Face au Covid19 et à tous les risques majeurs, il faut réviser le Plan Blanc !
Avr02

Face au Covid19 et à tous les risques majeurs, il faut réviser le Plan Blanc !

Les risques majeurs ne sont sans doute pas plus prégnants qu’hier pour la population humaine, mais mieux analysés. Une approche croisée des phénomènes permet de les relier pour soumettre au politique les enjeux afin de renforcer le système de santé publique, à mi-chemin de la médecine d’urgence et de la médecine humanitaire face aux pandémies. Le réchauffement planétaire se profile avec sa cohorte de nuisances : sécheresse et problème de l’accès à l’eau potable, incendies géants et désertification, modification des zones climatiques et perte massive de biodiversité, fonte de la banquise et inondations. Dans ce contexte on assiste désormais à la résurgence de maladies du passé mais aussi à l’apparition de nouvelles (Covid19…) par la prolifération de vecteurs ou le contact de l’homme avec des espèces infectées (volaille, porc, chauve-souris…), le trafic d’animaux sauvages. La dénégation des vaccins par des charlatans rend également plus vulnérable la population dans son ensemble face à une infection. C’est par exemple le cas de la rougeole, une des principales causes de mortalité infantile dans le monde. Quelques exemples : les zoonoses transmises par les moustiques transgressent désormais largement les zones tropicales et subtropicales d’origine en raison des déplacements massifs de population, de la déforestation, des échanges globalisés et du tourisme. Ainsi le moustique Aedès véhicule le virus Zika qui péjore gravement le développement des nourrissons mais aussi le virus de la Dengue qui induit des fièvres hémorragiques. Ce moustique a été identifié à Madère et dans le midi de la France, comme son cousin (« tigre ») Chikungunya, issu de l’océan indien. A Madagascar, le paludisme, jadis circonscrit dans les forêts, réside désormais dans les eaux stagnantes en ville. Le vibrion du choléra sévit à nouveau massivement dans les régions pauvres subissant un manque d’eau potable, une absence d’épuration des eaux usées (Haïti après le tremblement de terre), mais aussi dans les zones de conflit (Yémen). Une épidémie récente d’anthrax (maladie du charbon) dans les troupeaux de rennes en Sibérie vérifie que la fonte accélérée du pergélisol est capable de réactiver des virus infectieux pour les humains. Face à ces nouveaux périls, une réflexion globale sur le système de santé doit être engagé. Les moyens de l’hôpital public sont indignes aux Antilles, à Mayotte…mais aussi en Seine-Saint-Denis. De façon générale, les établissements restent sous dotés en personnels, manquent de lits et d’équipements adaptés. Ils sont aussi inégalement répartis sur le territoire. Il s’agit clairement des conséquences de la politique libérale de casse des services publics depuis des décennies. Au fur et à mesure du développement de la pandémie de Covid19 émergent de nouvelles questions. Le seuil de déclenchement du « plan blanc »...

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