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La transition écologique chez Stellantis

La fin programmée du moteur thermique, annoncée pour 2035, a accéléré la transition du moteur électrique vers les batteries électriques. Le géant Stellantis, résultat de la fusion en 2019 de PSA et de Fiat Chrysler, participe à la gigafactory de batteries d’ACC (Automotive Cells Company). Une co-entreprise réunissant Stellantis à Mercedes-Benz et TotalEnergies, doit sortir de terre l’année prochaine à Douvrin dans le Nord-Pas-de-Calais.

La fermeture de la fonderie en 2005 a marqué le début du déclin, elle a sonné la fin du circuit intégré, du tout fait sur place, moulage des pièces, usinage et montage. Aujourd’hui Stellantis Douvrin emploie 1336 personnes pour 2800 moteurs par jour. L’usine produit encore trois modèles de moteur. Le diesel assure encore le plus gros des ventes, 1500 par jour, mais sa production va s’arrêter en 2023. Un des deux moteurs essence et hybride rechargeable va être délocalisé en Hongrie, avant fin 2024.

« Ils prennent l’excuse de la transition énergétique, mais cela ne les gêne pas de fabriquer des moteurs thermiques ailleurs », s’agace un salarié syndiqué à la CGT. La Direction promet un système de vases communicants: la montée en charge d’ACC et ses besoins d’ouvriers qualifiés vont compenser la baisse d’activité du thermique. Un autre syndiqué à la CGT s’indigne: « Dès l’année prochaine, on perd la moitié de la production. Le compte n’y est pas. Comment signer un accord qui met à la porte 800 personnes ? Ma plus grosse crainte, ce sont les opérateurs au montage. Je ne les vois pas intégrer ACC, à part avec des mois de formation ». La gigafactory sera entièrement automatisée, et aura besoin de conducteurs de machines, pas d’ouvriers habitués au travail à la chaîne.

« Pour nous, il n’y a pas de problèmes d’adéquation des compétences de nos gens avec les besoins d’ACC », rétorque le Directeur de Stellantis Douvrin. « Notre but, c’est que personne ne reste sur le carreau. La gigafactory a la capacité d’accueillir tout le monde ». Elle prévoit de 1400 à 2000 recrutements d’ici à 2030. « Mais c’est compliqué de se projeter, reconnaît un syndicaliste. On ne connait pas les horaires et les conditions de travail ». Chaque salarié a reçu une simulation individualisée de son éventuel transfert. Un espace emploi et accompagnement a ouvert au sein de l’usine. « On nous contraint de passer à l’électrique, mais la France n’est pas vraiment prête » Il pense notamment aux faiblesses du réseau des bornes rechargeables.

La Région a la volonté de devenir le spot de la batterie automobile, avec la construction de deux autres gigafactories, l’une à Douai, chez Renault, l’autre à Dunkerque.

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