Hommage à Daniel GILLES
Avr14

Hommage à Daniel GILLES

A son épouse Jacqueline, sa fille Maud-Emmanuelle, son gendre Teddy et son petit fils Louis-Gabriel Chers amis progressistes, A l’heure où j’écris ces lignes, notre camarade Daniel Gilles n’est plus de ce monde. La maladie qui le rongeait depuis des mois l’a contraint à rejoindre « le silence éternel des espaces infinis » comme l’écrivait Pascal. Lui qui aimait tant la voile a largué les amarres et navigue désormais au large, vers des horizons inconnus mais toujours en tenant le cap de la Fraternité et de l’Humanité. Nous ne l’oublierons pas. Jamais. Nous n’oublierons pas son goût pour les mathématiques, sa passion pour le sport et le cyclisme en particulier et son amour pour le débat et la politique. A l’instar de Jaurès, nous pouvons sans nous tromper écrire que Daniel « allait à la politique comme les chevaux vont à l’abreuvoir”. Nous n’oublierons pas son humanisme, sa générosité, parfois son âpreté dans les débats. Sa vie, synonyme d’engagement, de combat, de lutte pour que vive toujours les idées de progrès, de partages , d’amitiés, de justices resteront dans nos mémoires comme dans nos cœurs. Nous n’oublierons pas ses engagements. Membre du Parti Communiste Français depuis le début des années 1980, il en devient le secrétaire départemental en 1985 à la suite du départ pour Paris de Patrick Le Hyaric, actuel Directeur du quotidien L’HUMANITE . Journal que Daniel lisait pratiquement tous les jours (en plus de beaucoup d’autres) et dont il fut un grand promoteur en fondant la Fête de L’HUMANITÉ Bretagne. Élu depuis 1989 dans cette belle ville populaire de Lorient que tous deux nous chérissions, il en devient un acteur incontournable en 1995 en tant que maire adjoint en charge des sports. Je me souviens encore très bien de notre dernier match au Moustoir pour la coupe de France LORIENT-PSG. Il était fier de défendre les couleurs d’une ville, d’un stade, d’un club dont il partageait les valeurs : Travail, Humilité, Fierté Ouvrière face à l’arrogance et la puissance de forces d’argent. En 2004, l’union des forces de Progressistes en Bretagne permet un basculement historique : La Gauche est victorieuse en BREIZH ! Amoureux de cette langue et de ses habitants, Daniel accepte la tâche que lui confie le nouveau Président de la Région Jean-Yves Le Drian : Construire et développer une politique sportive en Bretagne. Impossible d’être exhaustif sur son action mais laissez moi citer tout de même trois points essentiels : Mise en place d’un chèque sport, pérennisation du CREPS de Dinard , création de l’équipe cycliste de Bretagne. Pour différents motifs, il fait le choix en 2013 de quitter son Parti de cœur, le...

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Le Tibet : Loin des yeux, loin du cœur
Avr20

Le Tibet : Loin des yeux, loin du cœur

« Free Tibet! », «Free Tibet!”,«Free Tibet!” L’écho de slogans favorables à la cause Tibétaine résonne encore (très peu) à nos oreilles occidentales. Le dernier séjour du chef de l’Etat Chinois en France en fût un révélateur puissant. Les multiples liens que l’hexagone tente de construire avec la Chine font passer les revendications et le soutien à la cause Tibétaine au second plan. Cette situation n’est d’ailleurs pas l’apanage de la France. Tous les pays qui souhaitent avoir des relations d’affaires avec Pékin savent qu’ils doivent faire profil bas sur cette question, que la Chine considère comme une question de politique intérieure. Comme l’a récemment développé la revue The Diplomat, « la résistance à l’occupation chinoise se poursuit au Tibet, mais sa visibilité en Occident semble avoir nettement diminué depuis les années 1990 ». Deuxième fournisseur et septième client de la France, l’Empire du Milieu accroît petit à petit sa capacité d’influence sur notre politique extérieure. La vente de 300 Airbus à l’entreprise China Aviation Supplies, pour un montant de 32 milliards d’euros, justifie notre discrétion sur la question du Tibet et plus globalement sur les droits de l’homme en Chine. La leçon de 2008, annus horribilis pour les relations franco-chinoise, marque un tournant : Moins de politique et plus d’économie. Quitte à mettre son mouchoir dans sa poche et à laisser les Tibétains seuls face à la politique intégrationniste Chinoise… Dépeint comme un « dangereux séparatiste » par la République Populaire de Chine, le Dalaï Lama s’est retiré de la vie politique active depuis 2011 et n’a plus été invité à une rencontre officielle avec un Chef d’Etat en exercice depuis 2016. Soixante après l’exil de 1959, la question Tibétaine n’est donc plus une priorité pour les chancelleries occidentales, mise à part une initiative du Président Trump intitulée « Reciprocal Access to Tibet Act » peu avant Noël 2018. A l’heure où la santé du Dalaï Lama décline, alors que  plusieurs membres actifs de la cause Tibétaine disparaissent (du fait du temps qui passe), il est bon de rappeler que, depuis dix ans au moins, 155 Tibétains se sont immolés afin de protester contre la présence chinoise au Tibet. Ces actes de désespoir ne peuvent nous laisser indifférents. La Chine est un grand pays avec qui nous devons construire des relations d’amitié et de proximité. Cependant, les amis doivent pouvoir se parler franchement sur des dossiers importants. La défense des droits de l’homme, et plus spécifiquement le sort des Tibétains et des Ouighours, ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de l’argent-roi ! Martial LE BOULH, délégué national du MdP chargé des questions internationales Tags: Européennes 2019, Martial...

