Initiatives Européennes d’Intervention : Vers une armée européenne ?

Lors de son discours du 6 novembre dernier, le Président de la République, Emmanuel MACRON, a de nouveau mis en avant le principe d’une armée européenne. Mais que recouvre cette appellation d’armée européenne ?

A priori, certainement pas une armée concurrente à l’OTAN. Non seulement les pays de l’Est de l’Europe ne l’accepteraient pas, mais les alliés de la France (Allemagne en tête) ne sont absolument pas sur cette voie. Nous pouvons le regretter car nous pensons que l’OTAN, institution issue de la Guerre Froide, n’a pas vocation à structurer ad vitam aeternam les relations Atlantiques.

Néanmoins, l’annonce en 2018 par la France de l’Initiative Européenne d’Intervention (IEI) marque une volonté politique : L’Europe souhaite à l’avenir assurer de plus en plus sa défense de manière autonome. L’un des principaux objectifs de cette IEI est bien que l’UE puisse réussir les missions dans le cadre de la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC). De plus, l’IEI prend en compte le nouveau discours (bien que l’administration Obama avait déjà débuté cette politique) du 45e Président des Etats-Unis qui souhaite que les alliés des USA développent leurs efforts en matière de Défense et d’Armement.

Les objectifs de l’IEI sont de deux types :

– Créer une structure stratégique commune entre Européens. Il s’agit de permettre aux armées des pays parties prenantes de l’IEI de conduire des opération militaires communes. Plus de cohésion, plus de réflexion, plus de planification pour une plus grande efficacité dans l’action et pour une intervention plus rapide.

– Permettre d’intégrer dans le cadre de l’IEI des pays non membres de l’Union Européenne contrairement à la Coopération structurée permanente (CSP). Ainsi, l’IEI donne la possibilité à des pays comme la Grande-Bretagne de continuer à nouer des liens stratégiques forts.

Parallèlement à l’Initiative Européenne d’Intervention (IEI), la constitution de la coopération structurée permanente et du Fonds européen de Défense (13 milliards d’euros sur 2021-2027) démontrent que les questions stratégiques de Défense et de Sécurité ne sont plus uniquement du fait des Etats et de leurs relations bilatérales mais bien dorénavant portées aussi par l’Union Européenne.

Cette accélération européenne sur des enjeux longtemps considérés comme secondaire par nombres d’Etats membres doit être encouragée et poursuivie. Ce qui n’est nullement contradictoire avec la nécessité pour la France de garder son autonomie stratégique.

Martial LE BOULH, délégué national du MdP chargé des questions internationales

Auteur : Martial Le Boulh

1 commentaire

  1. Il faut néanmoins ajouter un élément essentiel a mon sens: une armée est un outil au service d’un pouvoir politique, on pourrait même dire de politique extérieure. soyons concret, au niveau européen, entend on Federica Mogherini prendre des positions forte au nom de l’Europe? Des positions de principe et des déclarations générales oui, mais quand les sujets deviennent sensibles et demande une position forte la l’Europe redevient 27 positions indépendantes.

    Si il faut s’assurer que ce n’est pas l’incompatibilité des systemes de communication, la frequence du pas cadence des différentes forces qui empeche que l’Europe faisons un pas vers une armee Européenne, mais je ne suis pas sur qu’il ne faille pas mieux dedier les efforts a une construciton politique et démocratique européenne.

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