La Seine, acteur majeur de la qualité de l’air à Paris
Jan18

La Seine, acteur majeur de la qualité de l’air à Paris

D’un point de vue écologique et sanitaire, les grandes métropoles ultra denses – et Paris en est une, tout particulièrement par sa densité très importante – n’ont pas que des désavantages, loin s’en faut. La compacité de leur mode d’organisation permet par exemple de réaliser des économies d’échelle considérables au niveau de l’énergie et des ressources consommées par leurs habitants, réduisent notre dépendance à la voiture, et elles sont également les villes où l’on marche et flâne le plus volontiers le long des rues, ce qui a des conséquences favorables sur la santé de leurs habitants. Cependant, leur talon d’Achille reste bien souvent la pollution de l’air et le manque d’espace vert. Le paradoxe, c’est que pour pouvoir correctement fonctionner, de telles villes dépendent d’équilibres écologiques et naturels très fragiles qu’elles se doivent de ne pas oublier dans leur développement, ce qui est hélas trop souvent le cas à l’occasion de tels ou tels grands travaux. A l’instar de Stuttgart, ville pionnière en la matière, la plupart des grandes villes allemandes, de Francfort jusqu’à Münich, disposent aujourd’hui de « corridors d’air frais » intégrés directement au sein de leurs propres plans d’urbanisme. Des plans d’urbanisme qui prévoient tous de limiter tant les constructions que les plantations tout au long de leur cours. Et cette bonne idée de « corridors d’air frais », au vu des bons résultats jugés bénéfiques qu’elle a pu produire ici et là, a commencé à s’exporter bien au-delà du microcosme allemand et tout particulièrement en Chine. En France, on ne peut en revanche qu’être surpris par la timidité des programmes ciblant ou tentant de prendre en compte la « santé urbaine », là où pourtant, une bonne partie de nos proches voisins s’y mettent désormais avec entrain et grand enthousiasme. A Paris, malgré le fait que la capitale soit aujourd’hui la plus densément peuplée d’Europe, rien ne semble avoir été pensé ces dernières années pour préserver la santé humaine des habitants de Paris. Les constructions continuent à se faire au gré des programmes commerciaux sans véritable étude d’impact sur la qualité de l’air et les « corridors de ventilation », pourtant devenus ailleurs un des outils de planification urbaine les plus innovants. Et les constructions continuent à se faire tout particulièrement autour de la Seine, formidable espace naturel à préserver et qui constitue le corridor de ventilation le plus évident à l’échelle de Paris et sa banlieue. Chaque construction, quelle qu’elle soit, devrait y être minutieusement pesée et réfléchie afin de ne pas créer d’effets désastreux sur le micro-climat urbain parisien. Il n’en est hélas rien ! A l’instar de ces grandes places très minérales...

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Le fardeau de la dette, un défi pour l’avenir…
Déc17

Le fardeau de la dette, un défi pour l’avenir…

Le volume de la dette en France est considérable. Il s’élève désormais à 128% du PIB, situation inédite depuis 1945, mais la croissance était alors voisine de 7% par an. Le déficit est permanent depuis 1976, suite au premier choc pétrolier. Désormais, les démagogues et les populistes des deux rives s’associent objectivement pour réclamer « l’effacement de la dette » en prévision de la présidentielle. Le retour de l’ISF, la répression de l’évasion fiscale, la taxation des successions ou l’imposition des GAFA sont des mesures de justice sociale mais ne suffiront pas à relancer une production industrielle en berne et éponger la dette. La vieille recette des bijoux de famille est aussi usée. Les services publics ont été bradés (autoroutes, aéroports en sursis…), mis en concurrence (SNCF) ou en voie de démantèlement (EDF). Bientôt on pourra mesurer l’ampleur de la crise dès l’été 2021 quand Bercy mettra un terme aux différents modes de soutien aux entreprises. Une remontée du chômage à 11 % est également prévue avec l’arrêt des mesures partielles pour les salariés. Beaucoup s’indignent avec raison contre la fermeture d’écoles, de maternités, d’une poste ou d’un tribunal administratif. Il faut soutenir et amplifier cette mobilisation qui soutient localement le vivre ensemble. Pourtant les vaches maigres sont notre perspective commune. Il conviendra en 2022 de changer radicalement de politique économique et s’engager dans une transition écologique globale avec la sobriété nécessaire pour éviter un effondrement. Une rupture avec le capitalisme financier et la consommation sans limite sont indispensables. Nous devons être vigilants sur les mesures permettant de réduire les inégalités territoriales, redonner du pouvoir d’achat en revalorisant les bas salaires, se soigner et éduquer ses enfants, maintenir le droit à une retraite. Il faut refaire la société et inscrire cette démarche dans une perspective européenne permettant de restaurer la confiance, alors que la nécrose du libéralisme gagne du terrain par le biais d’un manque de solidarité. La dette publique s’élèvera à 2798 milliards d’euros en 2021 d’après Bercy… « plus le temps passe et plus la dégradation du déficit budgétaire amplifie l’impact budgétaire de la hausse des taux » (dixit le Sénat). Le seuil d’insoutenabilité serait vite atteint si les investisseurs considèrent comme très peu probable le remboursement complet de la dette. Nous risquons ainsi « d’en prendre » pour 30 ou 40 ans dans l’hypothèse Macron II… Jean...

