Le fardeau de la dette, un défi pour l’avenir…

Le volume de la dette en France est considérable. Il s’élève désormais à 128% du PIB, situation inédite depuis 1945, mais la croissance était alors voisine de 7% par an. Le déficit est permanent depuis 1976, suite au premier choc pétrolier.

Désormais, les démagogues et les populistes des deux rives s’associent objectivement pour réclamer « l’effacement de la dette » en prévision de la présidentielle. Le retour de l’ISF, la répression de l’évasion fiscale, la taxation des successions ou l’imposition des GAFA sont des mesures de justice sociale mais ne suffiront pas à relancer une production industrielle en berne et éponger la dette. La vieille recette des bijoux de famille est aussi usée. Les services publics ont été bradés (autoroutes, aéroports en sursis…), mis en concurrence (SNCF) ou en voie de démantèlement (EDF).

Bientôt on pourra mesurer l’ampleur de la crise dès l’été 2021 quand Bercy mettra un terme aux différents modes de soutien aux entreprises. Une remontée du chômage à 11 % est également prévue avec l’arrêt des mesures partielles pour les salariés. Beaucoup s’indignent avec raison contre la fermeture d’écoles, de maternités, d’une poste ou d’un tribunal administratif. Il faut soutenir et amplifier cette mobilisation qui soutient localement le vivre ensemble.

Pourtant les vaches maigres sont notre perspective commune. Il conviendra en 2022 de changer radicalement de politique économique et s’engager dans une transition écologique globale avec la sobriété nécessaire pour éviter un effondrement. Une rupture avec le capitalisme financier et la consommation sans limite sont indispensables.

Nous devons être vigilants sur les mesures permettant de réduire les inégalités territoriales, redonner du pouvoir d’achat en revalorisant les bas salaires, se soigner et éduquer ses enfants, maintenir le droit à une retraite. Il faut refaire la société et inscrire cette démarche dans une perspective européenne permettant de restaurer la confiance, alors que la nécrose du libéralisme gagne du terrain par le biais d’un manque de solidarité.

La dette publique s’élèvera à 2798 milliards d’euros en 2021 d’après Bercy… « plus le temps passe et plus la dégradation du déficit budgétaire amplifie l’impact budgétaire de la hausse des taux » (dixit le Sénat). Le seuil d’insoutenabilité serait vite atteint si les investisseurs considèrent comme très peu probable le remboursement complet de la dette. Nous risquons ainsi « d’en prendre » pour 30 ou 40 ans dans l’hypothèse Macron II…

Jean Couthures

Auteur : Jean Couthures

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