Il est temps de réparer les conséquences des essais nucléaires en Algérie
Avr14

Il est temps de réparer les conséquences des essais nucléaires en Algérie

Neuf députés, parmi lesquels Sébastien NADOT, membre du MDP, demandent à Emmanuel Macron de “publier les données et les cartes des zones” des déchets résultant des campagnes d’essais nucléaires menées au Sahara dans les années 1960. Leur tribune : “La rencontre a été repoussée ‘sine die’! La cinquième session du comité intergouvernemental de haut niveau algéro-français, qui devait se dérouler ce 11 avril, avait pour volonté de s’inscrire, comme vous l’avez exprimé, M. le Président, dans un contexte d’apaisement des contentieux historiques entre la France et l’Algérie. A cette fin, vous avez pris différentes initiatives, dont la dernière en date du 9 mars demandant à faciliter l’accès aux archives classifiées relatives à la guerre d’Algérie pour ‘favoriser le respect de la vérité historique’. Vous avez désormais l’occasion d’impulser une action concrète en faveur des populations civiles et de l’environnement qui continuent d’être affectés par des déchets nucléaires enfouis par la France dans les sables du Sahara ; il vous faut la saisir. Courant février, le ciel d’une large partie de la France a arboré une teinte orangée créant une atmosphère particulière. Le sable du Sahara, porté par les vents, est à l’origine de ce phénomène. Selon les analyses de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, ce sable avait des teneurs en Césium-137 (élément radioactif) supérieures à la moyenne, mais sans danger pour l’être humain. “Cet épisode météorologique est venu une nouvelle fois rappeler que la France a laissé une empreinte radioactive indélébile au cœur du Sahara” Cet épisode météorologique est venu une nouvelle fois rappeler que la France a laissé une empreinte radioactive indélébile au cœur du Sahara. Dix-sept explosions nucléaires entre 1960 et 1966, atmosphériques et souterraines, ont été réalisées à Reggane et In-Ekker pour tester la bombe atomique française. En 2021, les connaissances sur ces essais, sur les accidents (Béryl, Améthyste, Rubis, Jade) et leurs conséquences sont nombreuses. Mais il manque toujours des informations clés, concernant les déchets (nucléaires ou non) pour la plupart enfouis volontairement dans les sables, pour assurer la sécurité sanitaire des populations résidant dans ces zones, protéger les générations futures et prendre les mesures nécessaires et appropriées en vue de la remise en état de l’environnement. En 1997, le député Christian Bataille, membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques français, reconnaissait que ‘sur la question des déchets qui auraient pu résulter des campagnes d’essais réalisées au Sahara, il n’existe aucune donnée précise’. Une étude publiée par ICAN France et l’Observatoire des armements en août 2020* a dressé pour la première fois un inventaire recensant les déchets non radioactifs (élément ferreux, bidons de bitume…), le matériel contaminé enfoui dans le...

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Quelle démocratisation pour l’accès aux grandes écoles : illusion et discriminations !
Mar19

Quelle démocratisation pour l’accès aux grandes écoles : illusion et discriminations !

