Billet d’humeur sur la pénibilité et l’âge pivot de la réforme des retraites
Jan23

Billet d’humeur sur la pénibilité et l’âge pivot de la réforme des retraites

C’est ce vendredi que seront précisées les intentions du gouvernement, établies à partir d’une étude d’impact annexée à l’avant projet de loi sur la réforme des retraites. « Il ne faut pas désespérer Billancourt » et pourtant l’exécutif vise l’objectif de reculer l’âge moyen de départ à la retraite. L’âge pivot serait transgressé par l’alignement avec l’âge moyen de départ à la retraite des salariés du régime général (63,5 ans) avec la perspective d’une progression « à hauteur des deux tiers » des gains d’espérance de vie. Dans sa logique comptable, le gouvernement mise ainsi sur la menace d’une décote (5%/an) poussant les salariés à travailler jusqu’à 67 ans pour annuler cette décote. La génération 1980 serait ainsi la première sacrifiée. Avec constance, ce projet du gouvernement néglige l’âge moyen des « accidents de la vie » dans le domaine de la santé (62 ans pour les hommes et 65 pour les femmes). Rappelons également qu’un actif sur deux est concerné par la pénibilité au travail (Le Monde 22/01/2020). Le gouvernement a été surpris par le mouvement des gilets jaunes piégés par la spirale du déclassement. Désormais, l’enjeu sociétal majeur de la réforme des retraites réside dans l’antagonisme avec les actifs les plus exposés à la pénibilité. C’est le retour des gueux, des « sans dent », dans le débat public, avec l’avenir néo-libéral (radieux) en perspective… Jean Couthures Tags: âge pivot, Edouard Philippe, emmanuel macron, macron, mdp, mouvement des progressistes, pénibilité, régimes spéciaux, retraite, retraite par répartition,...

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Quand nos vieux rapportent de l’or gris : La banalisation de la maltraitance institutionnelle.
Fév25

Quand nos vieux rapportent de l’or gris : La banalisation de la maltraitance institutionnelle.

Qui ne s’est jamais demandé ce qu’on allait faire de nous quand on sera vieux ? Qui s’occupera de nous ? Où va-t-on vivre quand on sera dépendant ? Pourra-t-on rester chez soi ? Comment sera prise en charge notre dépendance ? Heureusement, toutes les personnes âgées ne finissent pas complètement dépendantes mais la plupart restent encore isolées et sans surveillance. Dans la presse, on lit quelques fois des histoires à peine croyables, où des personnes sont retrouvées quelques semaines après leur décès, chez elles, à la suite d’une chute ou d’un malaise à l’issue fatale. Malheureusement, ces histoires ne sont pas exceptionnelles, les vieux nous gênent et sont abandonnés. J’ai travaillé de nombreuses années auprès de personnes âgées dépendantes, à domicile et en structure hospitalière. Je n’ai pu que constater que bon nombre d’entre elles sont abandonnées dans ces structures par leurs enfants et leur famille. Peu d’entre elles reçoivent des visites. Ces structures ne sont que de simples mouroirs. Lorsque j’étais enfant, j’étais souvent en compagnie de personnes âgées. Je passais beaucoup de temps chez mes grands-parents et on faisait la tournée de tous les vieux du village. J’aimais leur compagnie, j’aimais écouter leurs histoires passionnantes. A tel point, que j’ai décidé de suivre des études paramédicales pour m’occuper d’eux. Ma naïveté, ne m’a pas permis de comprendre tout de suite que les personnes âgées font l’objet d’une attention particulière. Cette particularité, c’est ce que l’on appelle l’« Or gris ». Oui, les personnes âgées et la dépendance rapportent de l’argent et permettent à de grands groupes privés d’attirer les investisseurs à coup de défiscalisation et de distribuer des dividendes à en faire tourner la tête. Vu de l’intérieur, ces structures ne sont que de simples hôtels pour séniors. Ce sont de beaux établissements, avec une jolie façade mais sans aucun service de qualité. Tout est réduit au minimum. Les repas sont proportionnés, les gants de toilette comptés, les changes limités et le personnel réduit au strict minimum. Les soignants sont tiraillés entre leurs valeurs personnelles, celles qui ont fait qu’ils ont choisi de devenir soignant : l’empathie, l’accompagnement, le respect des besoins, et les exigences de leur employeur qui tend à augmenter les bénéfices. On entre alors dans un véritable cercle vicieux. Ces structures sont subventionnées par l’Etat en fonction du degré de dépendance de l’établissement. Quand vous avez un soignant pour douze voire quatorze résidents, les soins deviennent une véritable course contre la montre. Il est alors impossible de respecter les besoins et on devient maltraitant par obligation. C’est ce que l’on appelle la « maltraitance institutionnelle ». Peut-on alors parler de bientraitance lorsqu’on doit faire une toilette complète en sept minutes ? Qu’à peine réveillée,...

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