Pour l’écologie populaire !

Compte rendu de l’atelier Ecologie Populaire organisé dans le cadre de la Rencontre nationale du MdP du 28 septembre 2019

2 ateliers de 40 minutes.
Animation : Jean-Noël Carpentier et Pierre-Louis Vernhes

L’écologie est aujourd’hui dans l’actualité quotidienne. Mais les choses ne changent ni suffisamment en profondeur ni suffisamment vite. Aujourd’hui, les études le montrent clairement, les classes populaires ont un impact carbone et une empreinte planétaire inférieurs aux classes aisées. Il s’agit plus d’une sobriété de nécessité qu’une écologie choisie du simple fait que le PIB et les consommations de ressources et les émissions de gaz à effet de serre sont très fortement corrélées.

Le défi auquel nous devons faire face est donc de devoir collectivement modérer nos consommations alors qu’aucun progrès n’a été fait dans la réduction des inégalités. Cette modération sera aussi l’occasion de réduire les inégalités.

La sobriété a pourtant tout pour pouvoir faire une écologie populaire, par le potentiel d’économies qu’elle recèle. L‘isolation thermique de l’habitation génère des économies sur la facture d’électricité, la mise en place de transports en commun pratiques et efficaces peut permettre à certains de ne pas utiliser voir de se passer de voiture, le développement de pistes cyclables sécurisées peut permettre d’aller encore plus loin en utilisant le vélo plutôt qu’un moyen de transport motorisé.

Mais, après des décennies où la mesure du progrès social a été en large part assurée par des marqueurs matériels tels que la voiture, la multiplicité de vêtements ou le degré d’exotisme et la fréquence des voyages que l’on était capable de s’offrir, il faut désormais parvenir à inverser les normes sociales. Faire changer les mentalités passe par la sensibilisation et l’éducation dès le plus jeune âge, c’est possible ! Il n’est pas si loin le temps où il était super cool de fumer à peu près partout, y compris dans les avions ! Mais il nous reste bien du travail pour que le marqueur d’une invitation à manger à la maison réussie ne soit pas l’indigestion par excès alimentaire !

On le voit beaucoup, à commencer par l’acceptation des changements qui passe par la prise de conscience. Que peut-on faire pour enclencher cela chez ceux qui ne sont pas encore passé à l’action ? C’est l’objet de réflexions en commun dans l’échange de l’atelier que nous avons eu le 28 septembre lors de la journée du MdP.

Les pistes qui en sont ressorties sont les suivantes :

Les nudges, ces petites incitations qui poussent à passer à l’action aussi bien pour la prise de conscience que pour l’efficacité de l’action elle même.
Les opérations nettoyage de l’espace public qui permettent de collecter des déchets qui n’auraient pas dû se retrouver dans l’espace public, qui rappelle à chaque participant qu’il est plus simple de ne pas laisser dans l’espace public ses déchets, mais aussi de faire prendre conscience à ceux qui voient ces opérations de ramassage qu’avec un petit effort de leur part, pour les mégots par exemple, ils auraient pu éviter à d’autres ces fastidieuses opérations de nettoyage.
Le tri par l’exemple dans les entreprises, les écoles, l’espace public, la mise en place systématique de tri sélectif ancre les bonnes pratiques chez tout un chacun.
Interdire l’exportation des déchets, et communiquer sur le coût de leur traitement, c’est responsable et cela sensibilisera les acteurs économiques, et le public.

– L’économie :

Obliger par voie réglementaire les grands acteurs économiques à changer leurs pratiques pour lever l’objection à agir des individus s’abritant derrière l’argument du « certains sont plus gros pollueurs que moi et en font moins ».

Promouvoir l’économie sociale et solidaire et la favoriser par rapport aux offres commerciales classiques.

– Alimentation :

La mise en place d’un chèque bio, sorte d’abondement pour permettre possiblement sur conditions de ressources à chacun de s’acheter des produits bio et préférentiellement locaux, au prix des produits standard. La difficulté est forte, en particulier à cause de la nourriture industrielle produite au moindre coût, que le Bio ne pourra pas concurrencer sur le plan des prix.
La mise en place de cours de cuisine pour retrouver le goût de la préparation et de la qualité nutritionnelle et gustative. Pas besoin de viser des préparations longues et complexe, mais simplement faire réaliser à chacun que préparer par exemple de la compote de pomme sera meilleur, plus économique, et ne génèrera pas les emballages que les compotes industrielles en petit pots, ou en mini-gourde plastique.
Produire des légumes localement ou supporter par la production bio locale en régie municipale.
– Sensibiliser au gaspillage les particuliers et les acteurs économiques et mettre en place des moyens de collecte et redistributions sociale et solidaire.

– Information / Education :

– La mise en place de poulaillers et jardins dans les écoles pour permettre la sensibilisation au vivant et à la nature pour les jeunes de plus en plus urbains et de moins en moins exposés aux pratiques de la campagne productrice de notre alimentation.
Mettre les questions écologiques au cœur de l’éducation avec en particulier les liens alimentation – santé.
Verdir les cours pour que la végétation redevienne un élément quotidien des enfants, mais aussi créer des espaces naturellement plus frais les jours de forte chaleur.
Faire prendre conscience à chacun du pouvoir individuel qu’il détient pour faire changer les choses par ses choix de consommation.
– Rafraichir les souvenir des expériences utopistes du XIXeme siècle pour indiquer que c’est possible.
– Inciter chacun à lancer des actions locales, pragmatiques et concrètes.
– Sensibiliser au green washing de certains acteurs s’en tenant au développement durable.
– Développer une communication positive sur les modes de vie et le fonctionnement de la transition.
– Développer le bio local dans les cantines avec la communication et l’éducation des enfants et des familles

– Végétalisation :

– Favoriser par les plans locaux d’urbanisme qui incitent ou obligent à créer des jardins sur les toits des immeubles collectifs ou tertiaires.
Intensifier l’agriculture urbaine sous forme de jardins partagés.
– Rendre à la nature sous forme de forêts des espaces tels que les friches industrielles, et autres zones polluées pour stocker du carbone, mais aussi re-ensauvager l’environnement

– Urbanisme & Logement :

Zéro artificialisation nette. Densifier l’habitat sur les zones déjà artificialisées.
– Intensifier les aides à l’isolation thermique des bâtiments sur conditions de ressource, ce sont des économies sur le long terme qui sont ainsi offertes aux ménages à la condition que l’investissement initial soit finance. La municipalité n’a principalement qu’un rôle de néo avec les bailleurs sociaux et de mobilisation des subventions de fonds Nationaux et européens.
– Montrer les dépenses économisées pour les rendre tangibles.
– Régies de quartier avec un contenu écologique et éducatif.

– Transports :

– Mettre en place une offre globale de transport en privilégiant les complémentarités du métro en zone de forte densité au transport à la demande pour faire le relai des derniers km dans les zones peu denses.
Favoriser la multimodalité, avec en particulier les aménagements permettant à chacun de prendre son vélo dans les transports pour effectuer les segments de début et de fin de trajets
– Trouver des moyens de financer la gratuité des transports pour les usagers (déjà finances entre 60 et 80% par les collectivités et les acteurs économiques)
– Mettre en place des parking sécurisés en tête de transport de masse (bus Tramway) pour les voitures, les 2 roues motorisés et les vélos.

Auteur : Pierre-Louis Vernhes

Ajoutez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial
error

Vous aimez ce contenu ? Partagez le !