lire ici la richesse des contributions et on se dit que le collectif reste décisif, créatif et progressiste.

Les idées citoyennes de progrès social et écologiques dans l’élection présidentielle ont de nombreux candidats. Ils n’arrivent pas à percer. Alors je me dis que ce que j’ai pu ressentir pour Robert Hue et Christiane Taubira, je peux le ressentir pour Emmanuel Macron qui me réconcilie avec l’idée de l’indépendance, du risque, de la transgression et celui du destin commun.

C’est Gilles Deleuze qui nous disait qu’être de gauche se résumait à un horizon commun, même si ce n’est pas les mêmes hommes qui l’incarnent. La nation, le village et mon égo ne viennent qu’ensuite. Emmanuel Macron m’apporte aujourd’hui une méthodologie, une structuration. Il incarne l’ordre et la proximité, tout en laissant à chacun le soin de s’impliquer. Il mise sur l’avenir plus que sur le présent et le passé.

C’est pour cela que je soutiens Emmanuel Macron. La belle devise « Liberté, égalité, fraternité » se place au cœur de sa campagne, comme ce sentiment européen qui m’a rapproché aussi de Pierre Moscovici et de cette volonté d’arrêter d’avancer seul, mais au contraire, avec tous les Européens, même si c’est par le biais de cercles plus ou moins larges, en fonction des sujets. C’est peut être cela le pragmatisme ou l’agilité, que les oiseaux de mauvaise augure appellent l’opportunisme.

Emmanuel Macron n’a pas peur. Ceux qui l’ont rejoint n’ont plus peur. Son projet éducatif est très ambitieux. Il croit à l’école et aux fonctionnaires, à la place de la culture, à la lutte face aux inégalités sociales.

Casser l’Europe ne veut pas dire stopper la casse sociale. L’Europe permet de nous projeter plus loin.

C’est encore plus riche de travailler son projet avec des personnalités issues d’horizons différents, des inconnus et des futurs grands, notamment toutes ces femmes qui participent au débat social.

J’ai perdu ma carte du PS pour avoir soutenu une jeune candidate PRG. Je croyais perdre ma carte du MDP pour soutenir Emmanuel Macron. Je peux réconcilier mon goût pour l’entreprise avec celui d’un avenir meilleur pour le plus grand nombre.

Emmanuel Macron est ce maillon qui m’évite de tomber à nouveau dans une lutte incertaine, qui transformera peut être ma révolte en nouveau dogmatisme.

Je veux rester libre, libre de dialoguer avec tout le monde, libre de construire le débat, libre de toujours défendre l’intérêt général avant le reste. La bienveillance d’Emmanuel Macron est aujourd’hui la meilleure façon de repenser demain. Bientôt quinze ans de militantisme… Et la certitude que tout est encore à faire !

Luc Offerlé, MdP Ermont

Auteur : Luc Offerlé

1 commentaire

  1. Je salue cette initiative lucide et courageuse. Il ne faut pas se tromper d’adversaire, le danger c’est l’extrême-droite et la droite extrême. L’heure est au rassemblement, loin des egos des deux autres candidats.

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