Pour un nouveau système de retraite…

A la remorque des syndicats, force est de constater que les partis de gauche n’ont pas été en capacité d’innover et redonner ainsi espoir aux salariés troublés par leur ignorance des droits à la retraite. En dépit de leur ampleur, les manifestations tardent à réactiver le « tous ensemble de 1995 ». Chacun a d’ailleurs pu constater la faible représentation syndicale du secteur privé.
La confiance à long terme dans le système public d’assurance vieillesse par répartition n’est donc pas vérifiée au regard de la masse importante des cotisations (13% du PIB, soit environ 30% des prélèvements obligatoires). Il est désormais à craindre que la suspicion des « autres » à profiter d’avantage du système ne contribue à étioler le mouvement, tout en reniant le principe « à cotisations égales, retraite , égale ».

S’inspirant de la réforme menée en Suède (1994), le concept de système par points du gouvernement en diffère cependant. En Suède, la cotisation accumulée tout au long d’une carrière sur un compte individuel est géré par l’assurance vieillesse. Point crucial, les contributions bénéficient d’un taux de rendement réel supérieur à l’inflation, garanti par l’état. Le système suédois fonctionne ainsi toujours par répartition. Les cotisations des salariés financent les pensions courantes.

Faudrait-il supprimer en France les mesures compensatoires catégorielle ? Bien entendu si l’horizon est l’équité réelle. Car il est à noter que ces mesures sont non seulement présentes dans les régimes dits « spéciaux » mais aussi dans certains régimes de droit commun. Les carrières longues, hachées, les différentes formes de pénibilité doivent être prises en compte. Car la durée de la retraite ne dépend pas que de l’âge de liquidation mais aussi de la génération et de l’espérance de vie.

Je souhaite proposer de corriger les inégalités d’espérance de vie, mais aussi de ne plus pénaliser la mobilité professionnelle selon les catégories. L’espérance de vie est aujourd’hui de 74 ans pour les ouvriers et 81 ans pour les cadres. Et dans le système actuel, les travailleurs aux carrières salariales modestes subventionnent les salariés connaissant une forte progression salariale en fin de carrière.

Il conviendrait de relever le niveau des cotisations à partir d’un seuil défini par la concertation, soit environ 25 % du salaire brut (10% de part salariale + 15% de part patronale). Cela permettrait de prendre enfin en compte, pour tous, la prise en charge des enfants, les périodes de chômage ou d’inactivité. Le projet gouvernemental qui consiste à baisser les pensions mensuelles ou reporter le départ en retraite (âge pivot) n’est pas acceptable. La liquidation des pensions doit être rendue possible à partir de 60 ans, avec un possible cumul emploi-retraite permettant de compléter le capital retraite. Il convient ainsi d’admettre un décrochage relatif du revenu des retraités par rapport à celui des actifs. La jeunesse doit constituer la priorité de notre pays, ce qui ne nous dispense pas d’efforts accrus pour l’emploi des séniors.

En conclusion, la réforme des retraites en Suède s’est faite durant une période de transition de 15 ans permettant de valider des comptes individuels de cotisation financés par répartition. Le temps de la concertation, 3 mois, voulue par le gouvernement français semble bien courte à ce stade pour arriver à un consensus et écarter des mesures autoritaires décidées in fine par ordonnance. Si tel était le cas, prédisons une forte chaleur au printemps, pas seulement pour des raisons climatiques.

Jean Couthures

Auteur : Jean Couthures

1 commentaire

  1. je pense qu’une retraite unique de 2000 € pour tous servirait la justice sociale tant recherchée, les personnes n’ayant jamais eu de salaire décents permettant plus que de la survie auraient en fin de quoi se soigner, voyager, soutenir leurs proches, vivre enfin ; les plus gros salaires pouvant aisément préparer leurs compléments de retraites si 2000 € ne suffisent pas.
    L’équilibre financier cher au gouvernement est un questionnement à cause de la volonté de désengagement future de l’état pour réaffecter cet argent ailleurs. Ce désengagement et à revoir, ainsi que les réaffectations souhaitées qui me paraissent plus dirigées vers une logique de croissance et de marché que vers le social et l’écologie. Les priorités de quelques uns mettent en péril l’avenir du plus grand nombre.

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