Vénézuela : Comment sortir de la crise ?

Le 16 juillet dernier, l’opposition au régime Chaviste, la plate forme d’unité démocratique (MUD) a organisé un référendum « sauvage » dans tout le pays. De son côté, le Président Nicolas Maduro (élu en 2013 à la mort du Président Chavez) et ses alliés du Parti Socialiste Unifié du Vénézuela (PSUV) comptent sur les résultats favorables de l’élection constituante de dimanche dernier pour asseoir de nouveau sa légitimité après des mois de manifestations, grèves, blocus qui ont causé la mort d’une centaine de personnes.

Cette exacerbation des tensions entre opposition et fidèles de la révolution Bolivarienne s’annonce pleine de dangers et d’incertitudes. Chaque camp accuse l’autre d’être illégitime. Le pays s’enfonce dans une crise profonde qui impacte l’ensemble de la société vénézuélienne. Et ce ne sont pas les deux scrutins organisés en juillet qui amorceront le début d’un commencement de dialogue entre les deux forces en présence.

La « communauté internationale » ne facilite pas les choses. Chacun des deux camps mobilisent ses soutiens. L’organisation des états Américains (OEA) cherche à sanctionner le Vénézuela. Le Brésil et l’Argentine, dont les présidents connaissent actuellement des difficultés politiques importantes, accompagnent la volonté de l’OEA d’exclure le pays de Chavez de tout rôle au sein de l’organisation. De son côté, N.Maduro peut compter sur les pays de l’ALBA (Aliance Bolivarienne pour les Amériques) ainsi que sur la Russie qui dénoncent un complot des libéraux et une opposition manipulée par des puissances impérialistes et réactionnaires.

Le pire est-il à venir ? Peut-être pas ? Mais il faudrait que les puissances régionales comme internationales favorisent les personnalités qui dans chaque camp pensent que le dialogue civil est toujours mieux que la guerre du même nom. Aucune des deux forces en présence n’a intérêt à ce que cette crise se transforme en affrontement direct. Cela serait la ruine assurée. Une catastrophe économique, politique et sécuritaire dont les conséquences se feraient aussi sentir à l’extérieur des frontières du pays.

La solution passera nécessairement par la reconnaissance mutuelle de légitimité entre Chavistes et Mudistes. Cette reconnaissance mutuelle pourrait être la base d’un processus de dialogue en vue de l’organisation d’élections transparentes et contrôlées internationalement par des partenaires reconnus dans les deux camps. Ces partenaires sont au nombre de trois ou quatre : Cuba, le Vatican, les Etats-Unis et, à un moindre degré, l’Union Européenne.
A la croisée des chemins en ce mois de juillet 2017, le Vénézuéla ne doit pas être seul dans son combat contre la folie d’une guerre civile qui ne ferait que des perdants.

Martial Le Boulh, Membre du MdP Bretagne

Auteur : Martial Le Boulh

1 commentaire

  1. Malheureusement l histoire regorge de cas où les 2 parties ont plus a perdre qu’ a gagner a l absence de solution de compromis et malgré tout aucune solution n est trouvee.

    Publiez une réponse

Ajoutez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *