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Entretien avec Claude Pinon, représentant régional du Mup Bourgogne

Xavier-Gauthier-2-copie1-450x300Il n’est plus élu, mais Claude Pinon est aujourd’hui le représentant régional du Mouvement unitaire progressiste de l’ancien secrétaire général du PCF Robert Hue. Un mouvement qui compte peser lors des prochaines cantonales.

Le Mouvement unitaire progressiste de Bourgogne, lancé nationalement par l’ancien secrétaire général du PCF Robert Hue, a moins d’un an. Son représentant régional, Claude Pinon, croit en son étoile. « Quelle est la formation politique dans l’histoire qui a pu voler de ses propres ailes en si peu de temps », lance l’ancien élu communiste dijonnais. Le MUP, qui a raté la marche des régionales – « c’était trop tôt » – avance aujourd’hui ses idées de réformes quelles soient pour les retraites ou les institutions (voir ci-dessous). Mais l’avenir, c’est aussi les cantonales, une élection qui peut être favorable à la gauche, ce qui serait une première depuis… 1982.

Et le MUP veut participer à cette éventuelle bascule. « La conquête du conseil général par la gauche va se jouer à un poil… », précise Claude Pinon qui annonce également que «  le mouvement pourrait présenter entre 4 et 8 candidats en milieu rural, mais on mettra peut-être aussi un pied dans l’urbanité ». Avec l’étiquette Force de progrès ? « Nous sommes ouverts à toute discussion avec nos partenaires potentiels et naturels, en particulier le PS, mais cela se fera avec leur soutien ou non. »  Claude Pinon exclu lui-même d’être candidat, même pas suppléant. « D’autres le seront », réplique l’ancien conseiller régional. « Rien n’est arrêté. Le PC dit qu’il sera dans 21 cantons, on verra. Quand on sera prêt, on dira de notre côté notre nombre de candidats et les noms. Pour l’instant, c’est les discussions avec les partenaires ». Même avec le PCF ? Improbable. Le MUP avait fait les frais des négociations entre PS et parti communiste lors des dernières régionales. Et on n’a pas entendu dire que la hache de guerre était enterrée…

Le MUP et…

… les retraites

«  La retraite, c’est un problème sociétal profond. Il faut sortir de cette logique à la c…, que tout le monde partage, y compris à gauche, qui consiste à dire que si l’homme vit plus longtemps, il doit travailler plus longtemps. On aurait dit cela aux salariés de 1936, ils n’auraient jamais eu de congés payés ! Eux-mêmes vivaient plus longtemps que leurs ancêtres du siècle précédent. La vie n’est pas réductible au travail. Un homme, qui est à la retraite à 55 ans, il lui reste 40 ans de vie. Pourquoi faire ? Pour la vie en société, pour aider les jeunes à acquérir des connaissances, mais aussi à dépenser de l’argent pour participer à l’économie… »

… leur financement

« Pour financer les retraites, outre développer l’économie et l’emploi, il faut faire payer les grandes fortunes, les sociétés au même titre que les salariés. Il y a également le budget de l’armement. Nous sommes le troisième producteurs dans ce secteur après les Etats-Unis et la Chine. C’est 32 milliards d’euros de dépenses en France par an. On propose d’en prendre le quart. »

… sur la réforme des institutions

« Nous voulons une 6e République. Beaucoup de gens disent aujourd’hui, y compris à droite, que ce n’est plus possible qu’un seul homme ait autant de pouvoir. Le président ne doit plus être élu au suffrage universel, mais élu par les de grands électeurs (sénateurs, députés, députés européens, conseillers régionaux, généraux et les maires). On le voit bien aujourd’hui avec un président aussi « risqué » que celui-là, pour rester sympathique, cela nous emmene dans le mur. »

… le Sénat

« Nous voulons que le sénteur soit élu au suffrage universel direct. Le Sénat ne doit plus être un hémicycle de mandarins. Il faut que le parlement  ait les pleins pouvoirs et que le Sénat soit l’interface entre la population et le Parlement. »

… le conseil général

 » Nous sommes pour la transformations des conseils généraux. Ce n’est pas normal que certains conseillers généraux comptent pour une voix et représentent moins de 1 000 électeurs, et d’autres, qui comptent également pour une voix, soient élus par des dizaines de milliers d’électeurs. Il faut que les conseils généraux représentent plus la population dans sa diversité. »

… localement

« Le MUP  en Côte-d’Or comprend des communistes, mais aussi des socialistes encore encartés, y compris des élus, et des syndicalistes. C’est ouvert à tout le monde. Ce ne sont pas des déçus du PCF. J’y suis encore adhérent, mais il faut dépasser les partis. Il y  a une période historique, celle qui a commencé en 1920, qui s’achève pour les partis de gauche. Nous sommes dans une période de recomposition de la vie politique et on veut y participer. Dan ce contexte, je peux vous dire que ce n’est pas de la tarte… »

… le nombre d’adhérents

« Je pourrais vous dire que l’on est 100 ou 1 000. Le PCF dit qu’ils sont encore 130 000, le PS, 150 000, c’est faux. C’est comme les manifs… »

Propos recueillis par Cyrill Bignault et parus le 02 octobre 2010 dans Le Bien Public.

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