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La crise du blé

L’Egypte et ses 100 millions d’habitants sont sous la menace d’une crise du blé. La souveraineté alimentaire revient sur la table, du fait des conséquences de la guerre en Ukraine. La tonne de blé approche les 400 euros, soit le double de son prix à fin 2021. La Russie et l’Ukraine représentent, à eux deux, 30% des exportations  mondiales. Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a poussé un cri d’alarme le 14 mars dernier face à « la menace d’un ouragan de famines (…) ».

Il faut s’attendre à des troubles sociaux, provoqués par la faim, parmi certains pays importateurs de blé. Premier importateur de blé au monde pour ses plus de 102 millions d’habitants, l’Egypte se fournit à 85% auprès auprès de la Russie et de l’Ukraine. Une quarantaine d’autres pays parmi les plus pauvres au monde importent au moins un tiers de leur blé de la Russie et l’Ukraine. Dix-huit d’entre eux en dépendent à plus de 50%. Le souvenir des émeutes de la faim, les « émeutes du pain » en Tunisie dans les années 80 ou dans d’autres pays arabes entre 2008 et 2010, rejaillit. Dans certains pays touchés par les ondes de choc financières, comme le Yemen, le Soudan, la Syrie, le Liban (…), le risque est accru en matière d’insolvabilité, et d’arrêt du développement. Dans l’urgence, sont en train d’émerger d’autres pays grands producteurs, l’Australie, les Etats-Unis et l’Argentine et qui ont commencé à exporter davantage.

La France est bien placée avec une capacité d’exportation correspondante à la moitié de sa production de blé et pourrait récupérer en partie le marché ukrainien.

L’Inde va prendre une place plus importante comme pays producteur de blé, elle qui a déjà quadruplé ses exportations depuis fin janvier 2022, et prévoit de les décupler d’ici à 2023, notamment auprès des pays dont les besoins se sont accentués (Bosnie, Soudan, Nigeria, Iran). Dans le même temps, l’Inde développe ses moyens de transport et de stockage pour assurer ses nouvelles livraisons.

« Mais de nombreuses incertitudes demeurent dans la situation volatile de la guerre en cours » ajoute Arthur Portier, consultant d’Agritel.

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