L’eau, bien commun de l’humanité, est-elle en péril ?

L’eau n’est pas une marchandise mais elle fait pourtant l’objet d’une attention particulière des grands groupes mondialisés. Par l’intermédiaire d’Engie, dont l’Etat est actionnaire, il est encore temps de dénoncer le rachat de Suez par Véolia. Cette fusion n’aura sans doute pas une influence directe sur le prix de l’eau, 4,03 euros/m3, mais sur l’emploi dans les métiers de la production d’eau potable, de la surveillance sanitaire de sa qualité et enfin  de l’assainissement des eaux usées. Au profit des actionnaires, cette incidence sera sans doute variable selon le choix timoré des collectivités en France qui hésitent encore entre la délégation de service public et la régie directe.

            Le Mouvement des Progressistes a toujours défendu l’idée d’un service public de l’eau capable d’affronter les défis à venir : diminution de la ressource en lien avec le réchauffement climatique, disparités régionales en terme de pollutions qui impactent les aquifères et augmentent le coût de l’assainissement, nécessité d’améliorer la qualité en s’attaquant aux métaux lourds en trace, aux perturbateurs endocriniens qui affectent la santé au cours du temps.

            Face aux grands groupes qui exportent leur savoir-faire prépondérant dans l’activité et déterminant pour leur chiffre d’affaire et ont ainsi une responsabilité directe pour l’accès à l’eau, une charte mondiale s’avère nécessaire pour accompagner le développement humain dans les pays pauvres.

Allons-nous admettre que l’usage individuel de 3 litres d’eau par jour au sahel soit taxé ? Est-il raisonnable qu’une ville comme Mexico – 20 millions d’habitants – ne dispose d’un réseau de distribution d’eau potable que pour la moitié des habitants ? Et que dire de la situation critique de Djakarta, construite sur des marécages, dont les rivières servent de collecteurs des eaux usées et des ordures qui se déversent directement dans la mer de Java ?

Notre vision de la gestion de l’eau doit impérativement sortir de l’ethnocentrisme pour parvenir à une réelle solidarité humaine autour de ce bien commun.

Jean Couthures, délégué national du MdP à l’écologie

Auteur : Jean Couthures

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