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Observatoire « éco-citoyen » d’étude des pollutions

Une première réunion publique s’est déroulée hier à l’espace Gérard Philippe d’ Ivry-sur-Seine à l’invitation des services de la ville, conviant habitants et associations à un « atelier participatif » sur le modèle de ce qui existe déjà à Fos sur mer.

Dès le débat ouvert après la présentation rituelle, j’ai signalé les paradoxes de la gouvernance imposée : l’observatoire en devenir comprendrait un collège citoyens et associations, un collège universités et organismes de recherches, un collège collectivités territoriales. Chaque collège comporterait 8 personnes disposant d’une voix pour les délibérations. Il n’y a pas de précision sur le financement d’une telle structure. D’emblée, je remarque que la ville de Vitry sur Seine est absente et que Paris n’est pas représentée alors que beaucoup de pollutions diffusent sur de longues distances.

Plus grave à mes yeux, la Préfète du Val de Marne, représentante de l’Etat, n’a pas été conviée. Pourtant, sous son autorité, l’Agence régionale de Santé, l’Agence de Veille Sanitaire ainsi que la médecine du travail des grandes entreprises pourraient être sollicités pour répondre à des problématiques précises, argumentées, de l’ordre des soins à apporter, de l’épidémiologie et du suivi sanitaire des salariés et des habitants exposés, en particulier les enfants et femmes enceintes. J’ai rappelé au public de l’observatoire qu’une CLIE (comité local d’informations sur l’environnement) peut fonctionner avec une stricte parité habitants/industriels avec un ordre du jour préalable aux réunions, avec des questions sans tabou. C’est peut-être une solution moins lourde que l’observatoire proposé.  Prendre conseil auprès de Corinne Lepage, spécialiste de ces questions juridiques autour des pollutions majeures (AZF, Lubrizol…etc) nous épargnerait les affres d’une prise de conscience, bien tardive.

De fait, la mairie d’Ivry-sur-Seine continue la politique de l’autruche responsable du maintien de l’activité de l’usine d’ordures ménagères du SYCTOM sur son territoire, avec son panache contenant des dioxines et furanes dispersés selon la rose des vents vers Paris XIII, Charenton, Vitry et Alfortville. Au risque de l’induction de nouveaux cancers, la reconstruction de l’incinérateur a ainsi pour objectif de pérenniser le chauffage urbain en dépit de la volonté affichée d’améliorer le tri sélectif et de diminuer le tonnage actuel. Un des projets de l’observatoire serait de cartographier les usines productrices de dioxine sur 50 ans. Je remarque que le Ministère de l’industrie possède déjà une telle documentation (DRIRE) et actualise les informations sur l’état des sols (inventaire Basol). Par exemple à Vitry, c’est bien EDF qui a vidangé du pyralène issu de transformateurs (huile de refroidissement) que l’on retrouve dans les graviers de la Seine dans le quartier du Port à l’anglais. C’est également une source de dioxine en cas de combustion.

Le projet d’équiper des personnes retraitées de capteurs (particules fines, oxydes d’azote) constitue également une mauvaise farce si les doses reçues lors des déplacements restent faibles et sous les valeurs limites d’exposition. Le risque documenté pour la santé publique est bien celui du cumul de faibles doses dans l’atmosphère ambiante et non d’une exposition brutale à la source, qui ne concerne que les salariés.

Dans ce contexte, la démarche du collectif 3R a déjà permis de réveiller l’Agence Régionale de Santé concernant la contamination par les dioxines des œufs de poule, désormais interdits de consommation à l’échelle régionale. Mais que pèse une association face à des élus qui ne veulent sauver que leurs prérogatives alors que ce sont toujours les plus précaires, les plus pauvres et mal logés qui subissent les ravages du modèle productiviste obsolète…

Jean Couthures, Porte-parole national du Mouvement des Progressistes

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