Chine : « Les Etats européens doivent arrêter de sacrifier le respect des droits humains au bénéfice de quelques multinationales »
Mar07

Chine : « Les Etats européens doivent arrêter de sacrifier le respect des droits humains au bénéfice de quelques multinationales »

Une centaine d’élus écologistes, parmi lesquels Benoît Hamon, Sandra Regol, Michèle Rivasi, Julien Bayou ou Pascale Roux, porte-parole nationale du MDP, réclament, dans une tribune au « Monde », que l’Union européenne ne ratifie pas l’accord commercial qu’elle a signé le 30 décembre 2020 avec la Chine, tant que celle-ci continue sa politique d’éradication à l’encontre des Ouïgours. Une Tribune publiée le 12 février 2021 dans le Monde. En ce 12 février débute le Nouvel An chinois. Témoignage de la persistance à travers les âges de la culture dominante en Chine, celle des Han (ethnie majoritaire à l’échelle du pays), cette tradition ne saurait pourtant occulter la richesse et la diversité de la société chinoise : l’immense territoire chinois regroupe en effet de nombreuses cultures et populations dont les traditions sont souvent méconnues, voire censurées par le pouvoir en place. Ainsi, des rapports de plus en plus nombreux et étayés attestent depuis 2016 de la politique d’éradication culturelle menée par le régime de Pékin à l’encontre des Ouïgours, population musulmane turcophone, habitant principalement la province du Xinjiang. Arrestations arbitraires, internements dans des camps de « rééducation », soumission au travail forcé, campagnes de stérilisation perpétrées à l’encontre des femmes, contraceptions et avortements forcés, destruction des lieux de culte, prélèvements d’organes, interdiction de parler leur langue, interdiction de donner un prénom musulman à leur enfant et même persécutions au-delà des frontières… La liste des violations et des crimes commis à l’encontre de la communauté ouïgoure semble sans fin. Comme les Tibétains En parallèle, Pékin facilite la migration de Chinois han dans la région du Xinjiang : les Ouïgours sont ainsi en passe d’y devenir minoritaires. Comme pour les Tibétains, à terme, c’est l’existence même de cette population, avec sa culture et ses spécificités, qui est menacée. Kazakhs, Ouzbeks et Mongols sont exposés au même risque en tant que minorités ethniques : le Parti communiste chinois est sans pitié contre celles et ceux qui pourraient contester son autorité sur le territoire chinois. Hongkong en a aussi fait les frais, la répression contre l’opposition démocratique aux représentants de Pékin étant féroce. Selon l’ONG Human Rights Watch, entre un et trois millions de Ouïgours sont actuellement enfermés dans des camps où il leur est appris à oublier leur culture, leur religion, à coups de sévices, et où ils sont forcés à produire des biens que nous, Européens, consommons parfois sans même le savoir. Ces violations des droits humains permettent ainsi à des multinationales – dont certaines européennes – de réduire leurs coûts de production : un rapport de l’Institut australien de politique stratégique a ainsi identifié, en février 2020, plus de quatre-vingts entreprises bénéficiant de ce travail forcé. Pour éluder leurs responsabilités,...

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Appel à la panthéonisation de Gisèle Halimi
Mar06

