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A propos de l’alliance populaire initiée par le PS

Le Parti socialiste peine à relancer l’idée d’alliance populaire. Pour tenter de convaincre déjà en son sein il fait un constat : la gauche est divisée, la gauche est morcelée.

Comme le PS, chacun est à même de le vérifier et au moins autant que lui on peut le regretter. Mais face à l’ampleur des difficultés à surmonter, face à la somme des questions posées à la gauche française, les réponses à apporter ne sauraient se résumer, malgré notre attachement viscéral au rassemblement, à répondre à des appels à l’union aussi incantatoires qu’intéressés.

Bien sûr qu’il y a urgence à ce que les forces de gauche radicales et réformistes, écologistes et progressistes, gouvernementales ou pas s’interrogent sur les raisons des ruptures électorales et idéologiques que nous vivons.

Oui, il y a urgence à comprendre les sentiments d’éloignement et d’inutilité qu’expriment les citoyens à l’égard des politiques. Urgence à mesurer les raisons de désaveux visant des fonctionnements politiques apparaissant plus aptes à sauvegarder les intérêts propres à chaque formation que l’intérêt général. Mais devant cette dure mais palpable réalité, il ne suffira vraiment pas que le parti le plus influent à gauche dise « suivez notre panache rose » pour que le rassemblement soit naturel.

La volonté et l’envie d’unité sont réelles mais jouer sur les cordes sensibles du « attention la droite revient » et du plus inquiétant danger extrémiste pour appeler à l’alliance est bien insuffisant face à la diversité des enjeux et des évolutions politiques en cours.

Depuis toujours, pour rassembler, il faut lever des préalables touchant au premier chef celui qui aspire à organiser ce rassemblement. Le premier à lever est étroitement lié à la situation politique et à la contrainte institutionnelle en interrogeant le Parti socialiste sur la réalité des marges de manœuvre qu’il possède réellement pour prétendre structurer l’alliance en vue de 2017. Puisque tel est l’objectif.

La question est légitime tant le PS est dépendant des orientations et propositions du gouvernement, tant il est pris dans la nasse de l’inversion du calendrier électoral et dans l’attente de la décision de l’homme qui en son nom serait susceptible de porter le rassemblement. Rien que cela laisse peu de place à un rassemblement où l’identité et la sensibilité de chacun seraient respectées, où chacun trouverait sa place et apporterait sa pierre à la reconstruction nécessaire.

Ensuite, comment évoquer les rassemblements futurs sans se rappeler les comportements unitaires passés ? Si les dernières départementales et régionales ont été des moments de vérité avec les électeurs, elles ont été aussi des moments de vérité entre formations et partenaires. Le PS ne peut oublier les manquements qui ont été les siens. Incontestablement, la volonté de sauver les meubles socialistes a été dans ces moments bien plus important que celle de rassembler pour mieux résister ensemble.

De tous temps, la gauche française a été traversée par le rapport de force, la tentation hégémonique et  le choix du renfermement sur soi au lieu de l’ouverture aux autres dans les moments difficiles. Alors, quand trop souvent aujourd’hui le symbolique remplace l’analyse, que les signes l’emportent sur le concret, une alliance artificielle serait préparer les échéances à venir de la pire des façons.

Nous avons besoin de nous écouter, de nous respecter, d’apprendre des uns et des autres et cela sera le minimum vital si l’on aspire à un rassemblement qualitativement différent que celui visant à rassembler pour soi en ayant besoin des autres.

L’heure n’est pas seulement à s’allier pour tenter de faire face. L’heure est à mettre en commun les sommes de compétences et d’intelligences individuelles et collectives afin de redonner la confiance et l’envie à un peuple de gauche en plein doute  sur la volonté de ses représentants à faire cet examen de conscience. C’est donc à un type de rassemblement inédit, citoyen, populaire que le mouvement des Progressistes appelle. La gravité de l’état de la gauche est telle qu’elle ne supporterait pas le raccourci d’une nouvelle alliance artificielle.
Pour le mouvement des Progressistes
Laurent Dumond

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