Centrale nucléaire de Fessenheim…enfin à l’arrêt !

La centrale nucléaire de Fessenheim est équipée de deux réacteurs à eau pressurisée (Westinghouse). Elle délivrait au total 1800 Mwe à puissance maximale, soit 1,5 % de l’électricité en France et la moitié de la production alsacienne.

Le 22 février dernier, le réacteur n°1 a été arrêté et sera suivi par le réacteur n°2 le 30 juin. C’est une sage décision suite à la promesse électorale de François Hollande et l’engagement de fermer la centrale sous l’impulsion de Delphine Batho en 2013. Il s’agit en effet de la plus vieille installation du parc français, couplée au réseau depuis 1977.

Son implantation posait problème dés l’origine. Elle a été située au milieu du fossé d’effondrement d’Alsace qui s’apparente à un rift, faisant craindre des tremblements de terre. De plus, à proximité de la Suisse et de l’Allemagne, ce sont quelques 930 000 habitants qui vivent à moins de 30 km de Fessenheim. Nous gardons en mémoire les déclarations rassurantes de l’exploitant Tepco à Fukushima sur la prétendue stabilité géologique. L’analogie est frappante : un risque sismique moyen à Fessenheim auquel s’ajoute le risque de submersion des installations en cas de rupture du grand canal d’Alsace, en bordure de la centrale. Cet aléa naturel pouvait conduire à un accident majeur : seule l’eau du grand canal alimentait le condenseur, sans alternative de refroidissement. On imagine les conséquences régionales d’un tel accident sur les nappes phréatiques alors que déjà les effluents radioactifs liquides (tritium, carbone 14, iode et autres produits de fission) étaient rejetés vers le Rhin par le grand canal.

Des doutes ont également été émis sur la qualité du radier du réacteur (dalle de béton) et sa capacité à résister et contenir le combustible en fusion en cas de percement de la cuve. De nombreux incidents ont été expertisés par l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN). De l’eau borée a ainsi été utilisée depuis la piscine de désactivation pour refroidir le cœur du réacteur, de façon répétée depuis l’an 2000.

Pour l’ensemble de ces facteurs qui vérifient une sous estimation du risque par EDF, la fermeture de Fessenheim était nécessaire. Par ailleurs des doutes sérieux peuvent être émis concernant la « compensation » de 400 millions d’euros pour EDF concernant la fermeture « anticipée » décidée par l’Etat. En effet, la déconstruction est estimée à 1 milliard d’euros, étalée sur plusieurs décennies. On aimerait également connaître le plan de reclassement des 700 agents de la centrale et le devenir des salariés des entreprises sous traitantes (280 salariés). Une commission parlementaire serait nécessaire pour effacer l’opacité de ce dossier et rendre enfin publiques les décisions.

Jean Couthures
délégué national à l’Ecologie du MdP.

Auteur : Jean Couthures

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