Liberté Chérie

Le libéralisme fait partie de ces mots totem. Ces mots que l’on dénonce de manière systématique.
Pourtant le libéralisme n’a pas émergé ces soixante dernières années pour « asservir » une masse laborieuse peu consciente d’elle-même.

C’est un courant de 300 ans, pensé par la philosophie des Lumières.
Le libéralisme à l’origine, c’est d’abord des droits fondamentaux permettant, au moins en théorie, une forme d’égalité des chances à la naissance.
C’est la liberté individuelle dans un État de droit.
C’était une vision novatrice dont découlera la révolution et la Constitution française.

DOIT-ON VOILER LE MOT LIBERTÉ AUX FRONTONS DE NOS MAIRIES ?

Liberté, Égalité, Fraternité.
Un de ces mots aurait-il moins de valeur que les autres ?
Si Égalité et Fraternité sont accolés au mot Liberté c’est pour rappeler leurs nécessités à une bonne jouissance de la liberté.

Le libéralisme avait un but : l’émancipation des Êtres dans un cadre qui devait protéger les ambitions de chacun.

Le libéralisme était d’abord une protection.
Le droit de faire ses choix dans une société libre.
La liberté pour chacun de créer son entreprise.
Le droit de ne pas se faire spolier ses efforts par un être plus puissant.

L’IMPORTANCE DES RÈGLES DU JEU

Montesquieu, John Locke, Adam Smith n’ont jamais théorisé une société sans foi ni loi.
Tous ont théorisé un rôle important de l’État, garant de l’égalité entre les Hommes, de la liberté et de la bonne marche de la société.
Ils ont tous critiqué le rentier, le riche improductif.
Ils ont tous promu l’émancipation de chacun.

Le libéralisme devait mettre à portée de tous les possibilités qu’offraient l’économie.

L’ÉTAT ET L’ENTREPRISE DANS LE LIBÉRALISME

un des problèmes, aujourd’hui, c’est que l’entreprise a abandonné son rôle sociale.

L’utilisation abusive de la sous-traitance, les syndicats aux rendez-vous absents, la résignation des salariés et une gestion du Politique fataliste et court-termiste face aux défis économiques du monde contemporain ont enterré toutes possibilités de vivre collectivement mieux dans nos sociétés libres.

L’autre problème, c’est que l’État abandonne petit à petit toutes sortes de contrôles sur la légalité des actions des acteurs économiques.

L’Homme est par nature un Être concurrentiel. C’est cette nature concurrentielle qui l’a fait émerger d’entre toutes les espèces. L’Homme est depuis ses origines lancé dans une course en avant inarrêtable. Rester sur le coté, c’est disparaître.

La magie de la seconde partie du 20eme siècle, c’est que l’Homme a pour la première fois tenté de rendre cette concurrence plus juste, moins brutale, plus équitable.

Le 21ème siècle ne doit pas être celui d’un retour en arrière.

LA LIBERTÉ ET LE PROGRESSISME

Penser la liberté de chacun n’empêche pas de penser les inégalités et leurs fondements et d’imaginer les corrections à leurs apporter.
Une société « libérale » ou devrait-on dire « Libérée » doit être une société du possible pour tous.

La liberté ne doit pas être un gros mot. Il n’y a pas une bonne et une mauvaise liberté, sinon à vivre dans une société liberticide.

Sans l’apport du libéralisme dans nos sociétés, la critique même du libéralisme ne serait pas possible. C’est la société libérale qui permet aux artistes, syndicats et citoyens de dénoncer cette même société. Sans liberté, pas de syndicats.

LA LIBERTÉ ET LE BIEN COMMUN

Que devons nous préserver dans nos sociétés ? que devons nous abandonner ?
Quels droits doivent être défendus ? Quels avantages peuvent être abandonnés au profit de nouveaux ? Quelles lois n’ont plus lieux d’être ? Quelles nouvelles libertés et protections doivent être créés ?

Beaucoup de nos concitoyens ont conceptualisé un abandon de l’État. Même si en pratique cela est souvent faux. Cela démontre une inadéquation le l’offre sociale, contractuelle et législative face à ce nouveau monde qui se profile.

Il faut repenser le contrat qui lie le citoyen a son État, à son entreprise, à notre Planète.
Sinon, si tout ne semble plus avoir de sens, comment se sentir lié par des devoirs ?

Nous devons protéger les libertés de chacun. Mais nous devons regardez aussi si notre comportement porte atteinte à nos concitoyens. La nuisance de nos actes devrait être la seule limite à l’exercice de notre liberté.

Il faut retrouver l’envie de liberté, la fierté comparative de vivre en France. Penser qualité de vie, bien être collectif et accès égalitaire aux financements. En somme penser La Liberté Et Le Bien Commun.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire la superbe tribune de Martial Le BOULH (Responsable Relations Internationales MDP) sur un sujet tout aussi intéressant : Le Solidarisme. https://blogs.mediapart.fr/martial-le-boulh/blog/221019/le-solidarisme-une-voie-pour-la-gauche
Et ce magnifique poème de Paul ÉLUARD, qui en communiste convaincu, n’était pas à un paradoxe près 🙂 https://www.poetica.fr/poeme-279/liberte-paul-eluard/

Auteur : Olivier AURIOU

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