L’accessibilité universelle en Ile-de-France, c’est pour quand Mme Pécresse ?

Alors que 12% des Franciliennes et des Franciliens sont aujourd’hui en situation de handicap (handicap moteur, visuel, auditif, mental ou cognitif), qu’au-delà de ce chiffre 40% de la population d’Ile-de-France exprime avoir des difficultés pour se déplacer (personnes en situation de handicap, mais aussi personnes âgées, fragiles, accompagnées d’enfants en bas âge…), Mme Pécresse se réjouit et se félicite régulièrement de son bilan en terme d’accessibilité.

La réalité du quotidien des Franciliennes et des Franciliens, bien différente, la rattrape et lui oppose un indéniable démenti.

Un démenti bien sûr l’état de nos transports en IDF et leur accessibilité à toutes et tous !

Quelles que soient les réjouissances de Mme Pécresse – les habitants d’Ile-de-France sont très nombreuses et nombreux à en souffrir chaque jour – c’est plutôt aujourd’hui d’une inaccessibilité dont nous pouvons parler pour bon nombre de Franciliennes et de Franciliens !

Des usagers confrontés au quotidien à des conditions de transports particulièrement éprouvantes et usantes.

Des conditions déplorables qui affectent tout particulièrement les personnes à mobilité réduite mais, au-delà, les personnes en situation de handicap en général, les personnes âgées, les accompagnants d’enfants en bas âge…

Des gares d’Ile-de-France rendues accessibles en principe mais dont les moyens de fonctionnement ne permettent pas d’être accessibles au quotidien. Manque de personnels, de maintenance, les réparations se font souvent attendre et les accès restent inaccessibles.

Des trains bondés, saturés, dans lesquels il est pour beaucoup bien difficile, voire impossible, de monter.

Et que dire du métro ? Seules 3% des quelques 300 stations sont aujourd’hui accessibles aux personnes à mobilité réduite dans leur ensemble. Là où Londres en est à 18%, Barcelone à 82%, Tokyo à 88%.

Non, franchement, en terme d’accessibilité, le compte n’y est pas et c’est bien plutôt d’inaccessibilité dont nous pouvons hélas parler aujourd’hui du côté des transports d’Ile-de-France.

Un démenti aussi sur l’accessibilité des jeunes aux lycées

Des lycées dont l’état de vétusté avancée n’est plus à révéler, le tragique accident survenu il y a quelques semaines dans un lycée du 19e arrondissement de Paris, dont je suis élu, est là pour en témoigner.

Là encore, le retard est important ! Une cartographie réalisée avant 2015 montrait que très peu de lycées étaient alors pleinement accessibles à toutes et à tous.

Aujourd’hui, malgré une légère amélioration, près de 40% des lycées franciliens nécessitent encore des travaux importants de mise en accessibilité.

Au final, nous connaissons une situation où les lycées d’Ile-de-France sont le plus souvent inaccessibles aux jeunes en situation de handicap, des lycées laissés pour compte de la politique de la région IDF depuis 2015.

Au-delà des secteurs des transports et des lycées, pour lesquels les enjeux sont considérables pour le quotidien des personnes en situation de handicap, l’absence de politiques transversales faisant en sorte que le handicap soit au cœur de toutes les politiques publiques de la région est flagrante en Ile-de-France.

Nous voulons que cela change !

François BECHIEAU, Secrétaire national du Mouvement des Progressistes

Auteur : François Béchieau

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