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Construisons l’Europe autrement !
Oct02

Construisons l’Europe autrement !

Le 29 mai 2019, les électeurs renouvelleront pour cinq ans les députés au Parlement Européen. Loin d’un rendez-vous électoral mineur, le vote de millions d’européens déterminera l’avenir de l’Union Européenne. Une majorité eurosceptique au Parlement de Strasbourg devient chaque jour de plus en plus plausible. Une tempête réactionnaire menace de faire chavirer le paquebot européen. Les conséquences des crises (sociale, migratoire, économique, démocratique, idéologique) qui traversent l’ensemble des pays de l’Union Européenne ouvrent une fenêtre d’opportunités dans laquelle s’engouffre les forces négatives du nationalisme. Cette possible coagulation de toutes les frustrations vers les institutions européennes et sa « bureaucratie » doivent être combattue par tous les Progressistes, de Droite comme de Gauche. Moment décisif afin d’éviter une glaciation aux résultats imprévisibles, les élections du mois de mai 2019 détermineront les orientations européennes pendant les cinq prochaines années. Face aux défis nombreux que nous devrons assumer collectivement, l’Union de nos Nations au sein d’un projet européen renouvelé ne peut être une option parmi d’autres : Elle est la condition indispensable à notre réussite collective. Identifiées comme un objet politique lointain, technocratique, normatif et anti-démocratique, les institutions de Bruxelles manquent cruellement de légitimité aux yeux de millions d’Européens. Cette méfiance envers la construction européenne ne date pas d’hier. Dès le discours de Robert SCHUMAN, le 9 mai 1950, les débats sur les objectifs, les institutions, les moyens et les compétences dévolues à l’Europe sont restés vifs. Souvenons-nous par exemple de l’échec du projet de Communauté européenne de défense en 1954, de l’appel de Cochin en 1978, des référendums sur le traité de Maastricht ou sur le projet de Constitution européenne en 2005. En outre, les différents contempteurs du « Léviathan Bruxellois » trouvent dans les attitudes et les discours des dirigeants de l’UE nombre d’arguments à leurs méfiances. Oui, les Institutions Européennes défendent une vision libérale de l’économie. Il suffit pour cela d’analyser les initiatives prises par les différentes commissions pour s’en rendre compte. De plus, l’interprétation des traités européens par la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) penche régulièrement dans le sens de l’économie de marché (arrêt Bosman par exemple). Oui, le déséquilibre actuel entre d’un côté les tenants de l’ordo-libéralisme (l’Allemagne et l’Autriche au premier chef) et de l’autre les pays favorables à l’introduction d’une dose de souplesse dans les règles budgétaires reste à résoudre. Colosse aux pieds d’argile, le gouvernement MERKEL se trouve actuellement pieds et poings liés. Confronté aux pressions à la fois externe (USA, Turquie, groupe de Visegrad) et interne (députés AFD, chantage CSU, précarisation de milliers de travailleurs sous l’effet des lois Hartz), Berlin continue de défendre une position intransigeante sur des questions essentielles...

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VIVA MEXICO !
Juil07

VIVA MEXICO !

