Au nom des femmes…et de l’humanité
Juil28

Au nom des femmes…et de l’humanité

27 juillet 1927…28 juillet 2020 L’avocate Gisèle Halimi est morte à l’âge de 93 ans. Infatigable combattante de la cause des Femmes et plus largement contre toutes les injustices, l’ex députée de l’Isère nous quitte un jour après son anniversaire. Née à Tunis, dans le quartier de la Goulette, la jeune Zeiza Gisèle Elise Taieb se forge très tôt une réputation de rebelle. Rebelle à la religion, rebelle à la domination française en Tunisie, rebelle aux mœurs d’une époque qui reléguait les femmes au rang des invisibles. Mère de trois garçons (dont Serge Halimi, le rédacteur en Chef du Monde Diplomatique), Gisèle Halimi est de tous les combats émancipateurs de son époque. Elle choisit de défendre (en 1961) une jeune militante du FLN, Djamila Boupacha, accusée d’avoir posé une bombe mais surtout arrêtée, violée et torturée par des militaires Français. En 1971, elle signe le « Manifeste des 343 » publiée par le Nouvel Observateur et assume ainsi le fait d’avoir violé la loi en ayant eu recours à l’avortement. En 1972, elle défend une jeune fille de 16 ans jugée pour un avortement, ainsi que sa mère, accusée de complicité. Le procès de Bobigny devient le procès de l’Avortement et de la violence faite aux femmes par une société encore marquée par la domination masculine. Le procès de Bobigny ouvre ainsi la voie à la légalisation de l’avortement en 1974. Féministe, humaniste, progressiste, Gisèle Halimi est aussi une femme politique et une écrivaine accomplie. Dès 1965, elle apporte son soutien à la candidature de François Mitterrand à la Présidence de la République Française. En 1981, elle devient députée de l’Isère. Elle publiera une quinzaine d’ouvrages entre 1988 et 2011. Elle dira dans une interview au journal Le Monde à l’occasion de la sortie de son livre Histoire d’une Passion, que « La seule crainte, si l’on est en bonne santé, est celle de la faiblesse intellectuelle. Or je me sens en pleine capacité. Plus riche même, de l’expérience. Bien sûr, il y a certaines limites. Autrefois, pour un procès d’assises, comme celui de Bobigny, je pouvais travailler une nuit entière sur un dossier, me doucher, prendre un café et aller plaider. Aujourd’hui, je ne pourrais pas aller au-delà d’une heure du matin. Mais c’est assez minime. Ce n’est pas si désagréable de vieillir si l’on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : “Maintenant c’est fini, je suis entrée dans la vieillesse”. Entre temps, elle participe en 1978, à Aix en Provence, au procès de trois hommes accusés de viols contre deux jeunes femmes belges en 1974. Elle emporte, malgré la haine...

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