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L’accessibilité universelle en Ile-de-France, c’est pour quand Mme Pécresse ?
Déc14

L’accessibilité universelle en Ile-de-France, c’est pour quand Mme Pécresse ?

Alors que 12% des Franciliennes et des Franciliens sont aujourd’hui en situation de handicap (handicap moteur, visuel, auditif, mental ou cognitif), qu’au-delà de ce chiffre 40% de la population d’Ile-de-France exprime avoir des difficultés pour se déplacer (personnes en situation de handicap, mais aussi personnes âgées, fragiles, accompagnées d’enfants en bas âge…), Mme Pécresse se réjouit et se félicite régulièrement de son bilan en terme d’accessibilité. La réalité du quotidien des Franciliennes et des Franciliens, bien différente, la rattrape et lui oppose un indéniable démenti. Un démenti bien sûr l’état de nos transports en IDF et leur accessibilité à toutes et tous ! Quelles que soient les réjouissances de Mme Pécresse – les habitants d’Ile-de-France sont très nombreuses et nombreux à en souffrir chaque jour – c’est plutôt aujourd’hui d’une inaccessibilité dont nous pouvons parler pour bon nombre de Franciliennes et de Franciliens ! Des usagers confrontés au quotidien à des conditions de transports particulièrement éprouvantes et usantes. Des conditions déplorables qui affectent tout particulièrement les personnes à mobilité réduite mais, au-delà, les personnes en situation de handicap en général, les personnes âgées, les accompagnants d’enfants en bas âge… Des gares d’Ile-de-France rendues accessibles en principe mais dont les moyens de fonctionnement ne permettent pas d’être accessibles au quotidien. Manque de personnels, de maintenance, les réparations se font souvent attendre et les accès restent inaccessibles. Des trains bondés, saturés, dans lesquels il est pour beaucoup bien difficile, voire impossible, de monter. Et que dire du métro ? Seules 3% des quelques 300 stations sont aujourd’hui accessibles aux personnes à mobilité réduite dans leur ensemble. Là où Londres en est à 18%, Barcelone à 82%, Tokyo à 88%. Non, franchement, en terme d’accessibilité, le compte n’y est pas et c’est bien plutôt d’inaccessibilité dont nous pouvons hélas parler aujourd’hui du côté des transports d’Ile-de-France. Un démenti aussi sur l’accessibilité des jeunes aux lycées Des lycées dont l’état de vétusté avancée n’est plus à révéler, le tragique accident survenu il y a quelques semaines dans un lycée du 19e arrondissement de Paris, dont je suis élu, est là pour en témoigner. Là encore, le retard est important ! Une cartographie réalisée avant 2015 montrait que très peu de lycées étaient alors pleinement accessibles à toutes et à tous. Aujourd’hui, malgré une légère amélioration, près de 40% des lycées franciliens nécessitent encore des travaux importants de mise en accessibilité. Au final, nous connaissons une situation où les lycées d’Ile-de-France sont le plus souvent inaccessibles aux jeunes en situation de handicap, des lycées laissés pour compte de la politique de la région IDF depuis 2015. Au-delà des secteurs des transports et des lycées,...

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Lycées : Egalité des chances avez-vous dit Monsieur le Ministre ?
Nov07

Lycées : Egalité des chances avez-vous dit Monsieur le Ministre ?