Au XIXème siècle, un ancien Président de la République mexicaine avait coutume d’expliquer les difficultés de son pays par une formule restée célèbre: « Le Mexique, si loin de Dieu et si près des États-Unis ». Cette fatalité géopolitique, AMLO (Andres Manuel Lopez de Obrador) et son nouveau parti MORENA (Mouvement de Régénération Nationale) la combatte en vue de transformer profondément le pays. Avec plus de 53% des voix, cette victoire historique pour un Parti de Gauche au Mexique donne à la population l’espoir d’une amélioration de la vie quotidienne. Fatigués par la corruption endémique de la société, fatigués par les outrages verbaux du Président américain Donald Trump, fatigués par la violence, des millions d’électeurs se sont déplacés pour donner une large victoire au camp du progrès. La revendication d’une démocratie authentique, loin des affaires de corruption qui gangrène les partis politiques au pouvoir depuis 70 ans (Parti de la Révolution Institutionnelle (PRI) et Parti d’Action Nationale (PAN), explique principalement le triomphe d’AMLO. Les défis sont nombreux : Corruption, violence, développement économique, immigration, ALENA, relation Mexique-USA… Lors de sa déclaration le soir de sa victoire, Andres Manuel Lopez de Obrador a tendu la main à ses adversaires et promis que son projet permettra la réconciliation nationale. Au premier plan des priorités figure la lutte contre la corruption, fléau économique et social qui détruit petit à petit la société. La lutte contre la corruption donnera la possibilité à l’État de dégager de nouvelles recettes afin de donner à l’ensemble des Mexicains la possibilité de s’émanciper et de travailler au rayonnement du pays. L’autre axe prioritaire de la politique d’AMLO et de son équipe sera la lutte contre l’inflation de violence que connaît le pays depuis 2006 et la décision du Président CALDERON de mobiliser l’armée contre le crime organisé. 200 000 morts plus tard et une campagne électorale d’une rare violence (près de 145 morts), le Mexique fait l’objet d’un message d’alerte par la Commission des droits de l’homme de l’ONU. L’espoir du peuple du Mexique s’incarne aujourd’hui dans la figure d’un homme de 62 ans dont la troisième candidature à la Présidence de la République du Mexique a mis à terre un système que d’aucun pensait insubmersible. Cette vague populaire attend maintenant des résultats et une amélioration de son niveau et de sa qualité de vie. L’avenir d’AMLO et de la Gauche Mexicaine en dépend. Martial LE BOULH, délégué national du MdP aux relations internationales Tags: Martial Le Boulh,...

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Les défis de la Turquie
Juil04

Les défis de la Turquie

Cinq ans de plus ! Un nouveau mandat s’ouvre pour le Président (à vie ?) Recep Tayyip ERDOGAN après sa victoire dès le premier tour lors des dernières élections présidentielles et législatives. L’AKP (Parti de la Justice et du Développement) maintient sa majorité parlementaire grâce à l’accord passé avec le MHP (Parti d’Action Nationaliste). Avec cette nouvelle victoire de l’AKP, la Turquie bascule d’un système parlementaire à un système présidentiel. Malgré l’isolement du pays, la dégradation de la situation économique et la dénonciation de fraudes électorales par l’opposition, le Pacha d’Istanbul s’accroche au pouvoir suprême. Pourtant, une dynamique positive semblait prendre au sein de l’opposition. Malgré le bon score obtenu par Muharrem INCE et sa coalition (31 % des voix), malgré la résistance du Parti HDP (Parti Démocratique du Peuple) et de son leader emprisonné Selahattin Demirtas (11, 62%), la base électorale de M. ERDOGAN semble encore solide (surtout dans les campagnes et les milieux bourgeois-conservateurs de la société Turque). La Turquie continue son chemin vers le club, de plus en plus large, des démocraties dites illibérales. Cette situation ne peut qu’inquiéter les partenaires et amis de la Sublime Porte. Trois défis attendent l’hyper-Président Recep Tayyip ERDOGAN : 1) Le premier défi est la question kurde. Depuis 1984, date du début du combat armé du PKK, l’État Turque défend l’idée d’une éradication militaire complète du Parti Kurde. Cette stratégie, malgré de rudes coups portés au PKK et l’emprisonnement de son leader Abdullah OCALAN, est un échec. La question d’un règlement politique de la question Kurde doit donc être posée. 2) Le second défi est économique. Malgré une forte croissance de l’économie turque ces dernières années, le retour de l’inflation depuis quelques mois semble indiquer de possibles difficultés dans les semaines à venir. De plus, la dépréciation de la monnaie turque (La Livre) face au dollar accentue les doutes des investisseurs sur la bonne santé de l’économie du pays. 3) Le troisième défi concerne le terrorisme qui se décline de manière diverse en Turquie. Zone géopolitiquement très instable, le terrorisme y est multiforme. Puissance incontournable au cœur d’un environnement instable, la Turquie se doit de développer des partenariats avec ses voisins proches comme plus éloignés afin de contribuer à la stabilité de la région. Loin d’être une bonne nouvelle pour la démocratie dans le pays, la nouvelle victoire du Président ERDOGAN marque l’entrée de la Turquie dans un système autoritaire et liberticide. Dans ce contexte difficile pour nos amis progressistes de Turquie, le Mouvement des Progressistes (MDP) affirme son soutien et son aide à l’ensemble des forces démocratiques turques. Martial LE BOULH, délégué national du MdP aux relations internationales Tags:...

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