Appel à la panthéonisation de Gisèle Halimi

Plusieurs associations et personnalités, parmi lesquelles François Béchieau, secrétaire national du Mouvement des Progressistes, proposent de faire rentrer au Panthéon l’avocate Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet dernier. Un rassemblement se tiendra dimanche 7 mars à 11h, place du Panthéon, à Paris. Gisèle Halimi au Panthéon : aux grandes femmes, la patrie reconnaissante Le 28 juillet dernier, Gisèle Halimi nous quittait. Née à Tunis en 1927, Gisèle Halimi fut de bien des grands combats du siècle précédent et de notre siècle. En effet, Gisèle Halimi, avec constance, mit le droit au service de plusieurs grands combats : le combat contre le colonialisme et les inévitables crimes en découlant, le combat féministe mais également celui en faveur des droits des personnes LGBT. C’est ainsi que, dès les années 1950, Gisèle Halimi, en tant qu’avocate, prit la défense des militantes de l’indépendance de l’Algérie, emprisonnées et trop souvent torturées et violées dans les geôles françaises. A cet égard, la défense de la militante Djamila Boupacha permit tout particulièrement de dénoncer les conditions faites aux femmes algériennes se battant pour leur liberté. En 1971, elle fut la seule avocate signataire du « Manifeste des 343 » en faveur de la légalisation de l’avortement. Ce combat pour la légalisation de l’avortement, elle le poursuivit en participant, aux côtés de Simone de Beauvoir, à la fondation de « La cause des femmes ». Elle fit prendre à ce combat un envol décisif en 1972 lors du procès de Bobigny où elle obtint l’acquittement de plusieurs des prévenues accusées d’avoir avorté, commettant ce qui était alors un délit dans le droit français. Ces actions jouèrent un rôle fondamental dans l’adoption de la loi Veil légalisant l’IVG en 1975. C’est encore elle qui contribua à ce qu’une loi de 1980 définisse clairement le viol comme un crime, avant de s’engager en faveur de la parité en politique. Enfin, alors qu’elle était devenue députée en 1981, Gisèle Halimi contribua, aux côtés de Robert Badinter, à l’élaboration et au vote, en 1982, de la loi abrogeant la différence de la majorité sexuelle pour les rapports homosexuels. Toute la vie de Gisèle Halimi fut ainsi tournée vers des combats en faveur de l’égalité, de l’émancipation, de la liberté et de la dignité, combats qu’elle poursuivit jusqu’à la fin de sa vie dans toutes les fonctions et à toutes les tribunes qui s’offraient à elle. Enfin, Gisèle Halimi fut toute sa vie – par ses origines judéo-berbères, ses combats, ses nationalités – un trait d’union entre les deux rives de la Méditerranée. C’est pourquoi, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes de cette année 2021, nous demandons...

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Procès de l’agent orange – Solidarité avec les victimes !
Jan26

Procès de l’agent orange – Solidarité avec les victimes !

Ouverture du procès historique de l’agent orange : solidarité et justice pour les victimes du Vietnam, du Cambodge et du Laos. Dès 1961, l’armée américaine a procédé à des épandages aériens de l’agent orange, puissant défoliant visant à détruire les cultures et la forêt. Ce poison, fabriqué par Monsanto et Dow chemicals, a permis d’éradiquer toute végétation avant que le napalm et les bombes à fragmentation ne tentent de mettre fin à la résistance contre l’impéralisme. Ce sont quelques 84 millions de litres qui ont été déversés en 10 ans, détruisant 43 % des terres arables et 44% de la forêt. Alors que la guerre est terminée depuis 45 ans, on estime que trois millions de personnes souffrent encore des conséquences de cet écocide. En effet, la dioxine composante de l’agent orange, est une molécule très stable dans l’environnement, avec une forte affinité pour les lipides. Des cancers, lymphomes et leucémies, en résultent, mais aussi la cécité, le diabète et des malformations congénitales. La compétence restaurée en 2013 en France du juge en matière de droit international permet enfin d’attaquer Monsanto et Dow chemicals. Merci Madame Tran To Nga de dénoncer, au nom de l’humanité, ce crime de guerre. Jean Couthuresmembre du bureau national du Mouvement des...

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La Seine, acteur majeur de la qualité de l’air à Paris
Jan18

