Le piège vert.

C’est une percée sans précédent en France.
C’est aussi une percée sans précédent dans le monde.
Le score des écologistes aux municipales de 2020 est sans appel.

C’est une bonne nouvelle ! Une très bonne nouvelle même !

Mais attention ! Passées les réjouissances, méfions nous de crier et de célébrer une prise de conscience écologique du peuple français.
Le risque est grand, aveuglés par la victoire, de ne pas comprendre les ressorts de cette élection et de finalement retourner à des scores plus anecdotiques.

Sans sous-estimer le magnifique travail de rassemblement qu’ont fais tous les candidats écologistes, il faut revenir sur les circonstances du vote.

Outre la crise du Covid-19 qui a permis le lien douteux entre pandémie et écologie, plusieurs facteurs ont permis l’émergence des listes écologistes :

– Une gauche qui n’était plus que l’ombre d’elle même.
– Une alliance LR / LREM malvenue, ridicule et délétère pour les candidats de droite.
– Et un formidable travail de rassemblement des candidats écologistes.

Mais Le vote écologiste a surtout été un vote d’opposition.
Un vote d’opposition aux espoirs douchés en terme d’écologie par LREM depuis la présidentielle.
Un vote d’opposition aux maires qui ont verdi leurs programmes sans tenir leurs promesses face à l’urgence d’agir pour la transition écologique.

Certes il y a eu une vraie conscience écologique chez certains électeurs. Mais cette élection a aussi profité du vent de dégagisme qui avait permis l’avènement d’Emmanuel Macron à la présidentielle.

Qui connaissait réellement son candidat écologiste aux municipales ?

Soyons lucide, après l’élection d’Emmanuel Macron, le vote écologiste sera le dernier vote alternatif avant Marine Le Pen.
Les citoyens se sont autorisés une dernière tentative pour ne pas avoir à voter aux extrêmes.

Ne nous leurrons pas, tous ces nouveaux maires seront attendus au tournant. Plus que n’importe quel autre maire, car ils ont été élus à titre d’expérimentation.
C’est un vote pour essayer. C’est un vote contre les partis traditionnels qui n’avaient pas pris la mesure de l’urgence citoyenne.

Le défi sera tout autre aux présidentielles. Car les citoyens ne se limiteront pas aux enjeux écologiques. Et le programme économique et sociale d’EELV manque sérieusement de consistance.
Les citoyens auront, ô combien, d’autres préoccupations que d’ajouter des arbres dans leurs villes où d’imaginer une hypothétique décroissance.

C’est donc une grosse pression qui repose sur les nouveau maires écologistes :
Prouver que les forces progressistes de gauche peuvent offrir autre chose qu’une écologie caricaturale et contraignante.

Alors soyons heureux ! Soyons fiers ! mais surtout soyons des travailleurs acharnés aux services des citoyens, de tous les citoyens !

Auteur : Olivier AURIOU

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