Pour que la France s’engage contre les bombardements de civils
Oct05

Pour que la France s’engage contre les bombardements de civils

Sébastien NADOT, député de Haute-Garonne et porte-parole national du MdP, est cosignataire, avec 80 autres députés, toutes sensibilités confondues, d’un appel contre les bombardements de civils. Un appel publié le 5 octobre 2018 dans La Croix Nous, parlementaires de tous horizons, demandons à ce que la France prenne part au processus d’élaboration d’une déclaration politique internationale contre les bombardements des civils. La France ne peut rester silencieuse face aux drames humains qui se jouent. En Irak, la ville de Mossoul après les bombardements, en novembre 2017. / Felipe Dana/AP La France doit être pleinement partie prenante des discussions, qui se tiennent au niveau international, pour mettre fin aux bombardements des civils partout dans le monde. En 2017, chaque jour dans le monde, 90 civils ont été tués ou blessés par une arme explosive. Les conséquences sont graves, parfois irréversibles : les armes explosives tuent, provoquent des blessures sévères (brûlures, amputations, fractures complexes, etc.), génèrent des handicaps et des traumatismes psychologiques durables. Les habitants sont forcés de se déplacer pour échapper aux bombardements et tirs, contraints de laisser derrière eux leurs biens et leurs maisons. Les armes explosives détruisent sur leur passage les infrastructures essentielles telles que les habitations, les écoles ou les hôpitaux. Une fois le conflit terminé, les conséquences dévastatrices et pérennes de l’utilisation de ces armes rendent périlleux le retour des populations dans leurs quartiers : les civils sont alors exposés au danger des armes qui n’ont pas explosé lors de l’impact – communément appelées « restes explosifs de guerre » en vertu, notamment, du Protocole V à la Convention sur certaines armes classiques. Aujourd’hui, dans le monde, 61 pays sont contaminés par des mines et autres restes explosifs de guerre qui peuvent rester actifs plusieurs décennies après les conflits. Ils entravent la reconstruction, rendent dangereux l’accès aux champs et aux services et maintiennent ainsi les pays et leurs populations dans la pauvreté et le dénuement les plus graves. Pourtant, soumis à leurs obligations de Droit International Humanitaire, les belligérants doivent protéger les personnes civiles et les bâtiments publics. Toute opération dans le cadre d’un conflit armé doit être menée dans le respect du principe de distinction entre civils et combattants. Or, lorsque 92 % des victimes d’armes explosives en zones peuplées sont des civils, est-il possible de les qualifier de dommages collatéraux ? En Irak, Syrie, au Yémen, dans les conflits actuels, le Droit International Humanitaire est régulièrement bafoué. Les villes devenues des théâtres d’opérations, sont bombardées sans distinction. Mais alors que les conflits armés se sont considérablement intensifiés dans les villes les plus densément peuplées, la mobilisation de la communauté internationale s’est réduite à la condamnation publique, bombardement...

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