Alstom : une bouffée d’oxygène… pour un nouveau souffle ferroviaire

Jerome EMERIAU 2014 - www.jemeriau.comIl faut n’avoir jamais connu les difficultés, le chômage, la peur du lendemain pour rejeter et dénigrer, comme certains l’ont fait, le plan gouvernemental permettant de sauvegarder l’emploi sur le site d’Alstom Belfort. Pour eux, la soif de gouverner, l’appétit du pouvoir et la volonté d’exister dans des primaires malsaines apparaissent plus forts que la vie de milliers de familles quand ils résument les décisions prises à de simples bidouillages et bricolages.

Le mouvement des Progressistes se félicite quant à lui qu’une bouffée d’oxygène sociale et industrielle ait pu être apportée.

Cependant, la situation oblige le décideur qu’est l’Etat à revisiter ce qu’ont été durant les deux décennies son rôle et son regard vis à vis d’Alstom mais aussi de la SNCF, entreprises essentielles au développement d’un système ferroviaire français en grande difficulté.

Alors que le train sera une réponse écologiquement responsable aux évolutions démographiques, aux nouvelles mobilités, au tout routier en matière de transports marchandises et à la désertification des territoires, il serait inconcevable que des logiques autres que celle de répondre aux besoins continuent de l’emporter.

De fait, la réponse gouvernementale est aussi un appel à entrer dans une nouvelle ère ferroviaire mettant fin au vieillissement des matériels, des infrastructures et des réseaux, à la déshumanisation et à une fiscalité contraire au développement des transports propres.

On le voit, ces questions méritent débats, transparence et citoyenneté.

Laurent Dumond, membre de l’exécutif national du mdP

Auteur : Laurent Dumond

3 commentaires

  1. Merci pour cette reponse argumentee.

    Mon objection a la mesure depasse le « 1M par emploi », meme si il faut aussi voir si cette somme n aurait pas ete plus efficace ailleurs meme sur le plan humain et pas seulement economique et financier. Etant pragmatique, les risques de se faire sanctionner par les autorites del a concurrence sont reelles.

    Je suis tout a fait d accord sur l importance des emplois induits, mais aussi bien Citroen que Kodak sont de bon exemples d entreprises dans de vrais difficutles industrielles et sur lesquelles il faut faire attention a l utilisation de fonds publics pour eviter de tenter de combler le tonneau des danaides.

    Que representerait 450ME utilizes pour des startup ou de la valorization de la recherche? Cela ne serait il pas porteur de promesses d avenir et de restaurer l avance technologique francaise plutot que d essayer de fabriquer des loco que d autres font aussi bien et pour moins cher?

    Le soutien a l industrie de la voiture a cheval au debut du XXeme siècle ne lui aurait probablement pas permis de tenir jusqu au XXIeme!

    Le role de l etat dans l’energie, le transport et quelques autres est essential, mais surment pas en s’improvisant acheteur de trains, mais plutot en definissant des schemas d amenagement, en investissant sur des infrastructures. Quand au role strategique de l etat, pousser les produits Alstom France a l international me semble etre un role important de l etat (je vois personnelement depuis le cote client etranger le role essential de la diplo frnacaise dnas les vente de gros equipements). Donc pour Alstom si effectivement il y a des moyens de developer du nouveau qui pourra creer de nouveaux marches que l etat investissent et permettent a Alstom d en fair eles success de demain, de l apres TGV… mais pas en achetant des TGV pour lignes classiques.

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  2. Meme en pensant aux emplois maintenus pour le moment, je ne pense pas que l’on puisse se féliciter de la partie du plan de sauvetage consistant à l’achat de 15 rames de TGV par l’état. Il s’agit d’une aberration opérationnelle (ils ne sont pas destinés à rouler sur ligne TGV), financière (pour sauver 400 emplois dépenser / investir 450ME) et risquée (ca a toutes les chances d’être condamnée comme aide publique).

    Je pense que l’on a une fois de plus une opération politique de court terme qui se révèlera désastreuse à long terme. L’approche des problèmes que les progressistes devraient pousser est aux antipodes.

    Pousser le TGV du futur et la recherche aurait été un meilleur usage des fonds publics.

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    • Cher Pierre,
      Sans doute allez vous considérer que je suis trop humaniste pour aborder un sujet économique. Cependant permettez moi le désaccord lorsque votre première réaction à mon article consiste à mesurer la justesse du plan gouvernemental sur Alstom en mettant en parallèle le coût de l’opération au nombre de personnes concernées. 450 millions d’euros pour 400 salariés, « vous rendez vous compte plus d’1 million par péquin..; Quel gâchis » Cette approche me gêne déjà humainement mais aussi parce qu’un tel raccourci ne tient pas compte du rôle d’une entreprise dans une ville, une région. On ne mesure pas les différents coûts des pertes d’emplois notamment indirects, des conséquences sur les fiscalités locales, sur la vie dans les quartiers, etc… A t’on mesuré dans toutes leurs dimensions les impacts des fermetures de Citroën à Aulnay, de Kodak à Sevrans, d’un hôpital de proximité dans une zone rurale ? Nous vivons trop d’exemples dramatiques pour que la seule vision économiste l’emporte. Cela me conforte dans l’idée qu’il n’y aura pas de développement sain en privilégiant l’économique sur l’humain et l’environnement.
      Comme vous évoquez aussi les aides publiques il est bon de rappeler que Robert Hue a été porteur d’une loi sur l’utilisation et le contrôle des fonds publics destinés aux entreprises et que celle-ci n’a jamais été mise en place alors que des sommes considérables sont allouées. Ensuite, sans un être des fervents de l’interventionnisme d’Etat, les progressistes considèrent que celui-ci doit pleinement jouer son rôle quand les questions telles que celles des transports, énergétiques, territoriales sont posées. Or, assurément L’Etat n’a pas joué le rôle stratégique qui devait être le sien concernant Alstom et la SNCF.Il ne s’agissait donc pas en évoquant la bouffée d’oxygène de donner un blanc seing au Gouvernement.
      Enfin pour avoir débuté ma carrière professionnelle dans une entreprise sous traitante d’Alstom permettez moi de penser que l’avenir d’Alstom ne passe justement pas à se focaliser sur le seul TGV fût-il du futur mais plutôt à diversifier des productions répondant aux besoins actuellement non satisfaits et en devenir en matière de transports ferroviaires permettant d’irriguer l’ensemble des territoires. Au moment ou les système ferroviaire est en grande difficulté Alstom peut être un acteur positif et c’est aussi à cela que l’Etat doit travailler.

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