Billet d’humeur sur la pénibilité et l’âge pivot de la réforme des retraites

C’est ce vendredi que seront précisées les intentions du gouvernement, établies à partir d’une étude d’impact annexée à l’avant projet de loi sur la réforme des retraites. « Il ne faut pas désespérer Billancourt » et pourtant l’exécutif vise l’objectif de reculer l’âge moyen de départ à la retraite. L’âge pivot serait transgressé par l’alignement avec l’âge moyen de départ à la retraite des salariés du régime général (63,5 ans) avec la perspective d’une progression « à hauteur des deux tiers » des gains d’espérance de vie.

Dans sa logique comptable, le gouvernement mise ainsi sur la menace d’une décote (5%/an) poussant les salariés à travailler jusqu’à 67 ans pour annuler cette décote. La génération 1980 serait ainsi la première sacrifiée. Avec constance, ce projet du gouvernement néglige l’âge moyen des « accidents de la vie » dans le domaine de la santé (62 ans pour les hommes et 65 pour les femmes). Rappelons également qu’un actif sur deux est concerné par la pénibilité au travail (Le Monde 22/01/2020).

Le gouvernement a été surpris par le mouvement des gilets jaunes piégés par la spirale du déclassement. Désormais, l’enjeu sociétal majeur de la réforme des retraites réside dans l’antagonisme avec les actifs les plus exposés à la pénibilité. C’est le retour des gueux, des « sans dent », dans le débat public, avec l’avenir néo-libéral (radieux) en perspective…

Jean Couthures

Auteur : Jean Couthures

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