Plateformes APB, Parcours-Sup, les procédures d’admission qui se succèdent n’en finissent pas d’entretenir la hiérarchie sociale de l’enseignement supérieur dans notre pays. Et pourtant, qui s’interroge aujourd’hui sur le rôle des universités dans la reproduction des inégalités territoriales et sociales, sur l’adéquation entre le nombre de candidats et de places ? Sur la dimension marchande de l’offre par l’incitation faite aux bacheliers à se comporter comme des « clients » ? Des universités qui acceptent aujourd’hui la concurrence entre établissements, cloisonnent les filières et adoptent les modes de recrutement des filières sélectives pour les bacheliers (classes prépa). Un modèle libéral de « gestion des flux » qui contribue à réduire les chances de mobilité sociale des élèves des classes populaires au terme de leur cursus et qui permet aux autres, de toujours concevoir leur éducation comme un « placement » car ils sont assurés d’un soutien économique parental et d’un bagage culturel acquis. Un modèle conservateur qui a traversé l’Atlantique et qui sort hélas renforcée de la dernière période dans notre pays. Un modèle cependant nuancé par de pseudo visées égalisatrices qui visent à légitimer les choix politiques et administratifs par des programmes « d’égalité des chances » ou de « discrimination positive » pour les élèves. Face à la massification de l’enseignement supérieur depuis 1980, des filières courtes (IUT, STS) ont été créées avec de petites composantes universitaires dont la vocation d’origine à former la masse des bacheliers de filières technologiques a été détournée. Sans les doter des moyens nécessaires, la démarche a été d’accepter les meilleurs bacheliers généraux, leur permettant d’échapper ainsi au premier cycle de l’université. Ce choix contestable a donc accentué de façon directe la ségrégation des bacheliers issus des classes populaires, aggravée pour les bacheliers professionnels. La Cour des comptes a d’ailleurs suggéré d’amplifier l’offre de formations courtes et de les réorganiser, afin de réduire l’abandon des études par les étudiants, « l’accueil de tous se double d’une sélection par l’échec » (F.Dubet, 2000). Depuis 2017, Parcoursup contraint les candidats à formuler un « projet de formation motivé » pour chaque vœu formulé, rendant leur profil plus « attractif » pour les formations. Le MdP dénonce les carences de ce dispositif bureaucratique avec le problème des nombreux recalés. Cette situation a rendu nécessaire la nomination d’un 2ème professeur principal en terminale en charge de l’orientation, la création de pseudo « semaines de l’orientation » dans les bahuts, des visites de salon…etc. En raison du couperet arbitraire de l’avis des profs (favorable ou non) et de la faiblesse des informations destinées aux familles, on s’éloigne encore de la nécessaire autonomie des élèves face à une...

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Sahara Occidental – Gdeim Izik : Le droit à la colère
Nov07

Sahara Occidental – Gdeim Izik : Le droit à la colère

Gdeim Izik : Le droit à la colère. La colère qui a permis de poser les termes du conflit. Par Naâma Asfari à la prison de Kénitra, le 28 octobre 2020. Dans le célèbre passage de « La phénoménologie de l’esprit » qui est la dialectique de la maitrise et de la servitude, Hegel décrit le conflit entre deux individus menant à l’asservissement du plus faible. Je perçois d’abord l’autre comme une menace pour mon identité. S’engage alors une lutte à mort pour la reconnaissance à la suite de laquelle, le dominé reconnaît la supériorité du dominant. Mais cette relation n’est pas figée. Le dominant a en effet besoin du dominé pour être reconnu en tant que maître. En ce sens, il n’est pas autonome. Le dominé accède quant à lui à la reconnaissance de lui- même à travers son travail qui lui permet de façonner son identité, niée d’abord par le dominant. Aujourd’hui, on peut déchiffrer la lutte du peuple sahraoui dans les Territoires occupés à cette lumière. On peut lire au prisme de cette dialectique du dominant/dominé le mouvement de la résistance sahraouie, et faire la lumière sur l’évènement Gdeim Izik en 2010, moment historique dans le combat pacifique du peuple sahraoui. Pourquoi Gdeim Izik exprime-t-il une colère du peuple? La colère, ce grand refoulé des trois dernières décennies « ni guerre, ni paix » revient au premier plan aujourd’hui avec ce qui se passe à Guerguerat depuis le 20 octobre 2020, une manifestation pacifique organisée par des civils venus des Campements de réfugiés sahraouis de Tindouf et des Territoires libérés pour célébrer Gdeim Izik et contester la présence négative de la MINURSO-Mission des Nations Unies pour l’Organisation du Référendum d’autodétermination pour le Sahara Occidental . Pour comprendre tout ça, rien de tel que de lire « Colère et temps », un essai du philosophe allemand Peter Sloterdijk, paru en 2006, qui se lit comme une prophétie, désormais un classique de la philosophie politique. Selon Sloterdijk, la colère est le moteur principal de l’histoire. « Elle est la chose du monde la mieux partagée », l’auteur fait du thymos, concept inventé par Platon pour désigner une partie de l’âme liée à la fois aux émotions et à la fonction sociale de l’individu, le coeur des actions de la vie politique. Comment puiser dans la colère passive pour créer de la colère active, constructrice? C’est le ressort complexe que tentent tant bien que mal d’actionner mouvements et partis politiques, comme l’explique Peter Sloterdijk. Le héros mythologique Achille est la première incarnation de cette colère bouillonnante, imprévisible, donc dangereuse. C’est pourquoi la question de son orientation est cruciale. Comme...

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