La Seine, acteur majeur de la qualité de l’air à Paris

D’un point de vue écologique et sanitaire, les grandes métropoles ultra denses – et Paris en est une, tout particulièrement par sa densité très importante – n’ont pas que des désavantages, loin s’en faut. La compacité de leur mode d’organisation permet par exemple de réaliser des économies d’échelle considérables au niveau de l’énergie et des ressources consommées par leurs habitants, réduisent notre dépendance à la voiture, et elles sont également les villes où l’on marche et flâne le plus volontiers le long des rues, ce qui a des conséquences favorables sur la santé de leurs habitants. Cependant, leur talon d’Achille reste bien souvent la pollution de l’air et le manque d’espace vert. Le paradoxe, c’est que pour pouvoir correctement fonctionner, de telles villes dépendent d’équilibres écologiques et naturels très fragiles qu’elles se doivent de ne pas oublier dans leur développement, ce qui est hélas trop souvent le cas à l’occasion de tels ou tels grands travaux. A l’instar de Stuttgart, ville pionnière en la matière, la plupart des grandes villes allemandes, de Francfort jusqu’à Münich, disposent aujourd’hui de « corridors d’air frais » intégrés directement au sein de leurs propres plans d’urbanisme. Des plans d’urbanisme qui prévoient tous de limiter tant les constructions que les plantations tout au long de leur cours. Et cette bonne idée de « corridors d’air frais », au vu des bons résultats jugés bénéfiques qu’elle a pu produire ici et là, a commencé à s’exporter bien au-delà du microcosme allemand et tout particulièrement en Chine. En France, on ne peut en revanche qu’être surpris par la timidité des programmes ciblant ou tentant de prendre en compte la « santé urbaine », là où pourtant, une bonne partie de nos proches voisins s’y mettent désormais avec entrain et grand enthousiasme. A Paris, malgré le fait que la capitale soit aujourd’hui la plus densément peuplée d’Europe, rien ne semble avoir été pensé ces dernières années pour préserver la santé humaine des habitants de Paris. Les constructions continuent à se faire au gré des programmes commerciaux sans véritable étude d’impact sur la qualité de l’air et les « corridors de ventilation », pourtant devenus ailleurs un des outils de planification urbaine les plus innovants. Et les constructions continuent à se faire tout particulièrement autour de la Seine, formidable espace naturel à préserver et qui constitue le corridor de ventilation le plus évident à l’échelle de Paris et sa banlieue. Chaque construction, quelle qu’elle soit, devrait y être minutieusement pesée et réfléchie afin de ne pas créer d’effets désastreux sur le micro-climat urbain parisien. Il n’en est hélas rien ! A l’instar de ces grandes places très minérales...

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Le fardeau de la dette, un défi pour l’avenir…
Déc17

Le fardeau de la dette, un défi pour l’avenir…

Le volume de la dette en France est considérable. Il s’élève désormais à 128% du PIB, situation inédite depuis 1945, mais la croissance était alors voisine de 7% par an. Le déficit est permanent depuis 1976, suite au premier choc pétrolier. Désormais, les démagogues et les populistes des deux rives s’associent objectivement pour réclamer « l’effacement de la dette » en prévision de la présidentielle. Le retour de l’ISF, la répression de l’évasion fiscale, la taxation des successions ou l’imposition des GAFA sont des mesures de justice sociale mais ne suffiront pas à relancer une production industrielle en berne et éponger la dette. La vieille recette des bijoux de famille est aussi usée. Les services publics ont été bradés (autoroutes, aéroports en sursis…), mis en concurrence (SNCF) ou en voie de démantèlement (EDF). Bientôt on pourra mesurer l’ampleur de la crise dès l’été 2021 quand Bercy mettra un terme aux différents modes de soutien aux entreprises. Une remontée du chômage à 11 % est également prévue avec l’arrêt des mesures partielles pour les salariés. Beaucoup s’indignent avec raison contre la fermeture d’écoles, de maternités, d’une poste ou d’un tribunal administratif. Il faut soutenir et amplifier cette mobilisation qui soutient localement le vivre ensemble. Pourtant les vaches maigres sont notre perspective commune. Il conviendra en 2022 de changer radicalement de politique économique et s’engager dans une transition écologique globale avec la sobriété nécessaire pour éviter un effondrement. Une rupture avec le capitalisme financier et la consommation sans limite sont indispensables. Nous devons être vigilants sur les mesures permettant de réduire les inégalités territoriales, redonner du pouvoir d’achat en revalorisant les bas salaires, se soigner et éduquer ses enfants, maintenir le droit à une retraite. Il faut refaire la société et inscrire cette démarche dans une perspective européenne permettant de restaurer la confiance, alors que la nécrose du libéralisme gagne du terrain par le biais d’un manque de solidarité. La dette publique s’élèvera à 2798 milliards d’euros en 2021 d’après Bercy… « plus le temps passe et plus la dégradation du déficit budgétaire amplifie l’impact budgétaire de la hausse des taux » (dixit le Sénat). Le seuil d’insoutenabilité serait vite atteint si les investisseurs considèrent comme très peu probable le remboursement complet de la dette. Nous risquons ainsi « d’en prendre » pour 30 ou 40 ans dans l’hypothèse Macron II… Jean...

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