Avec la gestion du covid19, une génération d’élèves sacrifiés ?

Le Premier ministre a présenté mardi soir devant les députés le plan de déconfinement qu’il entend mener avec son gouvernement à parti du 11 mai et notamment les dispositions relatives à une réouverture progressive des établissements scolaires.

Ne tenant plus compte du conseil scientifique qui préconise la fermeture des établissements d’enseignement jusqu’en septembre, le Premier ministre a annoncé la réouverture progressive des écoles maternelles et élémentaires à compter du 11 mai, reportant au 25 mai la réouverture progressive, en fonction des territoires, des collèges. Puis cela serait le tour, en juin éventuellement, des lycées professionnels et généraux.

Sur quel ordre de considérations ont été prises ces annonces ? Il s’agit clairement pour nous de remettre au travail les salariés entravés par la garde de leurs enfants. Mais le risque de contamination est-il réellement moindre chez les enfants ? On peut aussi émettre de sérieux doutes sur l’adaptation, dès à présent, des locaux scolaires avec des conditions d’hygiène drastiques.

Dans ce contexte, le caractère facultatif de la scolarisation est un scandale. Jean-Michel Blanquer, ancien recteur de l’académie de Créteil, devrait pourtant avoir appris quelques indications sur l’état de l’école dans les quartiers populaires.

Les menaces sur l’emploi vont donc laisser les parents face à un dilemme, facteur de stress. Le clivage dans la population entre le groupe qui accède au télé-travail et ceux qui en sont exclus est donc assumé par ce gouvernement.

Le risque est aussi celui d’une rupture d’égalité et de gratuité avec le privé qui rode, avec des cours intégralement à distance, des leçons particulières, des stages de remise à niveau pour les familles qui le peuvent. Sans doute les lycéens seront les plus pénalisés par cette année hachée qui péjore les choix d’orientation, sans possibilité de rattrapage. De plus, sur quels critères seront sélectionnés les bacheliers par les Universités ?

Nous voyons poindre l’arbitraire, allié objectif du déterminisme social. Pour notre part, nous refusons que notre pays sacrifie sa jeunesse.

Jean COUTHURES – François BECHIEAU

Auteur : Jean Couthures

3 commentaires

  1. « Nous refusons… », position déjà pas toujours simple quand quelque chose est en régime de croisière et que l’on demande de le conserver en l’état, mais pour moi totalement intenable comme conclusion quand on est dans une situation EXTRA-ORDINAIRE et qui ne peut pas durer. Que voulons-nous alors ?

    A la question que vous posez : « Mais le risque de contamination est-il réellement moindre chez les enfants ? », le rapport du conseil scientifique répondait des le 20 avril « En l’état actuel des connaissances au plan épidémique, le risque de formes graves est faible dans cette population. Le risque de contagiosité individuelle chez les jeunes enfants est incertain, mais parait faible. ». Depuis les travaux sur 600 enfants que le Dr Robert Cohen conduit semble confirmer les choses. On peut l’entendre ici. https://www.franceinter.fr/emissions/le-virus-au-carre/le-virus-au-carre-28-avril-2020 Il indique également que plus l’ages augmente plus la sensibilité se rapproche de celle des adultes. C’est aussi une justification de commencer la réouverture par les plus jeunes. Et le fait que ce soit progressif correspond vraiment a une demande de progressivité du comité scientifique.

    Comment considérer comme scandaleux le fait que le retour en classe sera facultatif, alors que bon nombre de parents développent une peur panique de l’épidémie. Je ne pense pas qu’une décision qui les auraient forcés à renvoyer leurs enfants auraient amélioré les choses, en ces temps de défiance vis-à-vis de l’autorité publique.

    Le gouvernement suggère de maintenir le télétravail dans les cas ou c est possible. Cela me semble favorable pour limiter quand c’est possible la propagation de l épidémie. Es tu contre ? je ne comprends pas ta position.

    Ce que vous décrivez comme flou, ne recouvre t il pas ce que le comité scientifique explique:
    « Ce scénario est proposé pour les deux mois suivant la sortie du confinement. Le Conseil scientifique estime qu’il est impossible à ce stade d’estimer l’évolution de l’épidémie au-delà de cette période. »
    « dans les mois qui viennent, la stratégie de contrôle devra rester très flexible et s’adapter rapidement à l’évolution de l’épidémie et des dernières avancées de la recherche. »
    Il est clair que depuis le début de cette crise nous n’avons pas toutes les connaissances scientifiques qui nous seraient utiles pour prendre les décisions au jour le jour. La connaissance et la science sont en train de se faire, et il faut malgré tout décider de ce qu’on fait.