La place centrale des grandes écoles (ENS Ulm, X, HEC et ENA…) est toujours vérifiée dans la formation des élites en France. En effet les fameux concours très sélectifs sont encore considérés comme un accès juste et équitable aux formations les plus prestigieuses. Pourtant cette vision archaïque ne résiste pas à l’analyse globale des inégalités d’accès, selon l’origine sociale, géographique et même le genre. La reproduction de ce modèle social semble renforcé par le refus de donner pleinement les moyens à l’Université de former les meilleurs de nos étudiants. Avec un attachement viscéral à la hiérarchie, même les profs du secondaire, encore à gauche, hésitent à remettre en question leurs prérogatives en la matière. Pourtant l’Allemagne, dont nous jalousons les compétences scientifiques et l’ingénierie ne possède pas de grandes écoles et facilite les passerelles entre enseignement général et technique. Dans une présentation percutante et sans tabou qui s’est déroulée le 16 mars dernier (séminaire LIEPP, Sciences Po Paris) Mesdames Cécile Bonneau et Georgia Thebault analysent avec rigueur les données statistiques de l ‘Education nationale pour les lycées (DEPP) et du supérieur pour le cursus des étudiants (SIES). L’efficacité des mesures qui relèvent de la « discrimination positive » est ainsi mise à plat : La charte pour l’égalité des chances dans l’accès aux formations d’excellence (2005), le Livre blanc des pratiques d’ouverture sociale (2010) qui a permis de parrainer et d’accompagner des lycéens et de modifier les modalités de recrutement, les conventions éducation prioritaire de Sc Po et les cordées de la réussite (2008). Tout cela fait sens mais doit être situé dans son contexte pour ne pas faire illusion et mesurer des ambitions modestes. La seule région Ile de France concentre 234 grandes écoles, soit 25% des étudiants de niveau Bac +3/5. Paris réunit 18% des grandes écoles contre 17% pour la petite et la grande couronne ce qui illustre l’hyper concentration au détriment des autres régions. Ainsi seules les grandes métropoles s’en sortent. Sur le terrain le taux d’accès aux grandes écoles est de 14% pour les élèves de Paris contre 6% des élèves du Val de Marne par exemple. 61% des étudiants en grande école sont issus de la filière scientifique (S) et il est à noter que 38% de ces étudiants sont issus de classe préparatoire (CPGE) et 39% d’écoles privées post-fac. Dans un lycée de banlieue, déjà à la peine pour offrir le panel des formations, les chances pour un élève d’accéder à une CPGE sont quasi nulles car 8% des lycées de Paris concentrent les meilleurs enseignants et la Région abonde les établissements privés au détriment de tous les autres. A cela s’ajoute...

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Chine : « Les Etats européens doivent arrêter de sacrifier le respect des droits humains au bénéfice de quelques multinationales »
Mar07

Chine : « Les Etats européens doivent arrêter de sacrifier le respect des droits humains au bénéfice de quelques multinationales »

Une centaine d’élus écologistes, parmi lesquels Benoît Hamon, Sandra Regol, Michèle Rivasi, Julien Bayou ou Pascale Roux, porte-parole nationale du MDP, réclament, dans une tribune au « Monde », que l’Union européenne ne ratifie pas l’accord commercial qu’elle a signé le 30 décembre 2020 avec la Chine, tant que celle-ci continue sa politique d’éradication à l’encontre des Ouïgours. Une Tribune publiée le 12 février 2021 dans le Monde. En ce 12 février débute le Nouvel An chinois. Témoignage de la persistance à travers les âges de la culture dominante en Chine, celle des Han (ethnie majoritaire à l’échelle du pays), cette tradition ne saurait pourtant occulter la richesse et la diversité de la société chinoise : l’immense territoire chinois regroupe en effet de nombreuses cultures et populations dont les traditions sont souvent méconnues, voire censurées par le pouvoir en place. Ainsi, des rapports de plus en plus nombreux et étayés attestent depuis 2016 de la politique d’éradication culturelle menée par le régime de Pékin à l’encontre des Ouïgours, population musulmane turcophone, habitant principalement la province du Xinjiang. Arrestations arbitraires, internements dans des camps de « rééducation », soumission au travail forcé, campagnes de stérilisation perpétrées à l’encontre des femmes, contraceptions et avortements forcés, destruction des lieux de culte, prélèvements d’organes, interdiction de parler leur langue, interdiction de donner un prénom musulman à leur enfant et même persécutions au-delà des frontières… La liste des violations et des crimes commis à l’encontre de la communauté ouïgoure semble sans fin. Comme les Tibétains En parallèle, Pékin facilite la migration de Chinois han dans la région du Xinjiang : les Ouïgours sont ainsi en passe d’y devenir minoritaires. Comme pour les Tibétains, à terme, c’est l’existence même de cette population, avec sa culture et ses spécificités, qui est menacée. Kazakhs, Ouzbeks et Mongols sont exposés au même risque en tant que minorités ethniques : le Parti communiste chinois est sans pitié contre celles et ceux qui pourraient contester son autorité sur le territoire chinois. Hongkong en a aussi fait les frais, la répression contre l’opposition démocratique aux représentants de Pékin étant féroce. Selon l’ONG Human Rights Watch, entre un et trois millions de Ouïgours sont actuellement enfermés dans des camps où il leur est appris à oublier leur culture, leur religion, à coups de sévices, et où ils sont forcés à produire des biens que nous, Européens, consommons parfois sans même le savoir. Ces violations des droits humains permettent ainsi à des multinationales – dont certaines européennes – de réduire leurs coûts de production : un rapport de l’Institut australien de politique stratégique a ainsi identifié, en février 2020, plus de quatre-vingts entreprises bénéficiant de ce travail forcé. Pour éluder leurs responsabilités,...

