Les chroniques de Médusa – 1

Alors que l’épidémie se développe comme prévu, nous réalisons que nous n’étions pas prêts, que nous avons largement ignoré les alertes que des épidémiologistes nous avaient adressé après le SRAS en 2003, le MERS en 2012. Notre gouvernement a aussi largement ignoré les longs mois d’alerte des soignants sur la dégradation de notre système de santé et hospitalier. Nous avons aussi largement ignoré les premières informations que les chinois ont fournies en janvier, alors que nous avons eu la chance de ne pas être le lieu d’émergence de l’épidémie. Ces quelques semaines nous auraient permis probablement de combler quelques lacunes de nos années d’impréparation en produisant des masques & protections, en mettant en place les tests & leur logistique (réactifs, réacteurs, labos), mais aussi en préparant suffisamment de lits d’hospitalisation avec les ventilateurs appropriés, car « oh, surprise ! », ces équipements ne sont pas instantanément disponibles quand on est au cœur de l’épidémie, même s’ils sont tous sur les catalogues des leurs fabricants respectifs.

 

Alors oui, après la crise, il faudra demander des comptes, et les gouvernements successifs de Sarkozy, Hollande et Macron devront s’expliquer, sans concession et je pense que les responsabilités dans la débâcle actuelle vont je pense être bien reparties.

 

Mais ce n’est vraiment pas le moment de se livrer a ce travail sur le passé alors qu’on est dans la tempête, on doit y faire face, et coup de bol, pour la majeure partie d’entre nous, c’est pas très difficile, il n’y a pas mieux à faire que de rester strictement chez soi et respecter strictement les gestes barrière, car conséquence de ce que j’ai rapidement décrit au-dessus, nous n’avons pas à notre disposition les moyens matériel à notre disposition pour faire autre chose que de nous confiner pour limiter la saturation des moyens hospitaliers lourds qui finiront par produire de la surmortalité.

 

Je reviendrai dans un autre billet sur ce que certains d’entre nous peuvent faire pour aider face à la crise.

 

Pierre-Louis VERNHES

Auteur : Pierre Vernhes

2 commentaires

  1. Droit d’inventaire: c’est en 2004 que R.Bachelot impose la tarification à l’activité. L’hôpital devient alors une entreprise et le patient, un client. Une quête permanente de productivité empoisonne désormais les personnels : polyvalence, non remplacement des absences, journées de 12h, optimisation de tous les gestes avec pour corolaire l’ambulatoire pour les patients.L’épisode M.Touraine au ministère poursuit le processus de dégradation du service public.Près de 30 000 lits ont été fermés en 10ans et le budget réduit de 7 milliards d’euros. Résultat, nôtre pays en haut du classement international hospitalier il y a 20ans, se situe désormais à la 21ème place.”il ne sert de rien d’avoir des richesses ni aucun des autres biens sans la santé” selon Hippocrate. A méditer Mr O.Veyran…

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  2. Merci Pierre-Louis ! Oui, on peut très bien respecter et faire scrupuleusement respecter les consignes, et c’est ce que nous faisons depuis le début de la crise, et alerter dans le même temps sur l’incohérence de certaines mesures, de certaines politiques, de certaines déclarations ! Alors, oui, restons confinés chez nous, réduisons au maximum les contacts avec l’extérieur, applaudissons, dansons, chantons tous les soirs à 20h, mais rappelons haut et fort que nous réclamons depuis des mois, des années, de ce gouvernement comme de ceux d’avant, que l’hôpital public ne soit plus géré au vu de la maîtrise comptable des dépenses de santé mais au vu des besoins réels et impérieux à satisfaire dans une société qui se veut moderne…et civilisée.

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