    Je ne suis sûr de comprendre ce que tu aurais souhaité ? Que toutes les classes réouvrent plus vite pour éviter que la déscolarisation continue a aggraver la situation ? Tout laisser ferme jusqu en septembre a l italienne ou l’espagnole ou les parents ont vraiment un probleme pour faire garder leurs enfants alors que l economie reprend. Ou alors de continuer le confinement voir le renforcer encore pour 1, ou 2 mois de plus ?
    Pour ceux qui auront lu l avis du conseil scientifique du 20 avril sur le déconfinement, il recommandent « La poursuite de la stratégie avec une levée progressive, prudente et monitorée du confinement et adaptation des mesures en fonction des résultats épidémiologiques. » Il demande des prérequis, on les retrouve dans la decaration du premier ministre et le plan d’action décrit : La décrue de l épidémie a 1000/ 3000 cas par jour, la desaturation des lits de rea, le tracage des cas, des tests, le confinement des cas diagnostiques, la protection grand public et l’hygiene.
    La décision sur la suite demeure politique et pas uniquement scientifique. Le conseil recommande fortement le traçage par les téléphones mobiles. Est-on prêt a accepter cela. C’est une décision politique. De même Delfraissy s était prononce en Commission a l’assemblée pour le maintien du confinement pour les 18millions de personnes a risques, la décision politique prise a été de laisser le choix a l individu.
    PS : Correction factuelles, les collèges ce n’est pas a partir du 25 mais du 18 qu’ils réouvriront.

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    • C’est justement parce que la situation est suffisamment grave et extraordinaire que les annonces contradictoires incessantes de ce gouvernement sont insupportables pour beaucoup.

      Si l’école peut reprendre le 11 mai, sans certitude a ce jour, selon la situation sanitaire que l’on connaîtra quelques jours avant alors pourquoi pas pour tous ?

      Soit elle reprend car les garanties sont suffisantes et c’est tant mieux, et alors elle reprend pour tous, soit les garanties ne sont pas suffisantes et alors il n’y a pas de raison qu’elle reprenne pour les uns et pas pour les autres.

      Les jeunes enfants seraient moins contaminés selon l’étude mentionnée, tant mieux.

      Pensons nous vraiment que les lycéens qui n’iront pas au lycée resteront confinés chez eux, à l’abri d’une éventuelle contamination alors que l’activité économique aura repris et que nombre de parents seront au travail ?

      En Italie, les cours s’arrêtent traditionnellement début juin, même avant compte tenu des examens, soit au moins un mois avant nous. Et les modes de garde des enfants sont sensiblement différents de chez nous compte tenu d’un service public largement défaillant en la matière.

      Nous verrons bien demain ce qu’il en sera.

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      • Ce n est pas parce que dans certains domaines des regles qui s appliquent a tous sans discernement meme quand elles sont absurdes dans certains endroits (c’est le cas de l’interdiction de se promener dans la nature) qu il faut plaiser pour que l absurde s applique a tous.

        Le reprise de l enseignement est divers selon les pays d europe, mais sauf dans les cas ou les pays gardent tout fermé jusqu a la rentré de septembre, dans tous les autres cas la progressivité et les horaires partiels sont appliqués, progressivite suggerée par les conseils scientifiques.

        Plutôt que de l incantatoire, suggerons des mesures. Il y a clairement un probleme d insuffisance de salles de classe de taille suffisante. Pourquoi ne pas utiliser d autres lieux pour la classe. Faire classe en exterieur, dans les parc, ou dans la nature est pratique de façon courante ailleurs en Europe. Des salles municipales restent fermées pourquoi ne pas les utiliser. Des musées aussi ? quelle balle occasion d y transporter des classe pour des journées.

        Plutôt qu’un tout ou rien pseudo républicain, tirons parti de cette période ou il faut inventer le modèle de l après dans le domaine scolaire également.

        Nous avons longtemps penser que notre système d éducation et de sante étaient les meilleurs au monde, même si cela a été vrai ça ne l est plus. il convient donc d’évoluer

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