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Appel à la panthéonisation de Gisèle Halimi
Mar06

Appel à la panthéonisation de Gisèle Halimi

Plusieurs associations et personnalités, parmi lesquelles François Béchieau, secrétaire national du Mouvement des Progressistes, proposent de faire rentrer au Panthéon l’avocate Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet dernier. Un rassemblement se tiendra dimanche 7 mars à 11h, place du Panthéon, à Paris. Gisèle Halimi au Panthéon : aux grandes femmes, la patrie reconnaissante Le 28 juillet dernier, Gisèle Halimi nous quittait. Née à Tunis en 1927, Gisèle Halimi fut de bien des grands combats du siècle précédent et de notre siècle. En effet, Gisèle Halimi, avec constance, mit le droit au service de plusieurs grands combats : le combat contre le colonialisme et les inévitables crimes en découlant, le combat féministe mais également celui en faveur des droits des personnes LGBT. C’est ainsi que, dès les années 1950, Gisèle Halimi, en tant qu’avocate, prit la défense des militantes de l’indépendance de l’Algérie, emprisonnées et trop souvent torturées et violées dans les geôles françaises. A cet égard, la défense de la militante Djamila Boupacha permit tout particulièrement de dénoncer les conditions faites aux femmes algériennes se battant pour leur liberté. En 1971, elle fut la seule avocate signataire du « Manifeste des 343 » en faveur de la légalisation de l’avortement. Ce combat pour la légalisation de l’avortement, elle le poursuivit en participant, aux côtés de Simone de Beauvoir, à la fondation de « La cause des femmes ». Elle fit prendre à ce combat un envol décisif en 1972 lors du procès de Bobigny où elle obtint l’acquittement de plusieurs des prévenues accusées d’avoir avorté, commettant ce qui était alors un délit dans le droit français. Ces actions jouèrent un rôle fondamental dans l’adoption de la loi Veil légalisant l’IVG en 1975. C’est encore elle qui contribua à ce qu’une loi de 1980 définisse clairement le viol comme un crime, avant de s’engager en faveur de la parité en politique. Enfin, alors qu’elle était devenue députée en 1981, Gisèle Halimi contribua, aux côtés de Robert Badinter, à l’élaboration et au vote, en 1982, de la loi abrogeant la différence de la majorité sexuelle pour les rapports homosexuels. Toute la vie de Gisèle Halimi fut ainsi tournée vers des combats en faveur de l’égalité, de l’émancipation, de la liberté et de la dignité, combats qu’elle poursuivit jusqu’à la fin de sa vie dans toutes les fonctions et à toutes les tribunes qui s’offraient à elle. Enfin, Gisèle Halimi fut toute sa vie – par ses origines judéo-berbères, ses combats, ses nationalités – un trait d’union entre les deux rives de la Méditerranée. C’est pourquoi, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes de cette année 2021, nous demandons...

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Procès de l’agent orange – Solidarité avec les victimes !
Jan26

Procès de l’agent orange – Solidarité avec les victimes !

Ouverture du procès historique de l’agent orange : solidarité et justice pour les victimes du Vietnam, du Cambodge et du Laos. Dès 1961, l’armée américaine a procédé à des épandages aériens de l’agent orange, puissant défoliant visant à détruire les cultures et la forêt. Ce poison, fabriqué par Monsanto et Dow chemicals, a permis d’éradiquer toute végétation avant que le napalm et les bombes à fragmentation ne tentent de mettre fin à la résistance contre l’impéralisme. Ce sont quelques 84 millions de litres qui ont été déversés en 10 ans, détruisant 43 % des terres arables et 44% de la forêt. Alors que la guerre est terminée depuis 45 ans, on estime que trois millions de personnes souffrent encore des conséquences de cet écocide. En effet, la dioxine composante de l’agent orange, est une molécule très stable dans l’environnement, avec une forte affinité pour les lipides. Des cancers, lymphomes et leucémies, en résultent, mais aussi la cécité, le diabète et des malformations congénitales. La compétence restaurée en 2013 en France du juge en matière de droit international permet enfin d’attaquer Monsanto et Dow chemicals. Merci Madame Tran To Nga de dénoncer, au nom de l’humanité, ce crime de guerre. Jean Couthuresmembre du bureau national du Mouvement des...

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