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La Hongrie selon Orban

Dans les rues de Budapest chaque supermarché décline ses mesures de rationnement face à l’inflation. Chez Aldi on ne peut pas acheter plus de six litres de lait par personne. Chez Tesco, pas plus de trois boites d’oeufs. Seuls les prix de quelques denrées alimentaires sont cadrés sur leur valeur à octobre 2021. En se faisant réélire pour la 4ème fois en tant que Premier Ministre de Hongrie, Viktor Orban se définit comme le recours ultime face à l’inflation la plus élevée de l’Union Européenne, soit 21,1% et 43% pour l’alimentaire.

Dans un Aldi de la capitale, une vieille dame fait ses courses dans un caddy d’enfant. Elle explique qu’elle « n’a plus les moyens de remplir un vrai chariot ». Zoltan Kesz, militant actif du Consumer Choice Center, et ancien député d’opposition, confie à qui veut l’entendre que le « blocage de certains prix  amène à deux conséquences: l’augmentation sur d’autres produits et le rationnement ».

Entre les mois d’octobre 2021 et octobre 2022, le pain blanc a augmenté de 92%, le beurre de 87%, et les cuisses de poulet de 65%, selon KSH, l’agence hongroise des statistiques. Les factures d’énergie ont été multipliées par six depuis le 1er octobre, et bon nombre d’établissements touristiques ont préféré fermer leurs portes pour tout l’hiver. De plus, trop d’argent a été concentré sur le secteur immobilier et les prix ont flambé.

Désormais privé d’une partie des fonds européens – du fait de la réaction de Bruxelles face aux attaques d’Orban contre l’Etat de Droit européen – n’a pas empêché son parti le FIDESZ d’enregistrer encore 53% d’intentions de vote aux élections générales.

Orban, en Europe, est la figure d’un nationalisme qui dérange : le « petit dictateur » s’est arrangé pour que les membres et votants du FIDESZ deviennent bénéficiaires de substantielles baisses d’impôts, voire d’un 13ème mois de retraite. Vous avez dit démocratie ? … Ou clientélisme ?

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