Vivre en bonne santé et assurer le bien-être humain

L’ambition numéro 3 du programme universel des Nations-Unies pour le développement durable doit permettre, à l’horizon 2030, « à tous de vivre en bonne santé » et promeut « le bien être de tous à tous âges”. Pour atteindre cet objectif, les 193 membres de l’ONU s’engagent dans la définition de politiques favorisant l’accroissement du budget de la santé ainsi que le recrutement, la formation, le perfectionnement et le maintien en poste des personnels de santé dans les pays en développement. De plus, chaque état participe par ses actions à réduire le nombre de décès et de maladies dus à des substances chimiques dangereuses, à la pollution de l’eau, de l’air et des sols.

Objectivement, nous ne pouvons qu’applaudir face aux objectifs et ambitions portés par les ODD (objectifs de développement durable) pour 2030. Cependant, plusieurs obstacles ralentissent l’atteinte des cibles prescrites par l’ONU.
Le premier de ces nombreux obstacles, et peut être le plus puissant, semble être le désintérêt des décideurs politiques ou industriels pour ces enjeux. En effet, comment ne pas faire un parallèle entre les ambitions avancées et les choix budgétaires des états ou les stratégies des milieux d’affaires visant à vendre toujours plus de SUV alors que nous connaissons tous la nocivité de ce type de véhicules.

Il faudrait une vraie « révolution culturelle » pour atteindre les objectifs du développement durable pour 2030. A l’heure où ces lignes sont écrites, il manque 18 millions de personnels médicaux dans les pays en développement. Soit l’équivalent de la population de New-York ou Tokyo. L’ensemble des corps de métiers sont touchés par cette pénurie (médecins, infirmières, sages femmes…) dont les conséquences sur la vie (et pour beaucoup la mort) de millions d’hommes, de femmes et d’enfants à travers le monde.

Cette situation de pénurie de personnels médicaux ne touche pas uniquement les pays pudiquement appelés les moins avancés. Elle se retrouve de plus en plus dans nos pays. La France, bien que souvent citée en exemple pour son système de santé, semble chaque jour plus concernée par ce phénomène. La lutte actuelle des personnels des urgences est à ce titre symbolique. Depuis plus de six mois, un nombre exponentiel de services d’urgences dénoncent le manque de personnels, de lits, de moyens pour pouvoir assurer sereinement une mission essentielle : SOIGNER.

Face à ce phénomène mondial de sous effectif chronique, de manque de personnels, d’absence de reconnaissance et d’investissement dans les politiques sanitaires et de santé, nous devons prendre conscience que les virus comme les polluants ne connaissent nullement les frontières et les cours des bourses mondiales. Il est temps de dire clairement que le modèle économique actuel (le capitalisme) ne peut résoudre les défis mondiaux de lutte contre la pollution, les substances chimiques ou l’accès aux médicaments et aux vaccins.

Il nous faut inventer un nouveau modèle qui passera certainement par de nouvelles formes de financements (sur le principe du pollueur/payeur), de nouvelles pratiques agricoles (déjà à l’œuvre dans plusieurs régions du monde), de nouvelles interventions publiques (état, collectivités locales, conseils de quartiers), de nouveaux modes de déplacements…

THE CLOCK IS TICKING comme le disent nos amis anglais.

Martial LE BOULH, Délégué régional du MdP Bretagne

Auteur : Martial Le Boulh

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